Enfin une vidéo: l’Asie Centrale!

Et oui, ca fait déja un bon moment qu’on pédale tellement qu’on a plus le temps de vous donner des nouvelles! Alors voici dans un premier temps la vidéo de notre traversée des pays en « STAN », en Asie Centrale. Du tandem-VTT, du gravel, de la boue, des nomades en yourtes au Kirghizstan, et les paysages grandioses du massif du Pamir au Tadjikistan…

 

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Tand’un Rêve revient en France!

​Après près de 3 ans et plus de 40 000km d’aventure, de rencontres et de partage, une poignée de nuits d’hôtels et de douches chaudes, nous revenons en France, toujours sur notre tandem.

Après avoir traversé les Andes, suivi la Continental Divide dans les Rocheuses Américaines, passé la frontière de l’Alaska en canoë, le tandem à bord, rencontré le peuple Tibétain et exploré la richesse culturelle d’Asie Centrale, il est temps de poser nos sacoches pour quelques mois, avant de continuer vers d’autres aventures inédites…

 
Nous vous invitons à partager ce moment fort du voyage, en venant nous accueillir à Saint-Césaire autour d’un verre offert par la commune, ainsi que d’échanger sur le thème du voyage à vélo:

LE  SAMEDI 28 OCTOBRE 2017 à 15h à L’Etang de Saint-Césaire, 17770 Charente-Maritime.

Le Programme :
~13h : Pour les plus courageux, RDV place François 1er à Cognac pour parcourir avec nous les 30 derniers km jusqu’à Saint-Césaire. Vous pourrez nous rejoindre tout au long du parcours, pour 1, 5, 10km ou plus, ou bien nous attendre à l’arrivée

~15h : Le peloton arrivera enfin à l’étang de Saint-Césaire pour un sprint final, où la commune de Saint-Césaire nous ouvrira grand les bras autour d’un verre ainsi que l’après-midi dédié au voyage à vélo. Joignez-vous à toutes les personnes nous ayant soutenu pendant ces 3 dernières années
– Expo photos

– Diffusion de nos films du voyage

– Présentation de notre matériel (ou plutôt ce qu’il en reste !)

~Possibilité d’hébergement sur place, à chacun d’y choisir son confort :

* Camping gratuit au camping municipal de Saint-Césaire à 500 mètres de l’étang, pour toile de tente, fourgon, camping-car. Si vous souhaitez y passer la nuit, merci de vous y garer dès votre arrivée 
* Villages-vacances de Saint-Césaire à 500 mètres de l’étang (100 mètres du camping):
– Pavillon 5 personnes : 55€ la nuit

– Pavillon 3 personnes : 50€ la nuit 

– + 0.5€ taxe de séjour par nuit et par personne
*Hôtel du Grand Chêne à Saint-Bris des Bois, 1km de l’étang :

– Chambre double avec WC et douche : 50€

– Chambre double avec SDB commune : 46€

– + 0.5€ taxe de séjour par nuit et par personne

Merci de nous confirmer votre présence et le type d’hébergement choisi avant le 5 Octobre 2017.
Pour nous faciliter l’organisation, inscrivez-vous sur notre évènement Facebook et pour plus de précisions, n’hésitez pas à nous contacter par email: tandunreve@gmail.com

Nous serions très heureux de vous avoir parmi nous pour ce grand jour, et n’oubliez pas de gonfler vos pneus !

Alexine & Bastien

La Pamir Highway à vélo: Tandem pignon fixe, le défi!

SARY TASH (KIRGHIZSTAN)- DUSHANBE (TADJIKISTAN): Du 17/06/17 au 07/07/17

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Les seules fleurs de la Pamir

Suite à notre dernier post, vous pensez sûrement que nous sommes un peu fous de nous être lancés sur la Pamir avec le corps de roue libre cassé. Et bien pourtant c’est faisable, attention on n’a pas dit facile non plus hein !

Petit Topo sur la Pamir Highway

Ici, « Highway » ne signifie pas « Autoroute » mais bien « Haute Route ». En moyenne à 4000 mètres d’altitude, au travers de paysages aussi arides qu’hostiles, la M41 débute au Kirghizstan, traverse le Tadjikistan et se termine en Afghanistan, le tout à travers le massif du Pamir. C’est une route très empruntée des cyclistes et motards, pour sa beauté autant que sa difficulté.

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Bien couverts pour entamer la descente

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Pas mal comme bivouac, non?

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Caravansérail, vestige de la route de la Soie

Sary Tash-Murghab

Premier col assez difficile à 4 300 mètres, nous rejoignons la frontière Tadjik, perdue au milieu des montagnes. Mais c’est quoi cette clôture qu’on aperçoit sur des kilomètres ? La frontière Chinoise ! Nos amis Chinois ont grignoté au moins 10km de territoire Tadjik, assez surprenant non ?

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Frontière Chinoise, au milieu de nulle part

Malgré cela, nous nous sentons seuls au monde, au milieu de ces montagnes imposantes, entre soleil nous brûlant la peau et averses de neige, la météo changeant toutes les demi-heures.

Nous montons les cols assez difficilement quand ils sont vraiment raides, la dernière vitesse ne fonctionnant plus avec notre nouvelle roue. Quant aux descentes, nous enlevons carrément la chaîne, ce qui permet de ne pas pédaler, à condition que ce soit vraiment raide. En bref, on a mal aux fesses à force de ne pas pouvoir les lever de la selle!

Nous prenons doucement de la hauteur, pour atteindre le col le plus haut de la route, à 4 655 mètres d’altitude, pas notre plus haut col du voyage, mais c’est quand même pas mal ! N’ayant que très rarement de problèmes d’altitude, cette fois-ci s’est également bien passée, une journée de repos pour s’acclimater et le tour est joué !

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Le voici ce fameux col!

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Ca caille!

Les paysages à cette altitude sont lunaires, magiques, impressionnants… Entre glace, montagnes rouges, vertes et ocres… Des souvenirs du Sud Lipez en Bolivie nous reviennent en mémoire, ça fait déjà quasiment 2 ans !

Bain d’eau chaude bien mérité!

Nous décidons de quitter la Pamir pour nous perdre sur de petits chemins en direction de sources d’eau chaude. Nous perdre, c’est bien les bons mots car il n’y a plus de chemin, et nous sommes complètement enfoncés dans un marécage infesté de moustiques ! Nous sommes même obligés de ressortir nos moustiquaires de tête enfouies au fond de nos sacoches depuis l’Alaska! Le souffre se fait sentir et on entend au loin un clapotis, c’est un geyser ! Rien à voir avec le parc du Yellowstone, mais geyser quand-même ! Nous trouvons enfin notre trésor, le « Hot Spring » ! L’eau n’y est pas si chaude, mais bon on ne fait pas les difficiles, elle date de quand la dernière douche tiède déjà ? Alexine s’y reposera une journée pendant que Bastien, ne tenant pas en place, ira randonner pour avoir une plus belle vue sur le lac. 800 mètres de dénivelé après des journées de vélo éreintantes, même pas peur !

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Geyser

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Hot Spring

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Vue sur le lac

Réconciliation avec les Chinois!

Vous l’avez compris, la Pamir c’est magnifique et en plus il n’y a quasiment pas de trafic. Quelques touristes en 4X4 et des routiers… chinois ! Au sommet d’un col, notre réconciliation avec les Chinois sera définitivement assurée. Un routier nous fait de grands signes pour nous offrir des bouteilles d’eau, et il en profite pour partager avec nous une énorme pastèque ! Encore une fois, nous sommes épatés par la générosité des gens rencontrés, partout dans le monde.

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Pause à la « Chinoise »

On retrouve la chaleur un peu trop rapidement…

Après une longue descente de 150km, toujours sur la Pamir au Nord, et non pas la Wakhan Valley, route du Sud, nous retrouvons la ville assez peuplée et chaude de Khorog. Comme d’habitude, nous arrivons dans la journée, faisons nos courses pour la suite, et sortons de la ville pour camper.

Nous longeons l’Afghanistan, de l’autre côté de la rivière pendant 200 km. Dans cette partie du pays, pas de voitures, des routes coupées par endroits, pas de magasin pour se ravitailler, le pays semble bien pauvre.

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L’Afghanistan, de l’autre côté de la rivière

Les kilomètres défilent, la chaleur devient oppressante, nous redoutons réellement la chaleur des prochaines semaines à des altitudes plus basses. Nous croisons 5-6 cyclistes par jour, certains voyageant depuis quelques mois, d’autres venant pédaler seulement sur la Pamir pour quelques semaines. On s’échange les infos sur l’état des routes, les points d’eau, de nourriture…

Les paysages sont toujours à couper le souffle, quoique moins impressionnants que la première partie. Théolou commence à montrer des signes de fatigue, nous espérons qu’il puisse finir la route et aller jusqu’à Dushanbé avec sa roue malade. Mais là c’est le drame, celui qu’on ne peut pas imaginer : nous devons faire du stop !

