La Serbie en vélo: Retrouvailles et défi et porteur d’espoir

Belgrade (SERBIE)-Vienne (AUTRICHE): Du 23/09/17 au 03/10/17

Aujourd’hui nous vous proposons un article un peu différent mais relatant quand même la suite de notre aventure. Exceptionnellement, nous avons décidé de déléguer sa rédaction et nous sommes ravis du résultat!

23 septembre 2017, 13h27:

L’avion d’AIR SERBIA se pose sur l’aéroport Nikolaï Tesla à Belgrade, en Serbie. Dans quelques minutes maintenant, je retrouverai Alexine et Bastien que je n’ai pas vu depuis 2 ans et demi. Dans la soute, mon vélo et à mes côtés une belle surprise…

Après avoir été greffé le 2 février 2017, j’ai rapidement repris une activité physique, marche à pied puis vélo. Seulement 3 mois et demi plus tard nous partons avec Louise, 3 ans et demi, Jeanne et moi une semaine sur la Vélodyssée en vélo-camping. Nous découvrons une nouvelle façon de voyager et apprivoisons les nuits à 3 degrés sous la tente. Plus tard, nous ferons plusieurs sorties de quelques jours avant de partir pour 3 semaines, en août, pour la descente du Canal du Midi à vélo. Ces sorties seront pour moi un réel entraînement physique avant de rejoindre nos cyclos-voyageurs préférés.

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Les CHENEREAU réunis

Dans le hall de l’aéroport nous nous serrons dans les bras pendant de longues minutes. La sensation de se retrouver entre frères est très intense, c’est un mélange de fierté et d’admiration réciproque. L’émotion pour nous quatre est très forte, des larmes de joie ruissellent sur nos joues. Ensuite, nous remontons rapidement nos vélos sur un parking et nous voilà aussitôt partis vers un camping pour prendre le temps de nous retrouver. Bastien nous prévient: « il y a un passage sur une 4 voies! ». En réalité, nous pédalons, vent de dos sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute pendant 10 km. À la sortie, nous traversons un bidonville, les enfants nous offrent de larges sourires mais c’est surtout la misère qui nous saute aux yeux.  Nous voilà, en moins d’une heure plongés à l’intérieur de l’aventure Tand’un Rêve. Arrivés au camping, nous déballons nos sacoches remplies de surprises: brioches, chocolats, reblochon…

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L’amour des frères…

Le lendemain nous partons à la découverte d’une Serbie rurale, où de nombreuses petites échoppes s’alignent le long des villages. Les villageois nous saluent joyeusement, ils se retrouvent par petits groupes devant leur maison pour ramasser des noix dans l’air tiède du début de l’automne. Le soir, nous découvrons comment s’organise le bivouac. Alexine repère où aller demander de l’eau. Nous nous arrêtons quelques kilomètres après car il n’est pas possible de rouler avec plusieurs litres d’eau sur le vélo, beaucoup trop lourd. Bastien part alors en « exploration » à pied pour trouver le meilleur endroit où bivouaquer. Nous nous installons, un soir dans un bois, l’autre dans 1 chambre ou encore à l’abri dans les tribunes d’un petit stade. La douche à l’eau froide est de rigueur tous les soirs et pas toujours agréable pour nous qui n’avons pas l’habitude. La nuit tombe vite et la soirée se termine à la lueur du feu et des lampes frontales.

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Non c’est pas vrai, on a pas froid!

Nous repartons au matin sous une pluie fine pour une longue montée à travers la forêt. Arrivés au sommet, nous préparons un feu pour se réchauffer et déjeuner. L’après-midi est plus facile, le ciel se dégage pour aborder une grande descente. La vitesse du tandem est impressionnante! Je me cale dans la roue de la remorque pour les suivre. Nous établissons le record de 67 km/h que nous n’arriverons pas à égaler par la suite. Jean-Michel nous prend pour des fous et décroche, il sait qu’il nous rattrapera plus bas. Nous atteignons la frontière Croate en fin de journée. La vision de cette simple barrière au milieu d’une petite route de campagne est absurde. Nous n’avons plus l’habitude de ce genre de Checkpoint en Europe. Je stress un peu à cause des nombreux mais indispensables médicaments qui remplissent mes sacoches, mais finalement tout se passe bien. Nous sommes heureux d’obtenir un nouveau tampon sur nos passeports presque vierges. Alexine demande les rudiments de vocabulaire « Bonjour, eau, merci » et se renseigne pour changer notre argent. Décidément ils sont complètement rôdés!

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Photo souvenir au passage de la frontière

La réalité de la Croatie est bien éloignée des affiches publicitaires des agences de voyages. Ici ce sont les vestiges d’une guerre pas si lointaine qui sont encore bien présents. Les maisons sont criblées d’impacts de balles. La traversée des villages a quelque chose de triste. Absolument toutes les maisons ont des stigmates et l’on ressent la violence des combats qui ont fait rage ici. Aux abords d’une ville moyenne se côtoient centre commerciaux flambant neufs et bâtiments en ruine. Il y a malgré tout une volonté de passer à autre chose qui commence à germer. Les personnes rencontrées sont très accueillantes, nous sommes même obligés de décliner l’invitation à déjeuner de Slobodan rencontré devant un supermarché.

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Vestiges de guerre

Quelques jours plus tard, nous atteignons la frontière Hongroise et là encore c’est un changement radical. De l’autre côté de la barrière, à moins de 500 mètres nous apercevons d’énormes silos à grain ainsi que des allers et venues de tracteurs tout aussi énormes.  Le dépaysement est terminé, on se croirait déjà en France. À la pause, nous nous interrogeons sur autant de disparités entre ces deux pays limitrophes. Nous faisons un soir la découverte de « l’hospitalité » Hongroise. Alors que Bastien se lave nu à l’orée d’un bois et que nous installons le campement sur le bord d’un étang, un groupe d’hommes en treillis militaire débarque en force pour vérifier ce que nous faisons. Après quelques explications, nous pouvons finalement rester pour la nuit. La Hongrie nous offre des paysages vallonnés et des maisons aux décorations Helvètes.

L’arrivée en Autriche sonne comme une victoire pour moi mais aussi et déjà comme la fin du voyage. Nous immortalisons ce moment avec une séance photo et fêtons aussi mes 8 mois de greffe avec des pizzas. J’avais beaucoup d’appréhension avant de partir à cause de mes difficultés de santé. Après deux ou trois jours d’adaptation, nous avons réussi à trouver notre place et nous intégrer à l’organisation d’Alexine et Bastien. Ce qui nous paraissait incongru comme frapper à la porte d’inconnus pour demander de l’eau est devenu une banalité. En remontant plein nord pendant 10 jours, nous avons aussi vécu l’automne version accélérée. Au départ les arbres étaient garnis de feuilles vertes puis au fur et à mesure les couleurs sont passées de l’orange au jaune pour finir par tomber.  La température à fait de même pour descendre d’une vingtaine de degrés au début à presque 0 degré les dernières nuits.

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Eglise typique Hongroise

Dernier bivouac, dernière matinée sous la pluie. Nous gagnons l’aéroport de Vienne par une piste cyclable. Le convoi est cocasse, le tandem s’est transformé en « porteur de carton », j’ai récupéré Alexine sur mon porte-bagages et Jean-Michel se retrouve avec une surcharge de bagages. Après avoir démonté nos vélos et pris un dernier déjeuner ensemble, nous nous séparons. Cette fois le cœur est plus léger, nous savons que la séparation est de courte durée. Derrière la vitre des magasins de luxe « duty free » qui contrastent avec les jours que nous venons de passer au plus près de la nature, nous les regardons partir, tous les deux, sous la pluie battante. Papa me prend dans ses bras. Il est très fier de ce que nous venons d’accomplir tous les quatre.

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Quel convoi

Grâce à cette aventure, je me sens encore plus fort et prêt à relever de nouveaux défis. Finalement ce périple aura tenu ses promesses même si les difficultés attendues n’auront pas été les plus dures. Pédaler chaque jour, à son rythme, pour atteindre 800 km en 10 jours s’est révélé être le moins difficile. La vie quotidienne en extérieur et l’inconfort le sont un peu plus mais la reconnexion à la nature aide à libérer complètement son esprit. Cette aventure aura aussi permis de concrétiser le partenariat qui unit Tand’un Rêve à Trans-Forme et j’espère donner de l’espoir aux personnes atteintes par la maladie. Nous rentrons avec une nouvelle mission, préparer le retour d’Alexine, Bastien et Théolou le 28 octobre 2017 à Saint-Césaire.  Pour eux c’est encore 2000 km en 23 jours qui les attendent avant les grandes retrouvailles…

Toutes les photos de la Serbie ici

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Recycle Yourself

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L’Ex-Yougoslavie à vélo: Des tensions encore bien présentes

ALEXANDROUPOLI (GRECE)-BELGRADE (SERBIE): Du 04/09/17 au 23/09/17

Nous passons la frontière Grecque avec un fort sentiment d’être chez nous. Heureux de retrouver l’Europe, heureux de retrouver la monnaie Euro, heureux de retrouver un peu de « connu » après plus de 2 ans et demi de total inconnu, même si nous ne sommes pas encore en France. Quelques heures après, lors du bivouac, l’euphorie retombe peu à peu. Le retour en Europe signifie avant tout que l’on est tout près du vrai retour… à la maison. Sommes-nous contents, sommes-nous nostalgiques? Un peu des deux peut-être, en tous cas on se rend bien compte que cette fois-ci on y est! Dans un peu moins de deux mois nous franchirons le seuil de Saint-Césaire, notre village, point de départ de notre aventure. Mais avant, une surprise nous attend et des retrouvailles fortes en émotion.

