La Chine à vélo, Partie 2: Plateau Tibétain, Police Chinoise, et panique à la frontière…

SHANGRI-LA (CHINE)- KORGOS (KAZAKHSTAN): Du 11/04/17 au 10/05/17

Ça fait un bon moment que nous ne vous avons pas donné de nouvelles, mais entre censure d’Internet, journées à plus de 8 heures de vélo et 2 mois pour parcourir 6 000km, on ne pouvait pas faire mieux… On vous raconte!

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Premier col d’Asie à 4 200 mètres

Tibet ou Plateau Tibétain ?

Si vous vous demandez comment nous avons eu accès à la culture Tibétaine et comment nous avons pu parcourir cet immense plateau, complètement libres sur notre tandem, la réponse se trouve dans une simple leçon d’histoire-géo. Aller, on se lance ! Le vaste territoire du Tibet a été envahi dans les années 1950 par la Chine de Mao Zedong, pour soi-disant libérer les Tibétains de l’emprise du Dalaï-Lama. A coups de propagande, la Chine diffuse une image noire du Tibet depuis plus de 70 ans, dans ses rues, écoles, entreprises… Mais la vraie raison se cache sûrement ailleurs. Des ressources naturelles inestimables se trouvent sur ce vaste plateau à plus de 4 000 mètres d’altitude, habités de nomades. Minerais et surtout l’eau qui s’écoule de l’Himalaya, en contrôlant la quasi-totalité des rivières qui alimentent la Chine, l’Asie du Sud-Est mais aussi l’Inde et le Pakistan. Le gouvernement Chinois protège des projets pharaoniques (barrages hydro-électriques, construction de canaux…) servant à alimenter une Chine complètement ravagée par la démesure de la croissance.

Notre Plateau Tibétain dans tout ça a été séparé en 2 (pour faire simple) en 1950. Une région, le Tibet Autonome (ou « Tibet prisonnier ») et le Tibet culturel qui s’étend bien au-delà des frontières administratives. Yunnan, Sichuan, Qinghai et Xinjiang ont eu aussi le droit à leur part de Plateau! Ce sont donc par ces régions que nous avons parcouru plus de 2 000km et eu accès à une culture Tibétaine réprimée par une police oppressante. Le Tibet Autonome étant toujours, en 2017, quasi-complètement fermé aux étrangers (permis, guide, itinéraire balisé, contrôles de police…).

Si vous n’avez toujours pas saisi la différence, voici une carte qui pourront vous aider. D’ailleurs, nous, on a toujours pas compris pourquoi on l’appelle Plateau Tibétain, car on peut vous assurer que c’est loin d’être plat!

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En jaune, la partie de Plateau Tibétain historique à 4 000 mètres. On distingue le Tibet Autonome du reste du Plateau

Les différentes facettes du Tibet

Nous repartons de Shangri-la avec 1 mois de visa supplémentaire, 50€ de moins (pour nous 2) et pas moins de 5 aller-retour entre les différents postes de police de la ville (on commence déjà à apprécier la simplicité de l’administration Chinoise et l’amabilité policière…).

Les premiers kilomètres s’annoncent plutôt bien, nous rencontrons un couple d’Autrichiens à vélo eux aussi. Nous pédalons dans un décor qui s’apparente à nos Alpes mais avec des cols deux fois plus longs, deux fois plus hauts. On fait une pause à 4 700 mètres. Regula et Johannes sont toujours là, impossible de les semer, on tente une ultime attaque… Bon OK, on reste groupés pendant 1 semaine et on en profite pour se prendre en photo à chaque passage au-dessus de 4 000 mètres. On bivouaque ensemble, nous leur expliquons que faire du feu quand il fait déjà -5°C à 18h ce n’est pas négligeable. Eux en échange nous dépannent sauvent d’un pneu lors d’une journée de piste difficile ou nous y laisserons tout de même 2 pneus dont un neuf, une chambre à air, 6 rustines et beaucoup d’énergie.

Bref, une semaine intense et enrichissante. Pour apprendre l’Allemand et découvrir leurs bouilles, voici leur blog.

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Regula, Johannes et Bastien

 

 

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Bivouac à 4

 

Pendant ces quelques jours, Bastien a pu travailler son Anglais et découvrir une culture Tibétaine encore intacte. Les villages sont faits de grandes maisons carrées avec toit plat. Les murs de terre sont plus épais à la base qu’au 2ème étage, et le toit, lui, est uniquement fait d’argile très tassé, ce qui le rend étanche. Les fenêtres trapézoïdales sont abusivement sculptées, ce qui ne laisse qu’une maigre place pour y loger une vitre et y faire pénétrer de la lumière.

L’étage inférieur est le grenier et le toit sert à faire sécher quelques cultures qui rendent les habitants autonomes. L’étage supérieur est la partie habitation, très simpliste, dénué de tout ameublement. Au fur et à mesure des kilomètres et des cols, nous avons pu voir quelques modifications, qui égayent nos discussions :

« T’as vu là, les fenêtres sont rouges, et ici il y a du bois sur la partie supérieure! »

 « Regarde, les toilettes sont accrochées sur la façade à 5 mètres de haut, type château-fort! »

 

 

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Maison typique Tibétaine

 

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On n’a pas pu s’empêcher, encore des drapeaux!

 

Répression Chinoise

Malheureusement, cette culture Tibétaine s’estompe au fur et à mesure que les jours passent. Après Litang, nous retrouvons les parpaings et le ciment, ainsi que l’oppressante police Chinoise. Nous nous faisons contrôler en moyenne 2 à 3 fois par jour. Certains contrôles durent 5 minutes, quand d’autres durent plus de 2 heures et ameutent toute la police de la ville. Le soir, nous leur indiquons de fausses adresses d’hôtels et filons à la sauvette pour se cacher au mieux et repartir tôt le lendemain.