Fini la Pamir…

La fourche !!! La fourche du tandem qui se brise littéralement en deux morceaux ! Improbable, quoique après 36 000 km de bons et loyaux services, nous ne sommes pas si étonnés que ça…

Nous avons bien sûr eu des galères avec le vélo, mais toujours réparables, même pour la roue accrochée au fil de fer, le système D ça marche dans la plupart des cas si on est un peu débrouillards. Mais là ! Sans fourche, plus de vélo, plus de Pamir !

C’est dépités que nous poussons, tirons tout notre barda jusqu’au coin plat le plus proche pour camper, cette fois-ci, Théolou nous dit clairement qu’il a besoin d’une pause…

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Théolou n’en peut plus…

Pas d’autre choix que de faire du stop sur cette route peu passante, heureusement, après seulement 1 heure d’attente, un poids-lourd accepte de nous emmener à Dushanbé, 300 km plus loin. Ça ne paraît pas loin comme ça, mais d’une, les routes ne sont vraiment pas en bon état, et de deux, n’oublions pas qu’il s’agit d’un poids-lourd Tadjik rempli de pierres ! C’est-à-dire, 15km/heure en moyenne ! Sous une chaleur écrasante, à chaque nid de poule nous nous cognons la tête, le moteur coupe complètement en descente, et nous tombons en panne en pleine montée de col, car le chauffeur avait juste oublié qu’il devait faire le plein !

Franchement, c’est plus facile en vélo, le métier de routier ici n’est vraiment pas évident…

La maison de Véro à Dushanbé

Après 30 heures de camion, nous arrivons enfin à Dushanbé, la capitale Tadjik. Ici, nous avons un pied-à-terre pour quelques jours : la maison de Véro, THE Warmshowers d’Asie Centrale. Véro accueille tous les cyclistes pédalant en Asie Centrale, en moyenne une quinzaine par jour campent dans son jardin ! Cet endroit est tellement reposant, intéressant, chacun partage son voyage, une super ambiance !

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Repas entre cyclos!

Nous avions contacté Véro depuis le Kirghizstan suite à nos problèmes de roue, et gros coup de chance, elle rentrait en France pour quelques jours et nous a ramené une nouvelle roue et d’autres pièces de vélo bien utiles !

Par contre, pour la fourche, toujours pas de magasin de vélo ici, rebelote direction le bazar ! Et miracle, on trouve un semblant de fourche pour nous dépanner. Pas vraiment la bonne taille ni de quoi installer le porte-bagages mais ça ira pour faire quelques centaines de kilomètres…

Nous restons une semaine chez Véro, en profitons pour nous rendre chez le coiffeur, manger des pizzas faites maison, boire des bières, comme à la maison ! Bastien occupera son temps à réparer les vélos de tous les cyclos de passage, il a même le droit à des bières en échange, c’est pas beautiful ça?! Véro si tu nous lis, encore un immense merci et beaucoup de bonheur pour ta nouvelle vie Française !

Plus de photos du Tajikistan ici

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Pause glaciale à 4 000 mètres

 

Le Kirghizstan à vélo: Verdure, nomades et chevaux

KORGOS (KAZAKHSTAN)- SARY TASH (KIRGHIZSTAN): Du 10/05/17 au 16/06/17

 

 

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Montagnes aux mille couleurs, ça nous rappelle l’Argentine

 

Après pas mal de galères de vélo, la chaleur suffocante d’Ouzbékistan, un Wifi introuvable et WordPress censuré en Asie Centrale, voici enfin des news!

Comme un air de Russie

Après nos péripéties à la frontière Chinoise nous nous sentons parfaitement libres côté Kazakh. Le ciel est bleu, les oiseaux virevoltent, les gens nous font de grands saluts. Une heure à peine après notre entrée en Asie Centrale, nous nous ruons dans la première station-essence, nous devrions enfin pouvoir cuisiner ce soir. Ici, pas de barbelé, barrières ni police à l’horizon (nous y étions pourtant bien habitués en Chine), mais des personnes au grand cœur. L’essence nous y sera offerte, ainsi que du thé et 2 tablettes de chocolat, le tout dans un Anglais remarquable, et même quelques mots de Français! Quel accueil! Plus tard, on nous tend des bouteilles d’eau fraîches, fort agréables par cette chaleur, quand des sourires chaleureux nous sont offerts à longueur de route, mêlés au fameux « Otkuda ? », D’où Venez-vous ?

 

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L’hospitalité Kazakh, après un verre de Vodka!

 

 

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Il fait déjà chaud et pas moyen de trouver de l’ombre!

 

 

Ce sera le premier mot de Russe que nous apprendrons, en plus de pouvoir compter jusqu’à 10. Enfin Bastien, lui, ne connaît que le 10, ce qui complique un peu les choses pour faire les courses dans les magasins dans lesquels on ne peut pas se servir nous-même. 10 paquets de pâtes, 10 boites de thon, 10 pains, ça fait beaucoup tout ça, lui qui trie chaque rustine pour gagner du poids ! Espérons qu’il en apprenne un peu plus, ça va parler Russe jusqu’en Europe !

A défaut de pouvoir découvrir la Russie, faute de visa top compliqué à obtenir, nous avons un peu l’impression de visiter ce pays. La langue Russe n’est pas le seul vestige de l’Union Soviétique. Les vieilles Lada, les containers réutilisés en magasins, les Blonds à la peau claire rouge, sûrement due à la Vodka qu’ils ingurgitent à toute heure, tout endroit, tout moment.

Mais les bouteilles de Vodka à 2€ n’ont pas notre préférence. Nous nous jetons sur les premiers saucissons et fromages que nous apercevons, le tout accompagné de pain ! Ca fait tellement longtemps que nos papilles n’ont pas eu la chance d’avaler autre chose que Noodles ou Riz !

 

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Superbes paysages

 

Un vent d’Europe

Avec le recul, cette frontière Chine-Kazakhstan a marqué pour nous la fin de l’Asie, nous avons clairement l’impression d’entrer en « Europe », quoique c’est vrai que ça fait plus de 2 ans que nous n’y avons pas mis les pieds, car il y a quand même plus de Lada que de Peugeot ! Nous retrouvons une culture plus proche de la nôtre, et ça nous fait franchement du bien. Nos racines commenceraient-elles à nous manquer ?

 

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Tout le monde au repos!

 

Paisible Kirghizstan

Malgré l’hospitalité Kazakh, nous décidons de nous rendre rapidement au Kirghizstan, pour profiter plus longuement des montagnes. Nous choisissons le plus petit poste-frontière séparant les 2 pays, ouvert depuis moins d’une semaine pour cause de neige sur cette piste de terre, perdue au milieu de magnifiques massifs de montagnes. Et nous découvrons un pays auquel, encore une fois, nous ne nous attendions pas. Montagnes, collines, herbe verte, troupeaux de chevaux, nomades… Le Kirghizstan nous parait facile, c’est pour nous comme des vacances, nous n’avions pas encore goûté à ça depuis le début du voyage, sauf peut-être la Carretera Australe au Chili. Tous les soirs, un vrai terrain de camping nous est offert, eau et emplacement bien tondu par les troupeaux de moutons. Ça donne envie de s’arrêter tout le temps !

 

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Pas mal comme lieu de vie, non?

 

 

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Magnifique pour la sieste!

 

L’hospitalité Kirghize est semblable à ses voisins, nous nous retrouvons à l’heure du goûter autour d’une délicieuse purée de pommes de terre accompagnée de beurre (lui aussi il nous avait manqué!) et nous en apprenons un peu plus sur la culture nomade.

Après avoir changé nos Yuans Chinois à un taux excessivement bas, d’ailleurs mieux vaut les écouler avant de quitter la Chine mais nous n’avions pas le choix, carte bancaire expirée depuis déjà 2 mois, nous prenons la route Nord du lac Issik-Kol, long de 190km. Quelques bivouacs au bord du plus grand lac du Kirghizstan, mais surprise, au moment de filtrer cette eau, elle y est salée et chargée en minéraux ! Ça ira pour ce soir, il paraît que c’est bon pour la santé, mais pour le café du matin c’est pas le top !