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La côte Grecque

Ex-Yougoslavie où des tensions encore bien présentes

En attendant, nous décidons de longer la côte Grecque. Chaleur agréable de fin d’été, bains dans la mer transparente, bivouacs sur la plage, le tout ponctué de « Yassous » (Bonjour) chaleureux, nous profitons de chaque instant. Nous prenons le temps de visiter un monastère sur pilotis, la vue y est splendide. Alexine doit s’envelopper dans un long tissu pour cacher ses jambes nues, réglementation oblige. Les prochains pays se traverseront rapidement de par leur taille, nous pénétrons dans l’ex-Yougoslavie.

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Be careful!

Direction la Macédoine. Puis le Kosovo, ami avec l’Albanie mais pire ennemi de la Serbie. Celle-ci n’a jamais reconnu l’indépendance du Kosovo, qui était à l’origine une région Serbe. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de toucher du doigt les vestiges de la guerre des Balkans et des relations glaciales entre ces 2 pays en tentant d’entrer en Serbie.
Quelques 50 kilomètres avant la frontière, côté Kosovo, nous nous demandons dans quel pays nous sommes réellement. D’immenses drapeaux clament qu’ici c’est la Serbie, on y paye en Dinar Serbe, les plaques minéralogiques des voitures sont soit Serbes, soit carrément enlevées… Surprenant. Nous vivons clairement ce refus d’acceptation de la part des Serbes. Quant à la frontière, les douaniers nous interdisent le passage, car nous venons du Kosovo! Nous parlementons pendant une bonne heure, pensant même à rentrer illégalement, pour une fois que nous avons une date et quelqu’un à retrouver à Belgrade en Serbie, impossible de ne pas y aller! Finalement, on nous conseille de nous rendre au Monténégro, seulement à une centaine de kilomètres d’ici, et d’entrer en Serbie cette frontière. Nous repartons, non sans inquiétude. Et si on nous refusait également l’entrée de l’autre côté? Et si nous étions obligés de prendre l’avion pour nous rendre à Belgrade?

 

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Récupération de l’eau de pluie, ça marche à tous les coups!

 

Un détour finalement pas si mal!

Tous les Kosovars que nous croisons sur la route nous encouragent. Et oui, le chemin que nous empruntons est loin d’être plat, un col nous y attend. 20 km et 2000 mètres de dénivelé. Le sommet du col marque la frontière entre Kosovo et Monténégro. Disons que l’endroit y est splendide, très montagneux, nous bivouaquons au point le plus haut, et pour la première fois depuis 5 mois, nous ressortons doudounes et polaires et rallumons un feu pour nous réchauffer. C’est d’ailleurs cette journée que notre Théolou a choisi pour atteindre la barre des 40 000km!

 

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Ca nous rappelle nos belles Alpes!

 

 

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Les 40 000 km

 

Après une belle descente et un détour de 300km, nous avons hâte d’atteindre la frontière Serbe. Cette fois-ci, aucun problème, nous franchissons les barrières sans même un regard sur notre passeport. OUF!! Enfin en Serbie! Plus que quelques jours et quelques centaines de kilomètres pour rejoindre Belgrade. Nous avons la tête ailleurs et ne profitons plus tellement du paysage, nous avons maintenant hâte.

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Bye Monténégro

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Welcome to Serbia!

Nous remarquons quand-même la saleté des rues, le nombre de croix indiquant les accidents de la route (un point commun avec la Géorgie), la tendance des Serbes à boire des bières à toute heure, et le fait qu’ils passent beaucoup de temps dehors, avec leurs voisins, ce que nous ne voyons malheureusement plus aujourd’hui dans nos pays plus développés. Un paysan chez lequel nous avions choisi de planter la tente nous offrira même les récoltes de son jardin ainsi que de l’eau, après la surprise passée de nous voir chez lui.

Belgrade, la capitale Serbe

3 jours de pluie battante et de froid, il est grand temps d’arriver dans la capitale. Très développée et assez touristique, Belgrade reste une grande ville Européenne. Pour l’occasion nous nous offrons le luxe de louer un petit bungalow dans un camping, pour recevoir notre invité. Nous nous apprêtons à passer 10 jours mémorables, forts en émotions. RDV bientôt pour un bel article de la suite de nos aventures, à plusieurs… et que nous n’avons pour une fois pas écrit…

Toutes les photos de la Grèce, de la Macédoine, du Kosovo et de la Serbie

La Turquie à vélo: Ce qu’on ne nous avait pas dit…

TBILISSI (GEORGIE)- GELIBOLU (TURQUIE): Du 06/08/17 au 03/09/17

Dans ce pays à cheval entre Europe et Asie, route de migrants ces dernières années, et au gouvernement chaotique, nous aurons encore une fois essuyé de nombreux conseils, recommandations d’âmes bienveillantes voulant nous prévenir des dangers à voyager en Turquie. Il est vrai que dès notre entrée dans ce vaste territoire, les Turcs essaieront de nous empoisonner à maintes reprises… avec un thé chauffé à près de 90°C alors que le température de l’air avoisine toujours les 40°C. Si tu refuses, c’est là où les embrouilles commencent! Ce sera un mois durant Chaï brulant à tout moment!

Sans blague, nous y avons découvert une population d’une gentillesse rare, digne de nos amis Japonais. En revanche, les médias se gardent bien de nous informer sur l’oppression qu’applique le gouvernement sur son peuple. Un Warmshowers (hôte pour cycliste) sort d’ailleurs tout juste de 8 mois de prison ferme pour la simple faute d’avoir une opinion différente des pouvoirs politiques actuels.

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Ces trompe-l’œil nous ont bien eu, mais seulement la première fois!

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On en a vu plein des panneaux bizarres, mais quand-même!

Ardahan, ville tant attendue mais où rien ne nous attend…

Notre premier objectif est Ardahan, situé à un peu plus de 500km de la frontière Géorgienne. La route est vallonnée, nous oscillons entre 1000 et 2000 mètres dans de grandes plaines sans le moindre arbre. Heureusement, la culture est plus fournie que la végétation. Nous nous ferons inviter par Aikul, venu rendre visite à sa famille depuis l’autre extrême du pays, comme il le fait deux fois par an. A la tombée de la nuit, alors que les femmes préparent le Chaï, nous apprendrons que ce village a été emporté par une coulée de boue il y a près de 10 ans, ce qui explique leur habitat que l’on pourrait qualifier de « cabane de jardin ».

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Aikul et son oncle

Nous approchons enfin la tant attendue ville d’Ardahan, mais rien ne nous y attend. En effet, nous espérions fourche et roue arrière neuve pour Théolou, envoyées depuis la France. Après un long micmac, nous apprenons que la fourche est bloquée en France et que la roue, elle, est bien en Turquie mais stoppée en douane. On accuse le coup, notre dos est mis à rude épreuve du fait de la position inadaptée, et le bruit des rayons qui craquent met notre mental à rude épreuve.

La solution est trouvée, on s’arrête une journée sous un arbre, on achète un pot de glace d’un kilo, un tube de super-glue et on ressort le couteau… suisse. Après une poignée d’heures et un peu de sueur, il n’y a plus de glace, les rayons sont raccourcis de quelques millimètres, les têtes sont collées, et la fourche a gagné un centimètre de hauteur, grâce au bout de bois qui remplace le ressort et donc la suspension. On en profite pour se pencher sur la carte, demain c’est en direction de la Cappadoce que l’on met les voiles.

Cappadoce, bivouac féérique 

Les distances sont longues. Nous optons pour une fois pour les routes les plus directes. Deux voies d’un côté, deux voies de l’autre, c’est parti pour 1200 km de double-voie. Nous ne croisons plus de cyclos, c’est au rythme du Muezzin et avec les routiers que nous faisons la course. Plus de village et les kilomètres supplémentaires qu’il faut faire pour se ravitailler nous paraissent trop long. Nous faisons les fonds de sacoche à plusieurs reprises.