Encore des Visas…

Nous atteignons rapidement Bishkek, la capitale. Pas d’autres choix que de s’arrêter dans cette grande ville aux conducteurs agressifs, une série d’administratif nous y attend. Et oui, cela fait maintenant quelques mois que nous parlons régulièrement des visas, qui nous enlèvent un peu une part de notre liberté, d’autant que ceux des prochains pays sont à date fixe.

Nous nous rendons à l’ambassade du Tadjikistan, qui, surprise, nous délivrera le visa dans l’heure, pour 30 jours dans le pays (Bon plan : Désormais possible en E-Visa, pour 45 jours et 50$, moins cher qu’à l’ambassade). Puis l’Ouzbékistan, là encore bonne nouvelle, pas de temps perdu puisque nous récupérerons notre visa à Douchanbé, la capitale Tadjik. Nous ne passerons finalement que 2 jours dans cette grande ville, accueillis par des Warmshowers (hôte pour cyclistes) que nous ne verrons pas !

Nous repartons, heureux de continuer à explorer le Kirghizstan de fond en comble. Ces premiers jours nous ont donné envie de découvrir plus intensément ce pays, nous laisserons de côté la route principale pour user nos pneus neufs fraîchement venus de France, sur de petites pistes tout juste ouvertes après la neige rigoureuse de l’hiver…

 

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La neige n’est pas bien loin

 

 

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Nomades, chevaux et Kumiz

C’est sur de petites routes peu empruntées que nous découvrirons de nombreuses familles de nomades, installant tout juste leurs yourtes pour l’été à plus de 2000 mètres. Ici, on y vit paisiblement, les enfants participant avec joie à la traite des juments, pour ensuite fabriquer le Kumiz, lait de jument fermenté. Mais c’est quand même bien plus marrant d’inviter les cyclistes qui passent à prendre le thé, nombreux en cette saison. Et pour nous c’est avec joie que nous découvrons leur habitat, qui ne ressemble en rien aux yourtes modernes de chez nous. Ici, elles sont recouvertes de peau de bête, et offrent un espace bien plus étroit, mais très chaleureux.

 

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Repas chez une famille de nomades

 

 

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La Maman trait les juments pendant qu’Alexine s’occupe du bébé

 

Un soir, alors que Bastien part chercher de l’eau à plus d’1 kilomètre de notre bivouac, Alexine le voit revenir à cheval ! Les nomades passeront ensuite la soirée avec nous, autour de la tente, par -5°C, à 3000 mètres, un beau moment de partage.

 

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Ca va bien plus vite qu’à pied!

 

Le sud du Kirghizstan nous pose un seul problème : les enfants qui nous jettent des cailloux. Jamais nous n’avions connu ça, et franchement c’est très désagréable. Nous avons tout de suite plus de mal à apprécier ces rencontres au bord de la route, et on ne compte plus les « Money », « Tourist »… dommage !

En réalité, un autre problème bien plus important est survenu quelques kilomètres avant de quitter le pays… Et oui, encore lui, qui nous lâche pour la deuxième fois du voyage, comme aux USA le corps de roue libre ! Impossible de réparer correctement, Bastien accroche la roue avec du fil de fer, mais on ne compte tout de même pas aller sur la Pamir Highway, deuxième route la plus haute du monde, 15 000 mètres de dénivelé, avec ça ??!

 

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Encore de la casse!

 

Pamir ou pas-Pamir?

C’est là que nous tombons sur Sergeï, un Kirghiz qu’on aurait aisément pu prendre pour une Russe. Il nous fait faire le tour de son village pendant des heures, appelle tous ses contacts afin de nous trouver une nouvelle roue, puis, faute de pouvoir nous aider, nous réserve un taxi pour la ville d’Osh, deuxième plus grande ville du pays, le lendemain à l’aube.

Nous dormirons chez lui, profiterons d’un dîner en famille, Alexine chantera du karaoké en Russe avec Babuchka, la grand-mère, pendant que Bastien boira du Kumiz chez tous les amis de Sergeï, le tout à 23h, pas lavés et épuisés après cette journée éreintante, allez encore un peu de motivation, le taxi nous attend à 5h demain matin !

 

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Sergeï, Samara et Babuchka

 

 

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Repas frugal chez Sergeï

 

La virée à Osh n’a pas non plus été des plus reposantes, direction le bazar, bien sûr c’est ici qu’on devra trouver une nouvelle roue, pas de magasin de vélo dans cette ville. Problème, en Asie Centrale, on ne trouve rien de rien pour réparer un vélo digne de ce nom. A part des roues libres 3 vitesses ayant déjà roulé plus de 10 000km, impossible de nous dépanner.

Déçus et tentant de trouver une solution, nous ne pouvons réfléchir tranquillement car le chauffeur de taxi nous fait réciter des prières en Arabe, pour que nous puissions devenir de vrais musulmans ! Cocasse mais vraiment drôle !

 

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Mosquée, comme dans quasi chaque village

 

Finalement, Bastien a une idée lumineuse, le bazar c’est pas si mal non ? On y retourne pour y acheter des dizaines de colliers pour bien fixer la roue de Théolou…

Et c’est en pignon fixe que nous nous apprêtons à parcourir la Pamir, va falloir pédaler tout le temps, mais heureusement, Bastien, notre « Master Velocipiet » (spécialiste vélo) après s’être creusé les méninges pendant plusieurs jours, a trouvé un nouveau système dans les descentes : enlever la chaîne !!! Udachi !

Plus de photos du Kirghizstan ici

 

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Rivière, arbres et montagnes, what else?

 

La Chine à vélo, Partie 2: Plateau Tibétain, Police Chinoise, et panique à la frontière…

SHANGRI-LA (CHINE)- KORGOS (KAZAKHSTAN): Du 11/04/17 au 10/05/17

Ça fait un bon moment que nous ne vous avons pas donné de nouvelles, mais entre censure d’Internet, journées à plus de 8 heures de vélo et 2 mois pour parcourir 6 000km, on ne pouvait pas faire mieux… On vous raconte!

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Premier col d’Asie à 4 200 mètres

Tibet ou Plateau Tibétain ?

Si vous vous demandez comment nous avons eu accès à la culture Tibétaine et comment nous avons pu parcourir cet immense plateau, complètement libres sur notre tandem, la réponse se trouve dans une simple leçon d’histoire-géo. Aller, on se lance ! Le vaste territoire du Tibet a été envahi dans les années 1950 par la Chine de Mao Zedong, pour soi-disant libérer les Tibétains de l’emprise du Dalaï-Lama. A coups de propagande, la Chine diffuse une image noire du Tibet depuis plus de 70 ans, dans ses rues, écoles, entreprises… Mais la vraie raison se cache sûrement ailleurs. Des ressources naturelles inestimables se trouvent sur ce vaste plateau à plus de 4 000 mètres d’altitude, habités de nomades. Minerais et surtout l’eau qui s’écoule de l’Himalaya, en contrôlant la quasi-totalité des rivières qui alimentent la Chine, l’Asie du Sud-Est mais aussi l’Inde et le Pakistan. Le gouvernement Chinois protège des projets pharaoniques (barrages hydro-électriques, construction de canaux…) servant à alimenter une Chine complètement ravagée par la démesure de la croissance.

Notre Plateau Tibétain dans tout ça a été séparé en 2 (pour faire simple) en 1950. Une région, le Tibet Autonome (ou « Tibet prisonnier ») et le Tibet culturel qui s’étend bien au-delà des frontières administratives. Yunnan, Sichuan, Qinghai et Xinjiang ont eu aussi le droit à leur part de Plateau! Ce sont donc par ces régions que nous avons parcouru plus de 2 000km et eu accès à une culture Tibétaine réprimée par une police oppressante. Le Tibet Autonome étant toujours, en 2017, quasi-complètement fermé aux étrangers (permis, guide, itinéraire balisé, contrôles de police…).

Si vous n’avez toujours pas saisi la différence, voici une carte qui pourront vous aider. D’ailleurs, nous, on a toujours pas compris pourquoi on l’appelle Plateau Tibétain, car on peut vous assurer que c’est loin d’être plat!

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En jaune, la partie de Plateau Tibétain historique à 4 000 mètres. On distingue le Tibet Autonome du reste du Plateau

Les différentes facettes du Tibet

Nous repartons de Shangri-la avec 1 mois de visa supplémentaire, 50€ de moins (pour nous 2) et pas moins de 5 aller-retour entre les différents postes de police de la ville (on commence déjà à apprécier la simplicité de l’administration Chinoise et l’amabilité policière…).

Les premiers kilomètres s’annoncent plutôt bien, nous rencontrons un couple d’Autrichiens à vélo eux aussi. Nous pédalons dans un décor qui s’apparente à nos Alpes mais avec des cols deux fois plus longs, deux fois plus hauts. On fait une pause à 4 700 mètres. Regula et Johannes sont toujours là, impossible de les semer, on tente une ultime attaque… Bon OK, on reste groupés pendant 1 semaine et on en profite pour se prendre en photo à chaque passage au-dessus de 4 000 mètres. On bivouaque ensemble, nous leur expliquons que faire du feu quand il fait déjà -5°C à 18h ce n’est pas négligeable. Eux en échange nous dépannent sauvent d’un pneu lors d’une journée de piste difficile ou nous y laisserons tout de même 2 pneus dont un neuf, une chambre à air, 6 rustines et beaucoup d’énergie.

Bref, une semaine intense et enrichissante. Pour apprendre l’Allemand et découvrir leurs bouilles, voici leur blog.

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Regula, Johannes et Bastien

 

 

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Bivouac à 4

 

Pendant ces quelques jours, Bastien a pu travailler son Anglais et découvrir une culture Tibétaine encore intacte. Les villages sont faits de grandes maisons carrées avec toit plat. Les murs de terre sont plus épais à la base qu’au 2ème étage, et le toit, lui, est uniquement fait d’argile très tassé, ce qui le rend étanche. Les fenêtres trapézoïdales sont abusivement sculptées, ce qui ne laisse qu’une maigre place pour y loger une vitre et y faire pénétrer de la lumière.

L’étage inférieur est le grenier et le toit sert à faire sécher quelques cultures qui rendent les habitants autonomes. L’étage supérieur est la partie habitation, très simpliste, dénué de tout ameublement. Au fur et à mesure des kilomètres et des cols, nous avons pu voir quelques modifications, qui égayent nos discussions :

« T’as vu là, les fenêtres sont rouges, et ici il y a du bois sur la partie supérieure! »

 « Regarde, les toilettes sont accrochées sur la façade à 5 mètres de haut, type château-fort! »

 

 

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Maison typique Tibétaine

 

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On n’a pas pu s’empêcher, encore des drapeaux!

 

Répression Chinoise

Malheureusement, cette culture Tibétaine s’estompe au fur et à mesure que les jours passent. Après Litang, nous retrouvons les parpaings et le ciment, ainsi que l’oppressante police Chinoise. Nous nous faisons contrôler en moyenne 2 à 3 fois par jour. Certains contrôles durent 5 minutes, quand d’autres durent plus de 2 heures et ameutent toute la police de la ville. Le soir, nous leur indiquons de fausses adresses d’hôtels et filons à la sauvette pour se cacher au mieux et repartir tôt le lendemain.

Un soir, alors qu’une patrouille nous suit depuis déjà 10 km sans nous avoir adressé un mot, on stop net, « No money, no hôtel », on ne leur laisse pas le choix que de dormir dans leurs locaux.

Et ça se complique quand on veut acheter de l’essence pour cuisiner. L’essence est réservée aux Chinois, par pour les étrangers et surtout pas pour les Tibétains qui doivent remplir des papiers avec leur identité, et justifier pour chaque litre d’essence son utilité, qui ne doit surtout pas être liée à un loisir, qui d’ailleurs est inexistant ici. La cohabitation entre Tibétains et Chinois semble complexe, nous ne nous sentons pas forcément à notre place ici.

Avant d’arriver à Yushu, nous essuierons plusieurs épisodes neigeux, et resterons même bloqués une journée entière sous la tente, à observer les troupeaux de yaks que la neige et le vent ne semblent pas déranger. Cette partie de Plateau est grandiose, nous ne redescendons plus en dessous de 4 200 mètres d’altitude, impossible d’allumer un feu, plus rien de brûle ici, le paysage est lunaire, même l’herbe ne pousse plus.

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Réveil givré

 

Mais même dans ces endroits inhospitaliers, nous arrivons à rencontrer des gens. C’est d’ailleurs plus eux qui nous rencontrent! Les Tibétains ici sont plutôt du genre curieux et pas trop bavards. Il n’est pas rare que l’on mange entourés de 4 ou 5 personnes qui épient tous nos faits et gestes sans même un Bonjour, ou encore qu’ils passent la tête par la porte de la tente pour voir ce qui se passe là-dedans !

 

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« King of mountain », à l’aise devant notre feu!

 

 

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Les enfants Tibétains ne se lavent jamais le visage (le reste, on en sait rien!)

 

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A 6 sur une moto, normal!

 

Avant Litang, on nous avait plutôt habitué au « Tachidélé! » (Bonjour Tibétain) et aux grands signes de la main à tout va, bien plus agréables. Nous aurons quand même la chance de goûter encore une fois à l’hospitalité humaine avec au moins 2 litres de thé chacun, et 1 kg de biscuits qui s’apparentent à des merveilles, offerts par une dame, ou la simple expression de son visage en dit long.

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Rencontre saisissante

 

Avant d’entamer la longue descente vers Yushu (situé à 3 200 mètres), nous observons d’innombrables temples, certains semblent neufs et donnent l’impression de se retrouver à Disneyland. Nous apprendrons plus tard qu’ils ont été détruits dans les années 1960 pour être reconstruits aujourd’hui par Xi Jinping (président Chinois actuel) pour en faire uniquement des musées vidés de tous leurs moines et toute leur âme.

Nous croiserons quand-même des pèlerins en route pour Lhassa (capitale du Tibet Autonome, située à plus de 2 000km de là) avec pour simple habit un grand tablier de caoutchouc qui les protège de la route sur laquelle ils s’allongent et vénèrent le Dalaï Lama à chaque pas. Ces personnes dénuées de tout bien matériel n’acceptent même pas la nourriture que nous leur offrons. Nous sommes une fois de plus épatés par la force mentale que peut développer l’être humain, s’il s’en donne les moyens.

Le dilemme

Yushu-Qinghai. Il nous reste 8 jours sur notre visa et plus de 3 000km nous séparent de la frontière Kazakh. Nous optons pour 15 heures de bus pour Xining et ensuite une trentaine d’heures de train pour Urumqui d’où il nous restera 550km à pédaler en seulement 4 jours.

La Chine, toujours aussi imprévisible ne nous aura encore une fois pas épargné…

15 heures de bus-couchette, nous commençons par visiter la soute. Théolou rentre debout, nous sommes rassurés, de plus que dans le coffre… fort, on y trouve cardant, filtre à huile, chambre à air pré-gonflée, clé de 12, clé de 18, avec ça on est sûrs d’arriver à Xining, mais on ne sait pas quand !

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Un peu étroit, non?

 

Mauvaise langue, nous arrivons en temps et en heure, nous nous faisons jeter sur un parking, waouh, nous avons descendu 2 000 mètres et le retour à la civilisation est brutal ! Pas le temps de s’attarder, il nous reste 7 jours… On file à la gare de train, impossible de nous certifier la date exacte, mais entre 3 et 10 jours, c’est sûr, on récupère le tandem à Urumqui ! Ni une ni deux, on file à l’aéroport, gare routière, transporteur privé, pas de solution, ce sera le train. On laisse Théolou partir seul dans un train de marchandises, en espérant le récupérer dans 3 jours (oui, on est optimistes !) et nous partons récupérer quelques heures de sommeil. Pas moins de 4 hôtels nous ouvrent grand leurs portes mais nous mettent dehors 1 heure après car ils ne savent toujours pas qu’ils n’ont pas le droit d’accueillir des étrangers… Un majordome portera finalement nos sacoches pleines de boue sur son chariot doré dans un hôtel 5 étoiles. Nous dormons dans un lit une place, on enlève TV et petit-déj. On perd 4 étoiles mais on gagne 10€ !

Course contre la montre

2 jours plus tard, nous nous retrouvons à Urumqui après une nuit dans le train, appuyés sur l’épaule d’un Chinois qui mange des Pipas tout le trajet. Surprise, Théolou, notre tandem est déjà là, on ne perd pas de temps pour les derniers 550km à parcourir en 4 jours. On opte pour l’autoroute déserte. C’est plat et rapide, Bastien retrouve une vraie position de triathlète et Alexine apprend à ne pas parler pendant les longues heures de vélo consécutives. En levant la tête, on aperçoit d’immenses champs de coton, mais aussi des troupeaux de… chameaux ! Ben qu’est-ce qu’ils font là ceux-là ? On s’attendait à eux, mais pas déjà quand même !