L’arrivée en région d’Anatolie est finalement rapide, les paysages changent, des plateaux formés par des cendres et boues rejetés par les volcans avoisinant apparaissent. Gorges, cheminées de fées, pitons et cônes s’emparent de notre champ de vision. Cette région a subi de multiples bouleversements au cours des siècles, entre culture musulmane, perse et chrétienne, du à sa situation géographique à la croisée de l’Europe et de l’Asie.

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Barbier de Cappadoce « primé » dans le Guide du Routard 2010

On y trouve d’ailleurs une multitude de vestiges chrétiens dont un nombre incalculable d’églises datant du VIII siècle. Nous visitons quelques sites indiqués ainsi que Goreme, village central de la Cappadoce, un peu trop touristique à notre gout. Nous optons pour une nuit au beau milieu des pics érodés de tuf volcanique qui sont bizarrement désertés des touristes, qui s’affairent déjà dans les restaurants et autres bars. On profite du coucher de soleil pour crapahuter et arpenter les habitats troglodytes et quelques vestiges de culture en terrasse qui se cachent dans ces roches. La découverte y est fascinante.

Nous nous couchons à la belle étoile dans ce paysage féérique mais ne dormons que d’un œil pour ne pas rater le spectacle que nous avons tous en tête… Pour une fois c’est Alexine qui est réveillée la première, mais rien à l’horizon… Sans doute parce que la nuit est encore bien noire.

Nous attendons près de quarante minutes à regarder dans toutes les directions avant de voir les premières fleurs éclorent. Tels d’immenses champignons gonflés à l’hélium, nous sommes transportés dans Tintin et l’Etoile Mystérieuse. Des montgolfières sortent de toute part, de derrière les rochers, et montent paisiblement à la vitesse du soleil qui vient les éclairer. En moins de quinze minutes, c’est plus de 100 ballons qui nous offrent une danse gracieuse et hétéroclite, rythmée par le bruit des bruleurs. On ne sait pas où donner de la tête. Les rayons du soleil nous brûlent déjà la peau, tandis que les dernières montgolfières se dégonflent, perdent de leur consistance pour retomber au sol, comme si ce spectacle n’avait jamais existé.

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Bivouac féerique…

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Magique…

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Superbe…

Encore un nouvel objectif

Nous nous regardons et comprenons qu’il est temps de reprendre la route, rester plus longtemps ici n’aurait plus de sens pour nous. Les jours suivant sont longs et fastidieux, encore 1800 km avant la Grèce et l’Europe. Mais notre but n’est pas là mais plus loin, sur les routes de Serbie, où nous pourrons enfin concrétiser notre engagement avec Trans-Forme…

En attendant nous reprenons de véritables petites routes pour sortir de la Turquie, bien plus propices au partage. Nous rencontrons d’ailleurs Kadir, journaliste pour une chaine d’infos cycle et moto avec qui nous passerons un bon moment et donnerons une interview en Anglais, assis confortablement dans le bateau qui nous fait traverser le fameux passage des Dardanelles et qui nous ouvre les portes sur l’Europe, continent que nous n’avons pas vu depuis plus de 2 ans et que nous avons hâte de redécouvrir.

Plus de photos de la Turquie ici

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Vue de la maison

L’Azerbaïdjan et la Géorgie à vélo: Monastère, vin et corps de roue libre HS

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Bivouac estival

ALAT (AZERBAIDJAN)-TBILISSI (GEORGIE): Du 22/07/17 au 05/08/17

Générosité et gentillesse

Après avoir quitté la côte Caspienne et ses plateformes pétrolières, nous mettons le cap sur la Géorgie, en prenant directement la quatre voies, bien plus rapide. Cette première journée nous montrera l’incroyable gentillesse des Azéris. Nous passons devant une quinzaine de stands de melons et pastèques, et forcément on ne peut pas y couper, tout le monde nous arrête! Quinze arrêts et au moins 10 kg dans les sacoches! Un peu plus tard, un policier s’arrête, Bastien râle: « Encore un contrôle de passeports! », mais non, il veut juste nous offrir de l’eau glacée! Et il en ira de même avec les fruits et le Chaï (thé) dès le lendemain. Pour la énième fois du voyage nous sommes impressionnés et touchés par cette générosité qui anime bon nombre des habitants de notre terre.

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Une partie de nos « offrandes » du jour

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Stand de fruit, confitures, pâtes de fruits…

Nous tentons de nous rapprocher des montagnes du Caucase pour un peu de fraîcheur, et nous retrouvons bien quelques arbres, mais pas assez à notre goût. C’est toujours très difficile de pédaler avec ces températures, certes moins élevées qu’en Ouzbékistan mais qui avoisinent encore les 40°C.

Dans la série « galère de vélo »…

Notre moral va carrément descendre au plus bas un soir, alors que nous cherchions à bivouaquer… Nous avions enfin trouvé un endroit, prêts à aller prendre notre douche habituelle, dans la rivière, quand nous remarquons que des personnes nous espionnent, cachées dans les buissons. Pour une fois, notre flair nous indique de ne pas rester ici, nous n’avons aucune confiance et préférons continuer quelques kilomètres de plus.

Il est déjà 20h30 (d’habitude nous dormons déjà depuis longtemps!) quand nous repérons enfin un coin plat, en haut d’un côte. Et c’est dans cette montée raide que M***E! le corps de roue libre qui explose encore une fois! Nous venions de mettre une roue arrière toute neuve à peine une semaine plus tôt… Nous sommes vraiment dépités, une première roue, la fourche puis encore une roue, tant de galères de vélo en moins d’un mois, ça devient épuisant…

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Epuisé…

Bastien répare, toujours à l’aide de colliers, mais cette fois le système D ne tiendra pas le coup, nous devons nous rendre rapidement en Géorgie, où nous sommes certains de trouver une nouvelle roue. Nous irons tant bien que mal à Tbilissi, capitale Géorgienne, où il y a plusieurs magasins de vélo, mais pas une seule roue, incroyable! Par chance, nous trouvons un moyeu et Bastien passera quelques heures à re-rayonner notre roue, ouf, c’est reparti!

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Toujours emmener un mécano vélo avec soi 😉

Vin et monastères, ça change!

Nous pouvons à présent prendre le temps de découvrir la Géorgie, très différente de ses voisins, surtout parce que c’est un pays catholique et qu’on y boit du vin! D’ailleurs, nous traverserons de nombreuses routes des vins avec leurs caves et vignobles à visiter.

Nous empruntons beaucoup de petites pistes en gravel escarpées qui nous mènent à des monastères perchés dans les montagnes. Ca fait une éternité que nous n’avons pas vu d’églises, entre les temples Bouddhistes et les mosquées des mois précédents.

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Monastère

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Route des Vins

Au détour d’un lac, des pêcheurs nous offriront du fromage et une bouteille de… Cognac! Bastien, ravi, ne cessera de répéter qu’il est originaire de la ville de Cognac! Quelle surprise de trouver cette boisson ici!

Quelques centaines de kilomètres nous séparent de la frontière Turque la plus à l’est du pays, tout près de l’Arménie que nous ne traverserons pas cette fois-ci.

Plus de photos de l’Azerbaïdjan ici
Plus de photos de la Géorgie ici

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Bivouac en forêt

L’Ouzbékistan à vélo: Chaleur et épuisement

DUSHANBE (TADJIKISTAN)-ALAT (AZERBAIJAN): Du 08/07/17 au 21/07/17

Continuons le récit de notre traversée des pays en « STAN » avec l’Ouzbékistan, étape mythique de la route de la soie.

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Autre avantage du désert, les magnifiques couchers de soleil

Encore une frontière terrestre

Nous quittons Dushanbé dès 5h du mat’, pour espérer pédaler quelques heures « à la fraîche », après une poignée d’heures de sommeil et une bonne soirée entre cyclos. Ni une ni deux, nous passons la frontière Ouzbek à 60 km d’ici. On nous avait prévenu que les douaniers seraient assez stricts, fouille de tous les bagages, ordinateur, téléphone… Mais l’opération n’a duré que 10 minutes. Pour une fois on s’y sent tellement bien qu’on sort l’Opinel, la pastèque et on s’assoit entre militaires et chiens. Bon OK, on ne tiendra pas plus de 5 minutes avant de se faire mettre à la porte: « Pas de pastèque dans ma douane! »

Le temps de changer 50$ et d’obtenir une énorme liasse de billets (1 billet équivaut à 0.50$), nous partons affronter la chaleur étouffante. 11h du matin et déjà 48°C… à l’ombre. Sachant qu’il n’y a pas d’ombre en Ouzbékistan. Autant vous dire que pédaler devient un calvaire, le plaisir n’est plus du tout présent. Notre arrivée en Ouzbékistan sera ponctuée d’un malaise d’Alexine et d’un Bastien malade, déshydraté, qui se vide à force de boire trop d’eau… Pour ceux qui veulent des vacances au soleil, c’est la destination, n’hésitez pas!