 

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Alexine, malade et épuisée le jour de ses 28 ans

 

Nous filons à une allure correcte, les seuls ralentisseurs que nous trouvons sont… la police. Pas de problème pour rouler sur l’autoroute ici, non, ils veulent juste veiller à notre sécurité ! Contrôle passeport SVP ! Et comme le chef n’est jamais là, il faut l’attendre ou aller le chercher…

« Bon les gars, on est un peu pressés, et on commence vraiment à perdre patience là! »

Amende ou prison ?

En 4 jours, Jour J pour la fin de notre visa, nous arrivons quand même à Alashankou, frontière avec le Kazakhstan. Mauvaise nouvelle, la frontière est fermée. Police, militaire, douanier, tout le monde est là, mais impossible d’avoir des infos précises. On est en galère et eux débarquent de plus en plus nombreux, et appareils photos de plus en plus gros, alors qu’ils nous interdisent de sortir notre téléphone. « Oh les gars, c’est juste pour utiliser Google Traductions car vous ne parlez pas un mot d’Anglais! ». Il y a un autre poste-frontière à 300km de là, qui soi-disant, peut-être, on sait jamais, serait ouvert. Il est 14h et nous devons être sortis avant Minuit… Bus, stop, taxi, nous voilà à 20 heures ,300km plus loin, en train de chercher cette foutue porte de sortie, la ville étant bien évidemment en travaux. Nous demandons à un agent de sécurité, non, jamais entendu parler d’une frontière ici. On lève les yeux, cet immense bâtiment ressemble bien à la frontière quand-même ! On serait bien revenus lui expliquer ce qu’il surveille, mais là, on n’a pas le temps, désolés !

Il est 21h, la frontière est fermée, depuis 2 jours et pendant encore 3 jours, comme toutes les frontières du Kazakhstan… A 150€ la journée de retard, ça va nous coûter cher cette histoire qui n’est d’ailleurs pas la nôtre. Nous ameutons toutes les personnes que nous croisons pour essayer de trouver une solution, pas le choix, nous devrons attendre, mais personne ne peut nous certifier que, bien que ça ne soit pas notre faute, nous ne paierons pas d’amende…

Nous patientons tant bien que mal pendant ces 3 jours, à paniquer en découvrant sur Internet qu’on pourrait risquer quelques jours de détention… Nous occupons nos journées à manger du pain et dormir. Nous n’avons pas mangé de vrai pain depuis L’Argentine et l’impression de ne pas avoir dormi depuis la Bolivie.

 

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Le pain plat que nous retrouvons depuis Urumqui

 

J+3, 8 heures, nous sommes devant l’entrée. Après 2 heures d’attente, la porte s’ouvre enfin. Après 4 jours de fermeture, l’administration Chinoise s’accorde encore l’équivalent de notre ¼ d’heure Charentais, mais à la taille de la Chine. On re-scanne une énième et dernière fois nos bagages. On arrive devant la douanière, la boule au ventre. Elle examine longuement nos passeports, tique un peu, va consulter son chef, et revient nous dire que nous n’avons pas à payer l’amende car c’est la première fois que nous faisons une faute.

En revanche, nous avions quand même mérité une punition. Ecrire 100 fois en Chinois « Je ne dépasserai plus jamais le délai de mon visa Chinois… ».

Blague à part, quoique si on nous avait vraiment donné cette punition, on n’aurait pas été plus étonnés que ça ! Nous avons seulement dû patienter, 5 heures tout de même, le temps que les douaniers rédigent un avertissement, le traduisent en Cyrillique, ah non, ils ne parlent ni Russe ni Kazakh, alors on le retraduit en Anglais. Fouille, passage dans une pièce cernée de caméras, et on signera finalement notre avertissement chacun de notre côté…

On ajoutera juste que pour une fois, les douaniers étaient sympas, heureusement, et fait marquant, ils ont juste retenu de l’élection de Macron que « sa femme avait 26 ans de plus que lui, est-ce que vous acceptez ce genre de choses en France ? ». Et dans la foulée, nous apprendrons aussi que toutes les personnes officielles (police, armée, sécurité…) ont interdiction de passer les frontières. Ces gens n’auront donc jamais le plaisir de découvrir un autre pays que le leur…

Côté Kazakh, passeport tamponné en 5 minutes, les douaniers plaisantent avec nous et nous apprennent nos premiers mots de Russe. Le changement est radical, il y a comme un air d’Europe de ce côté-là…

En tous cas, ces 2 mois en Chine nous ont appris à oublier tous nos aprioris, tout ce que l’on a appris depuis qu’on est tout petit, on repart de zéro. La Chine est très intense, mais il faut quand même s’y préparer, et être prêt à changer ses préjugés.  On ne sait toujours pas quelle image mettre sur la Chine, mais en tous cas, une chose est sûre, c’est un pays fantastique qui ne demande qu’à être découvert, redécouvert, mais jamais nous ne pourrions y vivre!

Plus de photos de la Chine ici

Et si avez envie de voir des drapeaux Tibétains voler au vent, du vélo, de la neige et autres paysages de Chine, ne manquez pas notre dernière vidéo tout juste réalisée!

 

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Temple Bouddhiste enneigé

 

La Chine à vélo: Etonnamment curieux, aussi surprenant que déroutant

BOTEN-SHANGRI-LA: Du 09/03/17 au 09/04/17

Du ciment et du parpaing

La Chine, on en a tous entendu parler, on a même l’impression de la côtoyer tous les jours, mais c’est un pays qui reste totalement mystérieux, impossible de s’en faire une image précise. Pour nous, le premier aperçu est un vaste chantier, un balai incessant de tracteurs, pelleteuses, camions, qui travaillent 24h/24 pour construire un poste-frontière et surtout envahir la partie Nord-Laos par toutes ses infrastructures. D’ailleurs, le Nord du Laos aurait été monnayé pour satisfaire la folie des grandeurs Chinoise. Niveau poussière et bruit, la suite de notre périple Chinois ne nous aura pas déçu. Le pays est continuellement et entièrement en travaux. On y construit tout à base de ciment et de parpaings, les maisons sont toutes les mêmes, en ville, en campagne, en montagne. De simples blocs de bétons de 3 étages, sans fenêtre ni peinture, et on y vit à même le sol avec le sourire… obligatoire… Des autoroutes, des ponts de 20 mètres de haut, des rues, des 8 voies dans les villages, tout est en construction, mais la plupart sont déjà en décomposition, avant même d’avoir vu le jour.

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Des dizaines d’immeubles en construction, qui ne seront jamais finis

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Nous avons attaqué la Chine par 100 km d’autoroute démente dont au moins 95km en travaux. Nous aurons traversé une quinzaine de tunnels dont certains de plus de 5 km, dans le noir complet, où les camions qui doublent à grands coups de klaxon lèvent une poussière si dense que toute frontale est inefficace. Autant vous dire que quand on ressort de ces souterrains, nos visages apeurés sont marqués à l’image des mineurs de charbon…

Un paysage façonné à la main de l’homme

Nous avons rapidement bifurqué sur une route inexistante à notre carte, pour découvrir la région du Yunnan. On s’attendait à des campagnes désertes, à l’inverse, nous y avons trouvé une vraie fourmilière. Tout le monde s’active, on a beau être en montagne, celle-ci est complètement exploitée à la main. Dans le fond des vallées, des milliers de bananiers, et en hauteur, des cultures en terrasses remplies de thé et de différents légumes, de quoi être autonome une bonne partie de l’année. Les terrasses les plus majestueuses sont sans doute celles du Jiantshu. Des rizières (classées au patrimoine mondial de l’UNESCO) reliées par des ingénieux systèmes de canaux d’irrigation ont été mises en place sur des flancs entiers de montagnes s’élevant à plus de 2500 mètres d’altitude. La folie Chinoise est à un tel point qu’ils n’y ont même pas laissé un seul accès à pied. Le seul moyen de planter, récolter, entretenir ces rizières : une simple fourche, des mains et un dos en béton, à l’instar de leurs constructions!

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Culture du thé

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Rizières en terrasse s’élevant sur des centaines de mètres de hauteur

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Village

Ces paysages sont impressionnants, nous passons chaque jour des bananiers aux cultures de riz, en passant par le thé, le chou (chinois !), les fèves, de quoi re-remplir les sacoches à chaque étage ! Le seul problème avec les bananiers, c’est sans doute les sacs plastiques et polystyrène, glissés sur les régimes (pour plus de rendement), qui génèrent des tonnes de plastique que l’on retrouve à plus de 2000km de là… Nous sommes chaque jour étonnés par la saleté du pays, mais surtout par la non-éducation des  Chinois en matière de déchets. Il est coutume de balayer toute la journée, et de prendre ses 5 minutes de pause journalière et d’en profiter pour laisser les restes de son repas, cannettes, sac plastique et sachet de noodles sur le trottoir. Le comportement des Chinois, aussi bien du gouvernement que de ses habitants nous inquiète réellement quant à l’avenir de notre planète. Le problème écologique n’est que très peu abordé en France mais il est complètement passé sous silence dans un pays qui gère des ressources naturelles incroyables dont l’entière disponibilité des réserves d’eau de toute l’Asie.

Nous continuerons notre route vers le Nord, le temps d’un saut à Kunming, ville de petite taille pour la Chine mais qui est trois fois plus grande que Paris intra-muros. Nous y dégoterons un seul pneu pour Théolou, toute la production a sans doute dû être envoyée en Europe… Pendant que Bastien tente une énième fois sa chance pour trouver un plateau 4 branches en 44D, Alexine court se mettre du rouge à lèvres dans un magasin de beauté, petit plaisir qu’elle s’accordera pour la première fois en 2 ans. Peut-être était-ce aussi une façon de fêter nos 30 000km…

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Les 30 000!!

Les contreforts de l’Himalaya

Nous quittons rapidement cette mégalopole pour nous diriger vers les contreforts de l’Himalaya. Nous retrouvons enfin l’énergie envoutante des montagnes, celles que l’on aime, qui nous font rêver, mais qui nous rendent aussi la vie dure. Comme à notre habitude, nous partons sur de petites routes, qui se transforment bien évidemment en pistes. A chaque vallée des villages différents, à chaque passage de cols, les architectures des maisons changent. Les Chinois, bien que toujours aussi inattendus s’ouvrent plus à nous, quoique c’est sûrement notre comportement qui se façonne aux courbes des montagnes. Etrangement, nous nous sommes toujours sentis bien mieux dans des endroits où la température ne dépasse pas les 5°C en pleine journée, et où le vent nous tinte le visage…

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Li Xian Mei nous a accueilli à bras ouverts

Nous nous ferons accueillir 2 soirs de suite, nous partagerons repas à base de gras et de riz autour d’un poêle dans une simple pièce , et nous y reverrons toute notre éducation : on se racle bien fort la gorge avant de manger et on crache par terre autour du poêle pour montrer qu’on est contents d’être là, on y jette les os de poulet et les pipas par terre. On va tous aux toilettes dans la cour, main dans la main, la douche, on oublie, il fait déjà 0°C dehors, et la seule eau chaude qu’il y a ici, c’est celle que l’on fait bouillir pour boire. Les photos sont de rigueur, mais pas celles de groupe, on nous mitraille de centaines de photos toute la soirée, sans rien nous demander bien sûr. Enfin, le moment de repos arrive, on se couche mais dans des chambres séparées, encore une question de culture !

C’est de cette façon-là que nous reprenons des forces pour atteindre nos premiers cols d’Asie à plus de 4000 mètres. 3 jours de montée dont 2 sous la pluie, le froid, là où l’altitude n’arrange rien. Cependant les premiers moulins à prières et les drapeaux Tibétains colorent les sommets à plus de 6000 mètres ainsi que nos plus beaux rêves, nous sommes bel et bien en train de pédaler sur le plateau Tibétain…

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Drapeaux de prières

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Pagodes Blanches représentant chacune un évènement de la vie de Bouddha

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Pause déjeuner dans un abribus

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Bastien et Théolou, tellement heureux de retrouver la montagne

Mais comme la liberté a toujours un prix, retour dans une ville, Shangri-la, pour un peu d’administratif, 8 longs jours d’attente pour obtenir une extension de notre visa d’un mois supplémentaire en Chine…

Plus de photos de la Chine ici

Nouvelle greffe, Nouveau départ

Cela fait maintenant 2 ans que je suis inscrit sur liste d’attente pour une nouvelle greffe. Déjà un an et demi de dialyse chaque nuit. Le moral est morose, la greffe je n’y crois plus vraiment. Depuis déjà plusieurs mois j’ai perdu espoir. Voilà à peu près mes pensées lorsque je me couche ce mercredi 1er février 2017 vers 9h30 après m’être une fois de plus branché à la machine de dialyse.

Il est 23h30, je dors profondément quand tout à coup mon téléphone sonne. Je sursaute, coup d’œil sur l’écran où il est écrit Bordeaux. Avant même de décrocher je sais de quoi il s’agit. Je décroche, une infirmière au bout du fil me confirme qu’il s’agit de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux et me demande comment je vais. Encore à moitié endormi, je sais qu’il faut répondre que tout va bien. Après de rapides explications elle me dit qu’il y a un greffon pour moi. Je suis prêt à partir de suite mais l’infirmière me demande de me présenter à 7h le lendemain matin puis raccroche. Rapide debriefing avec Jeanne qui s’est réveillée. Nous sommes prêts. Le scénario, nous nous le sommes fait des dizaines de fois, il est simple: confier Louise à mes parents et partir. Appel à mes parents pour expliquer et rassurer. Evidemment, ils sont prêts comme ils l’ont toujours été. Nous convenons d’un point de rendez-vous pour 5h30, le réveil est fixé pour 4h du matin.
Le réveil sonne, nous avons eu du mal à retrouver le sommeil. Nous mettons quelques vêtements dans un sac et réveillons notre fille. Nous expliquons à Louise ce qu’il se passe, ce que nous allons faire. Du haut de ses 3 ans et demi elle comprend car nous lui avons toujours tout expliqué. Elle répond simplement: « Après il n’y aura plus de machine et tu pourras aller te baigner avec moi ». Effectivement elle a tout compris. Nous confions notre fille à mes parents sur un parking de péage d’autoroute en pleine nuit. Très forte émotion car nous savons tous que les prochaines heures seront décisives. Nous avons déjà vécu ça tous ensemble lors de ma première greffe en 2010.

Nous arrivons à l’hôpital et sommes rapidement pris en charge. Un bilan sanguin est fait, une vingtaine de tubes, impressionnant! Le médecin vient nous trouver et expliquer qu’il y a plein de vérifications à faire. Ils font venir un prélèvement de sang du donneur pour 13h et après un test de 6h, nous saurons si nous avons le feu vert. Nous aurons la réponse à 19h. Nous sommes un peu sonnés car nous pensions que tout était OK mais nous gardons confiance. Commence alors le défilé des heures, des minutes, avec ses doutes « et si ça n’était pas bon »… Mais plus le temps passe et plus nous avons envie d’y croire, il ne serait pas concevable de rentrer bredouille maintenant. 19h précise. Le médecin rentre dans la chambre et lève le doute une bonne fois pour toutes. Tout est Ok, l’opération est programmée pour 23h. Larmes de joie, nous sommes rassurés. Nous devons encore attendre quelques heures mais l’angoisse a disparue. Je ne suis pas stressé, l’opération je connais. Jeanne est obligée de quitter la chambre vers 21h, quand nous nous retrouverons dans quelques jours notre vie aura changé. Je discute avec mon voisin de chambre qui a tout suivi depuis le matin. Il m’avoue qu’il a prié pour moi et qu’il savait que ça serait bon, je le remercie. 23h, le brancardier m’emmène en salle d’opération. On dirait une fourmilière, tout le monde s’active! Une femme me parle, me rassure, puis, avec le masque à oxygène sur le visage, j’ai une dernière pensée pour ma petite fille chérie et je m’endors confiant vers ma nouvelle vie. 24 heures se seront écoulées pleines de stress et d’émotion depuis ce fameux coup de fil tant attendu.

L’opération dure environ 3h, j’ai assez peu de souvenirs du réveil. Je suis mis en chambre stérile, j’y resterai 6 jours. Une chambre stérile n’est pas vraiment faite pour se reposer, une partie est vitrée et la lumière toujours allumée. Le défilé du personnel soignant et omniprésent, soins, prise de sang, toilette, légère collation. La première journée j’ai assez mal, mais rapidement grâce aux médicaments les douleurs s’apaisent. La seule chose qui m’intéresse, c’est de savoir le résultat du bilan sanguin quotidien et surtout la créatinine. La norme est entre 60 et 90. Avant la greffe j’étais à plus de 1000! Chaque jour ce chiffre se divisé par 2 pour atteindre 70. Mon moral augmente proportionnellement à la créatinine qui chute. Ma femme et mes parents me rendent visite, les enfants ne sont pas autorisés. Grâce à Skype je peux même discuter avec Bastien et Alexine qui vivent tout cela à distance avec beaucoup d’émotion. Même loin je les sent très présents. Tout le monde est très heureux pour moi. Huitième jour d’hospitalisation, je suis autorisé à partir mais on me surveille toujours car je devrais revenir une fois par semaine pendant 3 mois pour différents contrôles. Ensuite, si tout va bien les visites s’espaceront.