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Bastien n’en peut plus de la chaleur, mais toujours le sourire

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Lieu le plus frais pour faire la sieste, dans l’eau salée génial!

Epuisement

Nous trouvons du réconfort dans les hôtels climatisés. Ici, la loi nous oblige à s’y registrer toutes les 3 nuits. D’ordinaire, nous n’allons jamais à l’hôtel, mais cette fois c’est plutôt appréciable!

Pendant quelques jours, nous essayons de trouver notre rythme: Lever à 3h du matin, nous pédalons de nuit et fin de journée de vélo à 9h, il devient déjà impossible pour nous de rouler. Nous espérons pouvoir dormir le jour, mais l’Ouzbékistan ressemble à un désert immense. Et c’est bien connu, dans tout ce qui est désertique, il n’y a pas d’arbre, donc pas d’ombre. 4 journées à ce rythme finissent par nous épuiser, nous n’avons plus de force et plus l’envie de pédaler.

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Mais où sont les arbres?

Ce climat nous fera avancer au plus vite, en ligne droite, et manquer la visite de quelques jolies villes mythiques sur cette route de la soie, comme Samarcande ou encore Khiva.

Bukhara et ses palais

Mais nous ferons quand-même un arrêt à Bukhara, tout aussi majestueuse, avec sa vieille ville et palais aux dômes turquoises. Superbe. Nous sommes d’autant plus heureux que Bukhara signifie dans nos esprits la fin du pédalage Ouzbek, nous décidons de faire du stop-camion pour les 500 km nous séparant de Nukus.

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Palais de Bukhara

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Bukhara et ses dômes turquoises

Outre quelques routiers sans scrupules qui nous demandent 80$, nous attendons seulement 30 minutes pour sangler Théolou et faire la rencontre de Sadik et Varobcher qui nous emmèneront déguster des chachliks et du poisson frit pour le petit déjeuner.

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Ptit déj avec Sadik et Varobcher

Les Ouzbeks seraient très accueillants s’ils n’essayaient pas d’arnaquer les étrangers à chaque instant. Ça devient fatigant de devoir négocier dès que nous voulons acheter à manger, ça nous rappelle le Cambodge, et le souvenir n’est pas vraiment bon! Heureusement qu’il y a ici un marché noir des Dollars, pour une sacoche pleine, vous obtenez 3 sacoches pleines de Soms (monnaie locale).

En Ouzbékistan, comme dans le reste d’Asie Centrale, dès que nous prononçons le mot « France », les noms de personnalités Françaises fusent avec fierté. Jacques Chirac, Macron (quoique nous entendons quand-même plus souvent Napoléon) sont les favoris, bien qu’ils soient largement détrônés par Zinedine Zidane, sans conteste le plus connu!

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Photo souvenir, merci pour les pastèques!

Direction l’Azerbaijan

C’est à Nukus, après un bivouac en bord de gare, que nous prendrons le train pour s’arrêter à quelques 20 km de la frontière Kazakh, bien moins onéreux de passer la frontière en vélo qu’en train. D’ici, c’est 500 km de désert total qu’il nous reste à parcourir pour rejoindre Aktaou, son port et son ferry qui nous mènera en Azerbaijan. Nous avions vraiment décidé de pédaler, mais après une éprouvante journée et 100 km, un bivouac avec pour seule boisson de l’eau salée, nous savons que nous tiendrons pas le coup… La chaleur à ce stade est réellement le pire climat que nous avons pu avoir, nous lui préférons de très loin la neige et les nuits à -10°C.

Nous ne trouvons aucun intérêt à pédaler par cette chaleur dans ces paysages, sans eau ni ombre, sauf peut-être les troupeaux de chameaux qui eux, résistent à ce climat aride. Nous levons à nouveau le pouce, 10 minutes plus tard, Théolou est ravi, depuis le temps qu’il voulait monter dans un Kamaz Russe!

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Trois moyens de transport bien différents

La croisière s’amuse

Aktaou, ville carrée et moderne, dont nous ne verrons pas vraiment la couleur (et tant mieux) car un ferry part le lendemain matin. Coup de chance car aucun planning fixe n’est établi à l’avance, on ne sait jamais quand il part ni quand il arrive à destination. Après 24 heures de « croisière » sur la mer Caspienne, dans une cabine double et avec 3 repas par jour, durant laquelle Bastien soufflera ses 30 bougies, nous débarquons à Alat, à 70 km de baku, la capitale Azeri.

Ce soir sera un « cyclo-bivouac », puisque nous avons retrouvé Eric et Amaya, en selle depuis 11 ans, croisés à Dushanbé, et Sorin, rencontré sur la Pamir. Le lendemain, nous prendrons des chemins différents, pour nous le but est de rejoindre la Géorgie rapidement, en espérant y retrouver un peu de fraîcheur.

Plus de photos de l’Ouzbékistan ici

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Nous profitons du confort d’une cabine

Enfin une vidéo: l’Asie Centrale!

Et oui, ca fait déja un bon moment qu’on pédale tellement qu’on a plus le temps de vous donner des nouvelles! Alors voici dans un premier temps la vidéo de notre traversée des pays en « STAN », en Asie Centrale. Du tandem-VTT, du gravel, de la boue, des nomades en yourtes au Kirghizstan, et les paysages grandioses du massif du Pamir au Tadjikistan…

 

Tand’un Rêve revient en France!

​Après près de 3 ans et plus de 40 000km d’aventure, de rencontres et de partage, une poignée de nuits d’hôtels et de douches chaudes, nous revenons en France, toujours sur notre tandem.

Après avoir traversé les Andes, suivi la Continental Divide dans les Rocheuses Américaines, passé la frontière de l’Alaska en canoë, le tandem à bord, rencontré le peuple Tibétain et exploré la richesse culturelle d’Asie Centrale, il est temps de poser nos sacoches pour quelques mois, avant de continuer vers d’autres aventures inédites…

 
Nous vous invitons à partager ce moment fort du voyage, en venant nous accueillir à Saint-Césaire autour d’un verre offert par la commune, ainsi que d’échanger sur le thème du voyage à vélo:

LE  SAMEDI 28 OCTOBRE 2017 à 15h à L’Etang de Saint-Césaire, 17770 Charente-Maritime.

Le Programme :
~13h : Pour les plus courageux, RDV place François 1er à Cognac pour parcourir avec nous les 30 derniers km jusqu’à Saint-Césaire. Vous pourrez nous rejoindre tout au long du parcours, pour 1, 5, 10km ou plus, ou bien nous attendre à l’arrivée

~15h : Le peloton arrivera enfin à l’étang de Saint-Césaire pour un sprint final, où la commune de Saint-Césaire nous ouvrira grand les bras autour d’un verre ainsi que l’après-midi dédié au voyage à vélo. Joignez-vous à toutes les personnes nous ayant soutenu pendant ces 3 dernières années
– Expo photos

– Diffusion de nos films du voyage

– Présentation de notre matériel (ou plutôt ce qu’il en reste !)

~Possibilité d’hébergement sur place, à chacun d’y choisir son confort :

* Camping gratuit au camping municipal de Saint-Césaire à 500 mètres de l’étang, pour toile de tente, fourgon, camping-car. Si vous souhaitez y passer la nuit, merci de vous y garer dès votre arrivée 
* Villages-vacances de Saint-Césaire à 500 mètres de l’étang (100 mètres du camping):
– Pavillon 5 personnes : 55€ la nuit

– Pavillon 3 personnes : 50€ la nuit 

– + 0.5€ taxe de séjour par nuit et par personne
*Hôtel du Grand Chêne à Saint-Bris des Bois, 1km de l’étang :

– Chambre double avec WC et douche : 50€

– Chambre double avec SDB commune : 46€

– + 0.5€ taxe de séjour par nuit et par personne

Merci de nous confirmer votre présence et le type d’hébergement choisi avant le 5 Octobre 2017.
Pour nous faciliter l’organisation, inscrivez-vous sur notre évènement Facebook et pour plus de précisions, n’hésitez pas à nous contacter par email: tandunreve@gmail.com

Nous serions très heureux de vous avoir parmi nous pour ce grand jour, et n’oubliez pas de gonfler vos pneus !

Alexine & Bastien

La Pamir Highway à vélo: Tandem pignon fixe, le défi!

SARY TASH (KIRGHIZSTAN)- DUSHANBE (TADJIKISTAN): Du 17/06/17 au 07/07/17

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Les seules fleurs de la Pamir

Suite à notre dernier post, vous pensez sûrement que nous sommes un peu fous de nous être lancés sur la Pamir avec le corps de roue libre cassé. Et bien pourtant c’est faisable, attention on n’a pas dit facile non plus hein !