Cela fait maintenant un mois et demi que je vis avec mon nouveau rein. Il fonctionne parfaitement bien et je reprends des forces progressivement. Je n’ai plus de régime alimentaire ni de restriction hydrique, la seule contrainte est la prise de médicaments anti-rejet à vie et à heure fixe. Evidemment, les nuits de dialyse sont totalement terminées. Cette nouvelle vie pour moi est aussi bénéfique à l’ensemble de notre petite famille. De nombreux projets germent dans nos têtes, nous planifions de nombreuses sorties pour dans quelques mois, notamment partir en vacances à vélo cet été. Aussi, j’en ai rêvé depuis qu’ils sont partis en avril 2015, je compte bien aller retrouver Bastien et Alexine d’ici quelques temps…

Je n’ai pas parlé de mon donneur simplement parce que je n’ai aucune information, c’est strictement confidentiel. Je me laisse imaginer qu’il s’agissait d’une personne de mon âge. Sûrement quelqu’un (e) de généreux pour avoir fait le choix de son vivant de donner ses organes, que cette personne repose en paix, je ne l’oublierai pas.

Je suis conscient de la chance que j’ai eu d’avoir ce nouveau rein. Je dois en prendre soin pour qu’il m’accompagne le plus longtemps possible. Mais je n’oublie pas toutes les personnes encore en attente d’une greffe. Continuons à soutenir Trans-forme et Tand’un Rêve! Parlons du don d’organe autour de nous, à nos proches, nos amis pour qu’ils sachent le moment venu quel est notre avis sur le sujet.

Pour finir, merci pour vos marques de soutien pendant mes moments difficiles, nous avons tous nos différents combats pour nos différentes vies, vos messages me vont droit au cœur.

PS: N’hésitez pas à admirer le nouveau T-shirt Tand’un Rêve!

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Bientôt sur les routes!

Le Laos à vélo: Enfin de la montagne!

VIENTIANE-BOTEN: Du 12/02/17 au 08/03/17

Une semaine à Vientiane

Nous entrons au Laos à moins de 20 km de sa capitale, Vientiane. Autant vous dire qu’il est difficile de se faire un avis sur le pays quand on y entre par une grande ville. Quoique Vientiane est plutôt calme, 210 000 habitants et un centre avec quelques monuments à découvrir. 

Vientiane, nous y passerons quelques jours afin de nous rendre à l’ambassade de Chine pour l’obtention de nos visas. Nous avons donc pris quelques heures pour préparer nos faux papiers, comme lettres d’employeurs, réservations d’hôtels, itinéraire… Nous aurons aussi monnayé un faux billet de bus dans une agence des plus touristiques ! C’est la boule au ventre et à 7 heures du mat’ qu’on arrive devant l’ambassade, ouverture prévue à 9 heures, on devrait être les premiers ! Mais nos indics étaient passés à Bangkok et non à Vientiane, bien moins courue pour les demandes de visas ! Donc ouverture à 9 heures, en moins de 2 minutes, nos faux papiers deviennent officiels, 5 jours à attendre pour obtenir nos précieux sésames.

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Les fameux visas!

En attendant nous nous sommes installés dans un hôtel Chinois, dans un quartier Chinois, histoire de se mettre dans le bain ! Cette semaine nous a permis de rencontrer d’autres voyageurs à vélo, avec qui nous avons partagé plusieurs repas, très sympa ! D’ailleurs, Bastien a savouré sa première Leffe depuis 2 ans, merci Patrice, une vraie bière c’est hors budget pour nous !

Un peu d’histoire

Il est temps de remonter en selle, il nous reste 3 semaines sur notre visa pour explorer le Laos. Ce pays a une triste histoire, dû aux bombardements lors de la guerre du Vietnam, ce qui explique sûrement pourquoi nous voyons très peu de personnes qui ont passé la quarantaine. Le Laos a été le pays le plus bombardé au monde. 20 000 personnes ont été tuées depuis la fin de la guerre, surtout des agriculteurs et des enfants. Aujourd’hui encore, 1 personne meurt chaque jour dans le pays, à cause de mine ou de bombe (1 sur 4 n’aurait pas encore explosé).

On nous avait vanté le calme et le goudron de la route 13, la principale du pays. Nous avons donc opté pour de petites pistes en gravel, à travers les montagnes, durant 300km. Beaucoup de dénivelé, piste en mauvais état, à tel point que l’on a dû attendre près de 2 heures pour qu’ils déblaient un semblant de passage vertigineux accroché sur un versant de montagne. Les pelleteuses travaillent à 100 mètres au-dessus de nous, les rochers dévalent la pente, nous courons maladroitement en poussant Théolou tant bien que mal dans les cailloux, tandis que les Lao, pas plus rassurés que nous, courent à toute allure, scooter d’un côté et enfants de l’autre… Du jamais vu même dans les Andes Péruviennes (Le Pérou c’est par ici!)

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Encore de la piste…

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Toujours dans la poussière

Les petits villages que nous croisons sur notre route nous surprennent par leur pauvreté. Des cabanes brinquebalantes, accrochées au bord de la route, sans fenêtre, recouvertes d’une poussière polluée s’étendent à flanc de montagne. Un nombre incroyable d’enfants nous font des « Sabaidee » (Bonjour) de la main, tandis que leurs pères sortent pêcher ou chasser, mais malheureusement, uniquement des rats et souris la plupart du temps…

Du chien et du Khao Niao!

La route nous apporte toujours son lot de surprises authentiques et inattendues, bien mieux que de payer l’entrée d’un site touristique ou tout le monde parle Anglais…  Nous avons avalé du Khao Niao (riz gluant) avec des ouvriers, le but est d’en faire une boule la plus compacte possible, avec les mains, dans une gamelle pour 10, autant vous dire que ce n’est pas du riz blanc ! Les militaires nous auront offert des cigarettes, ou encore un routier nous aura invités à partager une patte de chien et un reste de riz sous le camion, on va pas non plus rester en plein soleil !

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Des villages tous ressemblants

A la nuit tombée, nous faisons la queue comme tout le monde pour prendre la douche. Un virage, un bout de bambou, de l’eau qui coule, c’est parti pour la douche, un groupe d’ados, un groupe d’enfants, un groupe de femmes, après c’est à nous ! Et enfin nous cherchons une cabane, 3 bambous et quelques feuilles en guise de toit, plantée au-dessus des rizières, les seuls endroits plats pour poser la tente le temps d’une nuit.

Le Laos est paraît-il le pays le plus sauvage et le moins peuplé d’Asie du Sud-Est mais ce n’est quand même pas l’Alaska ! Nous y avons trouvé des montagnes mais toujours cette chaleur horrible et écrasante que Bastien a difficilement supporté ces 4 derniers mois. L’Asie du Sud-Est est sans doute un paradis, mais en tous cas pas le nôtre… Nous rêvons de retrouver de grands espaces, de grandes montagnes, les plateaux Tibétains nous tendent les bras…

Plus de photos du Laos ici

Et en avant-première la vidéo de la Birmanie, Cliquez vite!

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Les jolies montagnes n’ont jamais été aussi près…

 

La Birmanie à vélo: Une superbe découverte

MAE SOT (THAÏLANDE)-VIENTIANE (LAOS): Du 29/01/17 au 16/02/17

 

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Un groupe de Birmans, adorables

 

Attention: dentiste!

Mae Sot, petite ville située en Thaïlande à moins de 5km de la frontière du Myanmar, n’est pas vraiment un endroit de rêves, mais ça tombe bien, nous on voyage dans la réalité et pas dans un décor de carte postale. Une dent de Bastien à soigner depuis 1 an déjà (trop cher aux USA, les roulettes à pédale du Cambodge, pas trop tenté non plus!) décide pour nous de s’arrêter ici. L’ambiance y est particulière. Les réfugiés Birmans vivent ici entassés dans des cabanes où les ordures s’accumulent sur le sol. Ils se nourrissent de leurs très maigre pêche réalisée dans l’égout principal de la ville. Les Thaïlandais vivent eux une vie paisible à base de tong et de hamac pendant qu’un va et vient de bus dirige les touristes vers les routes bien balisées qui mènent tout droit à Rangoun, Bagan, Inle…

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Le plus grand Bouddha couché de Birmanie

Le dentiste ici est plutôt classe: tongs, serre-tête avec oreilles de Mickey, ça aide à détendre les patients sûrement!! La qualité des soins y est tout de même irréprochable, on se sent encore une fois privilégiés de pouvoir accéder à de tels soins pour un prix qui paraît pour nous, dérisoire (4 RDV, double traitement canalaire d’une prémolaire, 3 radio, anesthésie, pour l’équivalent de 160€).