Petit Topo sur la Pamir Highway

Ici, « Highway » ne signifie pas « Autoroute » mais bien « Haute Route ». En moyenne à 4000 mètres d’altitude, au travers de paysages aussi arides qu’hostiles, la M41 débute au Kirghizstan, traverse le Tadjikistan et se termine en Afghanistan, le tout à travers le massif du Pamir. C’est une route très empruntée des cyclistes et motards, pour sa beauté autant que sa difficulté.

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Bien couverts pour entamer la descente

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Pas mal comme bivouac, non?

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Caravansérail, vestige de la route de la Soie

Sary Tash-Murghab

Premier col assez difficile à 4 300 mètres, nous rejoignons la frontière Tadjik, perdue au milieu des montagnes. Mais c’est quoi cette clôture qu’on aperçoit sur des kilomètres ? La frontière Chinoise ! Nos amis Chinois ont grignoté au moins 10km de territoire Tadjik, assez surprenant non ?

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Frontière Chinoise, au milieu de nulle part

Malgré cela, nous nous sentons seuls au monde, au milieu de ces montagnes imposantes, entre soleil nous brûlant la peau et averses de neige, la météo changeant toutes les demi-heures.

Nous montons les cols assez difficilement quand ils sont vraiment raides, la dernière vitesse ne fonctionnant plus avec notre nouvelle roue. Quant aux descentes, nous enlevons carrément la chaîne, ce qui permet de ne pas pédaler, à condition que ce soit vraiment raide. En bref, on a mal aux fesses à force de ne pas pouvoir les lever de la selle!

Nous prenons doucement de la hauteur, pour atteindre le col le plus haut de la route, à 4 655 mètres d’altitude, pas notre plus haut col du voyage, mais c’est quand même pas mal ! N’ayant que très rarement de problèmes d’altitude, cette fois-ci s’est également bien passée, une journée de repos pour s’acclimater et le tour est joué !

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Le voici ce fameux col!

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Ca caille!

Les paysages à cette altitude sont lunaires, magiques, impressionnants… Entre glace, montagnes rouges, vertes et ocres… Des souvenirs du Sud Lipez en Bolivie nous reviennent en mémoire, ça fait déjà quasiment 2 ans !

Bain d’eau chaude bien mérité!

Nous décidons de quitter la Pamir pour nous perdre sur de petits chemins en direction de sources d’eau chaude. Nous perdre, c’est bien les bons mots car il n’y a plus de chemin, et nous sommes complètement enfoncés dans un marécage infesté de moustiques ! Nous sommes même obligés de ressortir nos moustiquaires de tête enfouies au fond de nos sacoches depuis l’Alaska! Le souffre se fait sentir et on entend au loin un clapotis, c’est un geyser ! Rien à voir avec le parc du Yellowstone, mais geyser quand-même ! Nous trouvons enfin notre trésor, le « Hot Spring » ! L’eau n’y est pas si chaude, mais bon on ne fait pas les difficiles, elle date de quand la dernière douche tiède déjà ? Alexine s’y reposera une journée pendant que Bastien, ne tenant pas en place, ira randonner pour avoir une plus belle vue sur le lac. 800 mètres de dénivelé après des journées de vélo éreintantes, même pas peur !

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Geyser

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Hot Spring

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Vue sur le lac

Réconciliation avec les Chinois!

Vous l’avez compris, la Pamir c’est magnifique et en plus il n’y a quasiment pas de trafic. Quelques touristes en 4X4 et des routiers… chinois ! Au sommet d’un col, notre réconciliation avec les Chinois sera définitivement assurée. Un routier nous fait de grands signes pour nous offrir des bouteilles d’eau, et il en profite pour partager avec nous une énorme pastèque ! Encore une fois, nous sommes épatés par la générosité des gens rencontrés, partout dans le monde.

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Pause à la « Chinoise »

On retrouve la chaleur un peu trop rapidement…

Après une longue descente de 150km, toujours sur la Pamir au Nord, et non pas la Wakhan Valley, route du Sud, nous retrouvons la ville assez peuplée et chaude de Khorog. Comme d’habitude, nous arrivons dans la journée, faisons nos courses pour la suite, et sortons de la ville pour camper.

Nous longeons l’Afghanistan, de l’autre côté de la rivière pendant 200 km. Dans cette partie du pays, pas de voitures, des routes coupées par endroits, pas de magasin pour se ravitailler, le pays semble bien pauvre.

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L’Afghanistan, de l’autre côté de la rivière

Les kilomètres défilent, la chaleur devient oppressante, nous redoutons réellement la chaleur des prochaines semaines à des altitudes plus basses. Nous croisons 5-6 cyclistes par jour, certains voyageant depuis quelques mois, d’autres venant pédaler seulement sur la Pamir pour quelques semaines. On s’échange les infos sur l’état des routes, les points d’eau, de nourriture…

Les paysages sont toujours à couper le souffle, quoique moins impressionnants que la première partie. Théolou commence à montrer des signes de fatigue, nous espérons qu’il puisse finir la route et aller jusqu’à Dushanbé avec sa roue malade. Mais là c’est le drame, celui qu’on ne peut pas imaginer : nous devons faire du stop !

Fini la Pamir…

La fourche !!! La fourche du tandem qui se brise littéralement en deux morceaux ! Improbable, quoique après 36 000 km de bons et loyaux services, nous ne sommes pas si étonnés que ça…

Nous avons bien sûr eu des galères avec le vélo, mais toujours réparables, même pour la roue accrochée au fil de fer, le système D ça marche dans la plupart des cas si on est un peu débrouillards. Mais là ! Sans fourche, plus de vélo, plus de Pamir !

C’est dépités que nous poussons, tirons tout notre barda jusqu’au coin plat le plus proche pour camper, cette fois-ci, Théolou nous dit clairement qu’il a besoin d’une pause…

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Théolou n’en peut plus…

Pas d’autre choix que de faire du stop sur cette route peu passante, heureusement, après seulement 1 heure d’attente, un poids-lourd accepte de nous emmener à Dushanbé, 300 km plus loin. Ça ne paraît pas loin comme ça, mais d’une, les routes ne sont vraiment pas en bon état, et de deux, n’oublions pas qu’il s’agit d’un poids-lourd Tadjik rempli de pierres ! C’est-à-dire, 15km/heure en moyenne ! Sous une chaleur écrasante, à chaque nid de poule nous nous cognons la tête, le moteur coupe complètement en descente, et nous tombons en panne en pleine montée de col, car le chauffeur avait juste oublié qu’il devait faire le plein !

Franchement, c’est plus facile en vélo, le métier de routier ici n’est vraiment pas évident…

La maison de Véro à Dushanbé

Après 30 heures de camion, nous arrivons enfin à Dushanbé, la capitale Tadjik. Ici, nous avons un pied-à-terre pour quelques jours : la maison de Véro, THE Warmshowers d’Asie Centrale. Véro accueille tous les cyclistes pédalant en Asie Centrale, en moyenne une quinzaine par jour campent dans son jardin ! Cet endroit est tellement reposant, intéressant, chacun partage son voyage, une super ambiance !

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Repas entre cyclos!

Nous avions contacté Véro depuis le Kirghizstan suite à nos problèmes de roue, et gros coup de chance, elle rentrait en France pour quelques jours et nous a ramené une nouvelle roue et d’autres pièces de vélo bien utiles !

Par contre, pour la fourche, toujours pas de magasin de vélo ici, rebelote direction le bazar ! Et miracle, on trouve un semblant de fourche pour nous dépanner. Pas vraiment la bonne taille ni de quoi installer le porte-bagages mais ça ira pour faire quelques centaines de kilomètres…

Nous restons une semaine chez Véro, en profitons pour nous rendre chez le coiffeur, manger des pizzas faites maison, boire des bières, comme à la maison ! Bastien occupera son temps à réparer les vélos de tous les cyclos de passage, il a même le droit à des bières en échange, c’est pas beautiful ça?! Véro si tu nous lis, encore un immense merci et beaucoup de bonheur pour ta nouvelle vie Française !

Plus de photos du Tajikistan ici

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Pause glaciale à 4 000 mètres

 

Le Kirghizstan à vélo: Verdure, nomades et chevaux

KORGOS (KAZAKHSTAN)- SARY TASH (KIRGHIZSTAN): Du 10/05/17 au 16/06/17

 

 

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Montagnes aux mille couleurs, ça nous rappelle l’Argentine

 

Après pas mal de galères de vélo, la chaleur suffocante d’Ouzbékistan, un Wifi introuvable et WordPress censuré en Asie Centrale, voici enfin des news!

Comme un air de Russie

Après nos péripéties à la frontière Chinoise nous nous sentons parfaitement libres côté Kazakh. Le ciel est bleu, les oiseaux virevoltent, les gens nous font de grands saluts. Une heure à peine après notre entrée en Asie Centrale, nous nous ruons dans la première station-essence, nous devrions enfin pouvoir cuisiner ce soir. Ici, pas de barbelé, barrières ni police à l’horizon (nous y étions pourtant bien habitués en Chine), mais des personnes au grand cœur. L’essence nous y sera offerte, ainsi que du thé et 2 tablettes de chocolat, le tout dans un Anglais remarquable, et même quelques mots de Français! Quel accueil! Plus tard, on nous tend des bouteilles d’eau fraîches, fort agréables par cette chaleur, quand des sourires chaleureux nous sont offerts à longueur de route, mêlés au fameux « Otkuda ? », D’où Venez-vous ?

 

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L’hospitalité Kazakh, après un verre de Vodka!

 

 

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Il fait déjà chaud et pas moyen de trouver de l’ombre!

 

 

Ce sera le premier mot de Russe que nous apprendrons, en plus de pouvoir compter jusqu’à 10. Enfin Bastien, lui, ne connaît que le 10, ce qui complique un peu les choses pour faire les courses dans les magasins dans lesquels on ne peut pas se servir nous-même. 10 paquets de pâtes, 10 boites de thon, 10 pains, ça fait beaucoup tout ça, lui qui trie chaque rustine pour gagner du poids ! Espérons qu’il en apprenne un peu plus, ça va parler Russe jusqu’en Europe !

A défaut de pouvoir découvrir la Russie, faute de visa top compliqué à obtenir, nous avons un peu l’impression de visiter ce pays. La langue Russe n’est pas le seul vestige de l’Union Soviétique. Les vieilles Lada, les containers réutilisés en magasins, les Blonds à la peau claire rouge, sûrement due à la Vodka qu’ils ingurgitent à toute heure, tout endroit, tout moment.

Mais les bouteilles de Vodka à 2€ n’ont pas notre préférence. Nous nous jetons sur les premiers saucissons et fromages que nous apercevons, le tout accompagné de pain ! Ca fait tellement longtemps que nos papilles n’ont pas eu la chance d’avaler autre chose que Noodles ou Riz !

 

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Superbes paysages

 

Un vent d’Europe

Avec le recul, cette frontière Chine-Kazakhstan a marqué pour nous la fin de l’Asie, nous avons clairement l’impression d’entrer en « Europe », quoique c’est vrai que ça fait plus de 2 ans que nous n’y avons pas mis les pieds, car il y a quand même plus de Lada que de Peugeot ! Nous retrouvons une culture plus proche de la nôtre, et ça nous fait franchement du bien. Nos racines commenceraient-elles à nous manquer ?

 

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Tout le monde au repos!

 

Paisible Kirghizstan

Malgré l’hospitalité Kazakh, nous décidons de nous rendre rapidement au Kirghizstan, pour profiter plus longuement des montagnes. Nous choisissons le plus petit poste-frontière séparant les 2 pays, ouvert depuis moins d’une semaine pour cause de neige sur cette piste de terre, perdue au milieu de magnifiques massifs de montagnes. Et nous découvrons un pays auquel, encore une fois, nous ne nous attendions pas. Montagnes, collines, herbe verte, troupeaux de chevaux, nomades… Le Kirghizstan nous parait facile, c’est pour nous comme des vacances, nous n’avions pas encore goûté à ça depuis le début du voyage, sauf peut-être la Carretera Australe au Chili. Tous les soirs, un vrai terrain de camping nous est offert, eau et emplacement bien tondu par les troupeaux de moutons. Ça donne envie de s’arrêter tout le temps !

 

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Pas mal comme lieu de vie, non?

 

 

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Magnifique pour la sieste!

 

L’hospitalité Kirghize est semblable à ses voisins, nous nous retrouvons à l’heure du goûter autour d’une délicieuse purée de pommes de terre accompagnée de beurre (lui aussi il nous avait manqué!) et nous en apprenons un peu plus sur la culture nomade.

Après avoir changé nos Yuans Chinois à un taux excessivement bas, d’ailleurs mieux vaut les écouler avant de quitter la Chine mais nous n’avions pas le choix, carte bancaire expirée depuis déjà 2 mois, nous prenons la route Nord du lac Issik-Kol, long de 190km. Quelques bivouacs au bord du plus grand lac du Kirghizstan, mais surprise, au moment de filtrer cette eau, elle y est salée et chargée en minéraux ! Ça ira pour ce soir, il paraît que c’est bon pour la santé, mais pour le café du matin c’est pas le top !

Encore des Visas…

Nous atteignons rapidement Bishkek, la capitale. Pas d’autres choix que de s’arrêter dans cette grande ville aux conducteurs agressifs, une série d’administratif nous y attend. Et oui, cela fait maintenant quelques mois que nous parlons régulièrement des visas, qui nous enlèvent un peu une part de notre liberté, d’autant que ceux des prochains pays sont à date fixe.

Nous nous rendons à l’ambassade du Tadjikistan, qui, surprise, nous délivrera le visa dans l’heure, pour 30 jours dans le pays (Bon plan : Désormais possible en E-Visa, pour 45 jours et 50$, moins cher qu’à l’ambassade). Puis l’Ouzbékistan, là encore bonne nouvelle, pas de temps perdu puisque nous récupérerons notre visa à Douchanbé, la capitale Tadjik. Nous ne passerons finalement que 2 jours dans cette grande ville, accueillis par des Warmshowers (hôte pour cyclistes) que nous ne verrons pas !

Nous repartons, heureux de continuer à explorer le Kirghizstan de fond en comble. Ces premiers jours nous ont donné envie de découvrir plus intensément ce pays, nous laisserons de côté la route principale pour user nos pneus neufs fraîchement venus de France, sur de petites pistes tout juste ouvertes après la neige rigoureuse de l’hiver…

 

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La neige n’est pas bien loin

 

 

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Nomades, chevaux et Kumiz

C’est sur de petites routes peu empruntées que nous découvrirons de nombreuses familles de nomades, installant tout juste leurs yourtes pour l’été à plus de 2000 mètres. Ici, on y vit paisiblement, les enfants participant avec joie à la traite des juments, pour ensuite fabriquer le Kumiz, lait de jument fermenté. Mais c’est quand même bien plus marrant d’inviter les cyclistes qui passent à prendre le thé, nombreux en cette saison. Et pour nous c’est avec joie que nous découvrons leur habitat, qui ne ressemble en rien aux yourtes modernes de chez nous. Ici, elles sont recouvertes de peau de bête, et offrent un espace bien plus étroit, mais très chaleureux.

 

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Repas chez une famille de nomades

 

 

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La Maman trait les juments pendant qu’Alexine s’occupe du bébé

 

Un soir, alors que Bastien part chercher de l’eau à plus d’1 kilomètre de notre bivouac, Alexine le voit revenir à cheval ! Les nomades passeront ensuite la soirée avec nous, autour de la tente, par -5°C, à 3000 mètres, un beau moment de partage.

 

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Ca va bien plus vite qu’à pied!

 

Le sud du Kirghizstan nous pose un seul problème : les enfants qui nous jettent des cailloux. Jamais nous n’avions connu ça, et franchement c’est très désagréable. Nous avons tout de suite plus de mal à apprécier ces rencontres au bord de la route, et on ne compte plus les « Money », « Tourist »… dommage !

En réalité, un autre problème bien plus important est survenu quelques kilomètres avant de quitter le pays… Et oui, encore lui, qui nous lâche pour la deuxième fois du voyage, comme aux USA le corps de roue libre ! Impossible de réparer correctement, Bastien accroche la roue avec du fil de fer, mais on ne compte tout de même pas aller sur la Pamir Highway, deuxième route la plus haute du monde, 15 000 mètres de dénivelé, avec ça ??!

 

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Encore de la casse!

 

Pamir ou pas-Pamir?

C’est là que nous tombons sur Sergeï, un Kirghiz qu’on aurait aisément pu prendre pour une Russe. Il nous fait faire le tour de son village pendant des heures, appelle tous ses contacts afin de nous trouver une nouvelle roue, puis, faute de pouvoir nous aider, nous réserve un taxi pour la ville d’Osh, deuxième plus grande ville du pays, le lendemain à l’aube.

Nous dormirons chez lui, profiterons d’un dîner en famille, Alexine chantera du karaoké en Russe avec Babuchka, la grand-mère, pendant que Bastien boira du Kumiz chez tous les amis de Sergeï, le tout à 23h, pas lavés et épuisés après cette journée éreintante, allez encore un peu de motivation, le taxi nous attend à 5h demain matin !

 

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Sergeï, Samara et Babuchka

 

 

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Repas frugal chez Sergeï

 

La virée à Osh n’a pas non plus été des plus reposantes, direction le bazar, bien sûr c’est ici qu’on devra trouver une nouvelle roue, pas de magasin de vélo dans cette ville. Problème, en Asie Centrale, on ne trouve rien de rien pour réparer un vélo digne de ce nom. A part des roues libres 3 vitesses ayant déjà roulé plus de 10 000km, impossible de nous dépanner.