On prépare la suite…

Cet arrêt au stand nous fait prendre conscience qu’il nous faut organiser la suite de notre parcours, si nous voulons éviter d’être forcé de prendre un avion. L’Asie est plus compliquée que les Amériques. Il nous faut des visas, pas toujours simple à obtenir, se rendre dans des grandes villes et avoir des dates, en gros, tout ce que l’on déteste! Après un long casse-tête (chinois!), nous oublions la Mongolie (on la garde quand même dans un coin de notre tête…) pour se laisser le temps de pédaler en Chine et en Asie Centrale sur la fameuse Pamir Highway. La première étape sur cette légendaire route de la soie (que nous suivrons, mais certainement pas au millimètre près) sera Vientiane, capitale du Laos et la demande de Visas Chinois.

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Bastien et son amour pour les cartes

Le Myanmar entre 2 RDV

Pour découvrir ce pays militarisé et avoir une vision au plus près du quotidien de ses habitants, nous nous y prendrons comme d’habitude. Nous laissons les lieux touristiques aux touristes, et fonçons nous perdre sur la première piste qui s’offre à nous. Le problème, c’est qu’ici il est interdit de se perdre! Nous aurons le droit à d’innombrables contrôles policiers. A 17h, nous annonçons à un policier que nous allons à l’hôtel dans une grande ville situé à environ 100km de là, il a l’air d’y croire. Il prend tout de même sa mob pour nous escorter, heureusement il nous laisse tranquille dès que l’on sortira de son district. La nuit est tombée, nous arriverons quand même à bivouaquer.

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Traversée rustique d’un fleuve!

Le lendemain, alors que nous avons établi notre campement dans une palisse entre ronces, bamboos, branches et pierres, nous serons quand même vus par un paysan. Jusque là, pas de panique, quand vers Minuit, 2 militaires nous prennent en étau en remontant et descendant au lit de la rivière qui borde notre bivouac, arme en avant. A minuit, pas besoin de tout ça pour traquer 2 Français qui ont passé la journée sur leur vélo par 50°C. Après une longue discussion incompréhensible et frontale dans la tête, ils nous laisseront dormir, sympa mais on a tout de suite moins envie de faire dodo…

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Bivouac habituel dans une plantation d’hévéas

 

Le Myanmar est tout de même une merveilleuse découverte, nous avons l’impression d’avoir voyagé dans le temps. Les vêtements sont traditionnels, la plupart des travaux se fait à la mais et les quelques camions ou motoculteurs proviennent de la Chine des Années 1970. Ici, on roule à droite et le volant est aussi à droit, attention aux angles morts!

Les Birmans nous épatent d’autant plus par leur gentillesse, leur sourire éternel et par l’attention toute particulière qu’ils nous portent. Nous serons invités à partager leur repas à même la route et avec les mains s’il vous plaît ça sent l’influence Indienne, là! Le reste du temps, on nous offre du Bétel, feuille roulée de chaux et noix, parfois du tabac en plus, et des vertus coupe-faim et légèrement grisant sur le cerveau…

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Do et sa préparation de Bétel

Ce peuple nous aura marqué à jamais, mais nous devons les quitter bien trop rapidement pour finir de réparer la dent de Bastien.

Direction le Laos et Vientiane

La suite, plus sportive que cyclo nous fait traverser la Thaïlande Ouest/Est en direction de Vientiane, capitale du Laos pour y déposer notre demande de Visa Chinois. Déjà 4 jours que nous patientons et ce matin, le cadeau que nous attendions est arrivé: Notre visa pour la Chine! Encore 1 mois à se faire le mollet dans les montagnes du Laos puis la province du Yunnan et enfin les hauts plateaux Tibétains par le Sichuan… Encore de beaux kilomètres nous attendent!

 

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Cabane typique en bamboo et feuilles

 

 

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Village au Myanmar, un petit goût d’Inde dans les tenues des femmes

 

Plus de photos de la Birmanie par ici

Et enfin, vous l’attendiez tous, la vidéo de nos coups de pédale au Cambodge et en Thaïlande!

La Thaïlande à vélo: Chaleur, dénivelé et générosité

CHONG CHOM-MAE SOT : Du 03/01/17 au 28/01/17

Enfin la Thaïlande !

Nous espérons tout de ce pays, nous l’attendons maintenant avec impatience, mais elle se laisse désirer. Les derniers kilomètres de piste Cambodgienne se transforment en un sentier qui grimpe à plus de 15%. Dernier coup d’œil sur cette immense plaine fade et poussiéreuse, écrasée sous un soleil de plomb.

L’étape du visa, ou plutôt exemption de visa pour 30 jours se fait tout en douceur, quoiqu’il faut encore trouver le bon guichet. A notre gauche forcément, en 200 mètres, toutes les voitures changent de côté tant bien que mal dans un cafouillage sonore. Nous, la conduite à gauche, ça nous rappelle le Japon (l’article ici), donc que du bon !

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Très contents d’être ici!

La frontière nous apporte encore une fois son lot de surprises : les routes sont belles, les Thaïlandais adorables et très souriants, les bas-côtés sont bien plus propres, et le pays paraît vraiment développé. Nous ne pensions vraiment pas que tous les pays d’Asie du Sud-Est seraient si différents.

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Attention: traversée d’éléphants et d’enfants!

Nos plans pour la Thaïlande sont de traverser le pays Est-Ouest depuis ici, Chong Chom à la région montagneuse de Kanchanaburi puis plein Nord pour rejoindre Mae Sot et la frontière Birmane. Les premiers kilomètres sont accueillants et chaleureux, pas par le nombre de voitures qui circulent, car là on a plutôt l’impression de se retrouver un weekend de 15 Août sur une Nationale, mais plutôt par l’accueil qu’on avait oublié. Tout le monde nous salue, sourie, lève le bras, nous dit un mot… Les policiers locaux que l’on retrouve environ tous les 5 km, pour faire des contrôles routiers, bavardent, bavardent beaucoup à tel point qu’il faut écourter les discussions si l’on veut espérer avancer un peu ! Les midis, c’est avec générosité qu’on nous accueille dans les restaurants le long des routes. Quand le plat est trop épicé, on nous offre des fruits, quand il ne l’est pas assez, c’est du piment qu’on nous offre !

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Un des policiers, adorable

Le culte Royal

Ici, on voue un véritable culte au roi Bhumibol, mort en Octobre, après 70 ans de règne. La plupart des Thaïlandais n’ont connu que lui, et ils lui rendent hommage en dressant des portraits devant chaque maison, bâtiment, à tous les coins de rue. Sa dépouille est visible à Bangkok pendant 1 an, durée du deuil national, et des milliers de citoyens se déplacent pour lui rendre un dernier hommage. Bref, nous regardons donc les différents clichés du Roi dans toute sa splendeur à longueur de journée.

Cependant, la monotonie des routes nous use. Nous enchaînons près de 1200 km en moins de 15 jours, rien de très passionnant à voir sur ces routes saturées de véhicules et de chaleur. Nous ne parlons plus, notre esprit vagabonde seul dans ses pensées. La découverte, l’effort, l’inconnu, sont autant de mots qui nous font avancer depuis 2 ans. Ces moments sont quand même bénéfiques pour nous, car c’est bel et bien une vie de nomade que nous menons, et non des vacances prolongées au soleil…

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Alexine, heureuse de ce cadeau offert sur la route

Va p’têtre falloir accélérer le pas, dans un mois il paraît que c’est l’été ! Ah bon, et les 40°C quotidien, c’est quoi alors ?! De toute façon, la région de Kanchanaburi est bien trop touristique. Impossible d’accéder à la moindre rivière pour espérer se laver, les hôtels ont envahi les berges et les marchés ne sont que touristiques, on peut même y acheter toute sorte d’insectes grillés, ce qui a l’air d’ailleurs bien plus convoité par les occidentaux que par les locaux.

Nous fonçons donc tête baissée, mais quand même le sourire et la main prête à se lever au premier Hello, à une moyenne de 100km par jour pour rejoindre Mae Sot.

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Temple Chinois de Mae Sot

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Marché nocturne de Mae Sot

Nous y improviserons une pause de quelques jours, pour y réparer une dent qu’on a failli ne pas ramener en France et organiser notre itinéraire vers l’Ouest et nos prochains visas…

Plus de photos de la Thaïlande par ici