Déçus et tentant de trouver une solution, nous ne pouvons réfléchir tranquillement car le chauffeur de taxi nous fait réciter des prières en Arabe, pour que nous puissions devenir de vrais musulmans ! Cocasse mais vraiment drôle !

 

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Mosquée, comme dans quasi chaque village

 

Finalement, Bastien a une idée lumineuse, le bazar c’est pas si mal non ? On y retourne pour y acheter des dizaines de colliers pour bien fixer la roue de Théolou…

Et c’est en pignon fixe que nous nous apprêtons à parcourir la Pamir, va falloir pédaler tout le temps, mais heureusement, Bastien, notre « Master Velocipiet » (spécialiste vélo) après s’être creusé les méninges pendant plusieurs jours, a trouvé un nouveau système dans les descentes : enlever la chaîne !!! Udachi !

Plus de photos du Kirghizstan ici

 

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Rivière, arbres et montagnes, what else?

 

La Chine à vélo, Partie 2: Plateau Tibétain, Police Chinoise, et panique à la frontière…

SHANGRI-LA (CHINE)- KORGOS (KAZAKHSTAN): Du 11/04/17 au 10/05/17

Ça fait un bon moment que nous ne vous avons pas donné de nouvelles, mais entre censure d’Internet, journées à plus de 8 heures de vélo et 2 mois pour parcourir 6 000km, on ne pouvait pas faire mieux… On vous raconte!

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Premier col d’Asie à 4 200 mètres

Tibet ou Plateau Tibétain ?

Si vous vous demandez comment nous avons eu accès à la culture Tibétaine et comment nous avons pu parcourir cet immense plateau, complètement libres sur notre tandem, la réponse se trouve dans une simple leçon d’histoire-géo. Aller, on se lance ! Le vaste territoire du Tibet a été envahi dans les années 1950 par la Chine de Mao Zedong, pour soi-disant libérer les Tibétains de l’emprise du Dalaï-Lama. A coups de propagande, la Chine diffuse une image noire du Tibet depuis plus de 70 ans, dans ses rues, écoles, entreprises… Mais la vraie raison se cache sûrement ailleurs. Des ressources naturelles inestimables se trouvent sur ce vaste plateau à plus de 4 000 mètres d’altitude, habités de nomades. Minerais et surtout l’eau qui s’écoule de l’Himalaya, en contrôlant la quasi-totalité des rivières qui alimentent la Chine, l’Asie du Sud-Est mais aussi l’Inde et le Pakistan. Le gouvernement Chinois protège des projets pharaoniques (barrages hydro-électriques, construction de canaux…) servant à alimenter une Chine complètement ravagée par la démesure de la croissance.

Notre Plateau Tibétain dans tout ça a été séparé en 2 (pour faire simple) en 1950. Une région, le Tibet Autonome (ou « Tibet prisonnier ») et le Tibet culturel qui s’étend bien au-delà des frontières administratives. Yunnan, Sichuan, Qinghai et Xinjiang ont eu aussi le droit à leur part de Plateau! Ce sont donc par ces régions que nous avons parcouru plus de 2 000km et eu accès à une culture Tibétaine réprimée par une police oppressante. Le Tibet Autonome étant toujours, en 2017, quasi-complètement fermé aux étrangers (permis, guide, itinéraire balisé, contrôles de police…).

Si vous n’avez toujours pas saisi la différence, voici une carte qui pourront vous aider. D’ailleurs, nous, on a toujours pas compris pourquoi on l’appelle Plateau Tibétain, car on peut vous assurer que c’est loin d’être plat!

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En jaune, la partie de Plateau Tibétain historique à 4 000 mètres. On distingue le Tibet Autonome du reste du Plateau

Les différentes facettes du Tibet

Nous repartons de Shangri-la avec 1 mois de visa supplémentaire, 50€ de moins (pour nous 2) et pas moins de 5 aller-retour entre les différents postes de police de la ville (on commence déjà à apprécier la simplicité de l’administration Chinoise et l’amabilité policière…).

Les premiers kilomètres s’annoncent plutôt bien, nous rencontrons un couple d’Autrichiens à vélo eux aussi. Nous pédalons dans un décor qui s’apparente à nos Alpes mais avec des cols deux fois plus longs, deux fois plus hauts. On fait une pause à 4 700 mètres. Regula et Johannes sont toujours là, impossible de les semer, on tente une ultime attaque… Bon OK, on reste groupés pendant 1 semaine et on en profite pour se prendre en photo à chaque passage au-dessus de 4 000 mètres. On bivouaque ensemble, nous leur expliquons que faire du feu quand il fait déjà -5°C à 18h ce n’est pas négligeable. Eux en échange nous dépannent sauvent d’un pneu lors d’une journée de piste difficile ou nous y laisserons tout de même 2 pneus dont un neuf, une chambre à air, 6 rustines et beaucoup d’énergie.

Bref, une semaine intense et enrichissante. Pour apprendre l’Allemand et découvrir leurs bouilles, voici leur blog.

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Regula, Johannes et Bastien

 

 

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Bivouac à 4

 

Pendant ces quelques jours, Bastien a pu travailler son Anglais et découvrir une culture Tibétaine encore intacte. Les villages sont faits de grandes maisons carrées avec toit plat. Les murs de terre sont plus épais à la base qu’au 2ème étage, et le toit, lui, est uniquement fait d’argile très tassé, ce qui le rend étanche. Les fenêtres trapézoïdales sont abusivement sculptées, ce qui ne laisse qu’une maigre place pour y loger une vitre et y faire pénétrer de la lumière.

L’étage inférieur est le grenier et le toit sert à faire sécher quelques cultures qui rendent les habitants autonomes. L’étage supérieur est la partie habitation, très simpliste, dénué de tout ameublement. Au fur et à mesure des kilomètres et des cols, nous avons pu voir quelques modifications, qui égayent nos discussions :

« T’as vu là, les fenêtres sont rouges, et ici il y a du bois sur la partie supérieure! »

 « Regarde, les toilettes sont accrochées sur la façade à 5 mètres de haut, type château-fort! »

 

 

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Maison typique Tibétaine

 

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On n’a pas pu s’empêcher, encore des drapeaux!

 

Répression Chinoise

Malheureusement, cette culture Tibétaine s’estompe au fur et à mesure que les jours passent. Après Litang, nous retrouvons les parpaings et le ciment, ainsi que l’oppressante police Chinoise. Nous nous faisons contrôler en moyenne 2 à 3 fois par jour. Certains contrôles durent 5 minutes, quand d’autres durent plus de 2 heures et ameutent toute la police de la ville. Le soir, nous leur indiquons de fausses adresses d’hôtels et filons à la sauvette pour se cacher au mieux et repartir tôt le lendemain.

Un soir, alors qu’une patrouille nous suit depuis déjà 10 km sans nous avoir adressé un mot, on stop net, « No money, no hôtel », on ne leur laisse pas le choix que de dormir dans leurs locaux.

Et ça se complique quand on veut acheter de l’essence pour cuisiner. L’essence est réservée aux Chinois, par pour les étrangers et surtout pas pour les Tibétains qui doivent remplir des papiers avec leur identité, et justifier pour chaque litre d’essence son utilité, qui ne doit surtout pas être liée à un loisir, qui d’ailleurs est inexistant ici. La cohabitation entre Tibétains et Chinois semble complexe, nous ne nous sentons pas forcément à notre place ici.

Avant d’arriver à Yushu, nous essuierons plusieurs épisodes neigeux, et resterons même bloqués une journée entière sous la tente, à observer les troupeaux de yaks que la neige et le vent ne semblent pas déranger. Cette partie de Plateau est grandiose, nous ne redescendons plus en dessous de 4 200 mètres d’altitude, impossible d’allumer un feu, plus rien de brûle ici, le paysage est lunaire, même l’herbe ne pousse plus.

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Réveil givré

 

Mais même dans ces endroits inhospitaliers, nous arrivons à rencontrer des gens. C’est d’ailleurs plus eux qui nous rencontrent! Les Tibétains ici sont plutôt du genre curieux et pas trop bavards. Il n’est pas rare que l’on mange entourés de 4 ou 5 personnes qui épient tous nos faits et gestes sans même un Bonjour, ou encore qu’ils passent la tête par la porte de la tente pour voir ce qui se passe là-dedans !

 

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« King of mountain », à l’aise devant notre feu!

 

 

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Les enfants Tibétains ne se lavent jamais le visage (le reste, on en sait rien!)

 

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A 6 sur une moto, normal!

 

Avant Litang, on nous avait plutôt habitué au « Tachidélé! » (Bonjour Tibétain) et aux grands signes de la main à tout va, bien plus agréables. Nous aurons quand même la chance de goûter encore une fois à l’hospitalité humaine avec au moins 2 litres de thé chacun, et 1 kg de biscuits qui s’apparentent à des merveilles, offerts par une dame, ou la simple expression de son visage en dit long.

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Rencontre saisissante

 

Avant d’entamer la longue descente vers Yushu (situé à 3 200 mètres), nous observons d’innombrables temples, certains semblent neufs et donnent l’impression de se retrouver à Disneyland. Nous apprendrons plus tard qu’ils ont été détruits dans les années 1960 pour être reconstruits aujourd’hui par Xi Jinping (président Chinois actuel) pour en faire uniquement des musées vidés de tous leurs moines et toute leur âme.

Nous croiserons quand-même des pèlerins en route pour Lhassa (capitale du Tibet Autonome, située à plus de 2 000km de là) avec pour simple habit un grand tablier de caoutchouc qui les protège de la route sur laquelle ils s’allongent et vénèrent le Dalaï Lama à chaque pas. Ces personnes dénuées de tout bien matériel n’acceptent même pas la nourriture que nous leur offrons. Nous sommes une fois de plus épatés par la force mentale que peut développer l’être humain, s’il s’en donne les moyens.

Le dilemme

Yushu-Qinghai. Il nous reste 8 jours sur notre visa et plus de 3 000km nous séparent de la frontière Kazakh. Nous optons pour 15 heures de bus pour Xining et ensuite une trentaine d’heures de train pour Urumqui d’où il nous restera 550km à pédaler en seulement 4 jours.

La Chine, toujours aussi imprévisible ne nous aura encore une fois pas épargné…

15 heures de bus-couchette, nous commençons par visiter la soute. Théolou rentre debout, nous sommes rassurés, de plus que dans le coffre… fort, on y trouve cardant, filtre à huile, chambre à air pré-gonflée, clé de 12, clé de 18, avec ça on est sûrs d’arriver à Xining, mais on ne sait pas quand !

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Un peu étroit, non?

 

Mauvaise langue, nous arrivons en temps et en heure, nous nous faisons jeter sur un parking, waouh, nous avons descendu 2 000 mètres et le retour à la civilisation est brutal ! Pas le temps de s’attarder, il nous reste 7 jours… On file à la gare de train, impossible de nous certifier la date exacte, mais entre 3 et 10 jours, c’est sûr, on récupère le tandem à Urumqui ! Ni une ni deux, on file à l’aéroport, gare routière, transporteur privé, pas de solution, ce sera le train. On laisse Théolou partir seul dans un train de marchandises, en espérant le récupérer dans 3 jours (oui, on est optimistes !) et nous partons récupérer quelques heures de sommeil. Pas moins de 4 hôtels nous ouvrent grand leurs portes mais nous mettent dehors 1 heure après car ils ne savent toujours pas qu’ils n’ont pas le droit d’accueillir des étrangers… Un majordome portera finalement nos sacoches pleines de boue sur son chariot doré dans un hôtel 5 étoiles. Nous dormons dans un lit une place, on enlève TV et petit-déj. On perd 4 étoiles mais on gagne 10€ !

Course contre la montre

2 jours plus tard, nous nous retrouvons à Urumqui après une nuit dans le train, appuyés sur l’épaule d’un Chinois qui mange des Pipas tout le trajet. Surprise, Théolou, notre tandem est déjà là, on ne perd pas de temps pour les derniers 550km à parcourir en 4 jours. On opte pour l’autoroute déserte. C’est plat et rapide, Bastien retrouve une vraie position de triathlète et Alexine apprend à ne pas parler pendant les longues heures de vélo consécutives. En levant la tête, on aperçoit d’immenses champs de coton, mais aussi des troupeaux de… chameaux ! Ben qu’est-ce qu’ils font là ceux-là ? On s’attendait à eux, mais pas déjà quand même !

 

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Alexine, malade et épuisée le jour de ses 28 ans

 

Nous filons à une allure correcte, les seuls ralentisseurs que nous trouvons sont… la police. Pas de problème pour rouler sur l’autoroute ici, non, ils veulent juste veiller à notre sécurité ! Contrôle passeport SVP ! Et comme le chef n’est jamais là, il faut l’attendre ou aller le chercher…

« Bon les gars, on est un peu pressés, et on commence vraiment à perdre patience là! »

Amende ou prison ?

En 4 jours, Jour J pour la fin de notre visa, nous arrivons quand même à Alashankou, frontière avec le Kazakhstan. Mauvaise nouvelle, la frontière est fermée. Police, militaire, douanier, tout le monde est là, mais impossible d’avoir des infos précises. On est en galère et eux débarquent de plus en plus nombreux, et appareils photos de plus en plus gros, alors qu’ils nous interdisent de sortir notre téléphone. « Oh les gars, c’est juste pour utiliser Google Traductions car vous ne parlez pas un mot d’Anglais! ». Il y a un autre poste-frontière à 300km de là, qui soi-disant, peut-être, on sait jamais, serait ouvert. Il est 14h et nous devons être sortis avant Minuit… Bus, stop, taxi, nous voilà à 20 heures ,300km plus loin, en train de chercher cette foutue porte de sortie, la ville étant bien évidemment en travaux. Nous demandons à un agent de sécurité, non, jamais entendu parler d’une frontière ici. On lève les yeux, cet immense bâtiment ressemble bien à la frontière quand-même ! On serait bien revenus lui expliquer ce qu’il surveille, mais là, on n’a pas le temps, désolés !

Il est 21h, la frontière est fermée, depuis 2 jours et pendant encore 3 jours, comme toutes les frontières du Kazakhstan… A 150€ la journée de retard, ça va nous coûter cher cette histoire qui n’est d’ailleurs pas la nôtre. Nous ameutons toutes les personnes que nous croisons pour essayer de trouver une solution, pas le choix, nous devrons attendre, mais personne ne peut nous certifier que, bien que ça ne soit pas notre faute, nous ne paierons pas d’amende…

Nous patientons tant bien que mal pendant ces 3 jours, à paniquer en découvrant sur Internet qu’on pourrait risquer quelques jours de détention… Nous occupons nos journées à manger du pain et dormir. Nous n’avons pas mangé de vrai pain depuis L’Argentine et l’impression de ne pas avoir dormi depuis la Bolivie.

 

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Le pain plat que nous retrouvons depuis Urumqui

 

J+3, 8 heures, nous sommes devant l’entrée. Après 2 heures d’attente, la porte s’ouvre enfin. Après 4 jours de fermeture, l’administration Chinoise s’accorde encore l’équivalent de notre ¼ d’heure Charentais, mais à la taille de la Chine. On re-scanne une énième et dernière fois nos bagages. On arrive devant la douanière, la boule au ventre. Elle examine longuement nos passeports, tique un peu, va consulter son chef, et revient nous dire que nous n’avons pas à payer l’amende car c’est la première fois que nous faisons une faute.

En revanche, nous avions quand même mérité une punition. Ecrire 100 fois en Chinois « Je ne dépasserai plus jamais le délai de mon visa Chinois… ».

Blague à part, quoique si on nous avait vraiment donné cette punition, on n’aurait pas été plus étonnés que ça ! Nous avons seulement dû patienter, 5 heures tout de même, le temps que les douaniers rédigent un avertissement, le traduisent en Cyrillique, ah non, ils ne parlent ni Russe ni Kazakh, alors on le retraduit en Anglais. Fouille, passage dans une pièce cernée de caméras, et on signera finalement notre avertissement chacun de notre côté…

On ajoutera juste que pour une fois, les douaniers étaient sympas, heureusement, et fait marquant, ils ont juste retenu de l’élection de Macron que « sa femme avait 26 ans de plus que lui, est-ce que vous acceptez ce genre de choses en France ? ». Et dans la foulée, nous apprendrons aussi que toutes les personnes officielles (police, armée, sécurité…) ont interdiction de passer les frontières. Ces gens n’auront donc jamais le plaisir de découvrir un autre pays que le leur…

Côté Kazakh, passeport tamponné en 5 minutes, les douaniers plaisantent avec nous et nous apprennent nos premiers mots de Russe. Le changement est radical, il y a comme un air d’Europe de ce côté-là…

En tous cas, ces 2 mois en Chine nous ont appris à oublier tous nos aprioris, tout ce que l’on a appris depuis qu’on est tout petit, on repart de zéro. La Chine est très intense, mais il faut quand même s’y préparer, et être prêt à changer ses préjugés.  On ne sait toujours pas quelle image mettre sur la Chine, mais en tous cas, une chose est sûre, c’est un pays fantastique qui ne demande qu’à être découvert, redécouvert, mais jamais nous ne pourrions y vivre!

Plus de photos de la Chine ici

Et si avez envie de voir des drapeaux Tibétains voler au vent, du vélo, de la neige et autres paysages de Chine, ne manquez pas notre dernière vidéo tout juste réalisée!

 

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Temple Bouddhiste enneigé