Un soir, alors qu’une patrouille nous suit depuis déjà 10 km sans nous avoir adressé un mot, on stop net, « No money, no hôtel », on ne leur laisse pas le choix que de dormir dans leurs locaux.

Et ça se complique quand on veut acheter de l’essence pour cuisiner. L’essence est réservée aux Chinois, par pour les étrangers et surtout pas pour les Tibétains qui doivent remplir des papiers avec leur identité, et justifier pour chaque litre d’essence son utilité, qui ne doit surtout pas être liée à un loisir, qui d’ailleurs est inexistant ici. La cohabitation entre Tibétains et Chinois semble complexe, nous ne nous sentons pas forcément à notre place ici.

Avant d’arriver à Yushu, nous essuierons plusieurs épisodes neigeux, et resterons même bloqués une journée entière sous la tente, à observer les troupeaux de yaks que la neige et le vent ne semblent pas déranger. Cette partie de Plateau est grandiose, nous ne redescendons plus en dessous de 4 200 mètres d’altitude, impossible d’allumer un feu, plus rien de brûle ici, le paysage est lunaire, même l’herbe ne pousse plus.

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Réveil givré

 

Mais même dans ces endroits inhospitaliers, nous arrivons à rencontrer des gens. C’est d’ailleurs plus eux qui nous rencontrent! Les Tibétains ici sont plutôt du genre curieux et pas trop bavards. Il n’est pas rare que l’on mange entourés de 4 ou 5 personnes qui épient tous nos faits et gestes sans même un Bonjour, ou encore qu’ils passent la tête par la porte de la tente pour voir ce qui se passe là-dedans !

 

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« King of mountain », à l’aise devant notre feu!

 

 

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Les enfants Tibétains ne se lavent jamais le visage (le reste, on en sait rien!)

 

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A 6 sur une moto, normal!

 

Avant Litang, on nous avait plutôt habitué au « Tachidélé! » (Bonjour Tibétain) et aux grands signes de la main à tout va, bien plus agréables. Nous aurons quand même la chance de goûter encore une fois à l’hospitalité humaine avec au moins 2 litres de thé chacun, et 1 kg de biscuits qui s’apparentent à des merveilles, offerts par une dame, ou la simple expression de son visage en dit long.

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Rencontre saisissante

 

Avant d’entamer la longue descente vers Yushu (situé à 3 200 mètres), nous observons d’innombrables temples, certains semblent neufs et donnent l’impression de se retrouver à Disneyland. Nous apprendrons plus tard qu’ils ont été détruits dans les années 1960 pour être reconstruits aujourd’hui par Xi Jinping (président Chinois actuel) pour en faire uniquement des musées vidés de tous leurs moines et toute leur âme.

Nous croiserons quand-même des pèlerins en route pour Lhassa (capitale du Tibet Autonome, située à plus de 2 000km de là) avec pour simple habit un grand tablier de caoutchouc qui les protège de la route sur laquelle ils s’allongent et vénèrent le Dalaï Lama à chaque pas. Ces personnes dénuées de tout bien matériel n’acceptent même pas la nourriture que nous leur offrons. Nous sommes une fois de plus épatés par la force mentale que peut développer l’être humain, s’il s’en donne les moyens.

Le dilemme

Yushu-Qinghai. Il nous reste 8 jours sur notre visa et plus de 3 000km nous séparent de la frontière Kazakh. Nous optons pour 15 heures de bus pour Xining et ensuite une trentaine d’heures de train pour Urumqui d’où il nous restera 550km à pédaler en seulement 4 jours.

La Chine, toujours aussi imprévisible ne nous aura encore une fois pas épargné…

15 heures de bus-couchette, nous commençons par visiter la soute. Théolou rentre debout, nous sommes rassurés, de plus que dans le coffre… fort, on y trouve cardant, filtre à huile, chambre à air pré-gonflée, clé de 12, clé de 18, avec ça on est sûrs d’arriver à Xining, mais on ne sait pas quand !

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Un peu étroit, non?

 

Mauvaise langue, nous arrivons en temps et en heure, nous nous faisons jeter sur un parking, waouh, nous avons descendu 2 000 mètres et le retour à la civilisation est brutal ! Pas le temps de s’attarder, il nous reste 7 jours… On file à la gare de train, impossible de nous certifier la date exacte, mais entre 3 et 10 jours, c’est sûr, on récupère le tandem à Urumqui ! Ni une ni deux, on file à l’aéroport, gare routière, transporteur privé, pas de solution, ce sera le train. On laisse Théolou partir seul dans un train de marchandises, en espérant le récupérer dans 3 jours (oui, on est optimistes !) et nous partons récupérer quelques heures de sommeil. Pas moins de 4 hôtels nous ouvrent grand leurs portes mais nous mettent dehors 1 heure après car ils ne savent toujours pas qu’ils n’ont pas le droit d’accueillir des étrangers… Un majordome portera finalement nos sacoches pleines de boue sur son chariot doré dans un hôtel 5 étoiles. Nous dormons dans un lit une place, on enlève TV et petit-déj. On perd 4 étoiles mais on gagne 10€ !

Course contre la montre

2 jours plus tard, nous nous retrouvons à Urumqui après une nuit dans le train, appuyés sur l’épaule d’un Chinois qui mange des Pipas tout le trajet. Surprise, Théolou, notre tandem est déjà là, on ne perd pas de temps pour les derniers 550km à parcourir en 4 jours. On opte pour l’autoroute déserte. C’est plat et rapide, Bastien retrouve une vraie position de triathlète et Alexine apprend à ne pas parler pendant les longues heures de vélo consécutives. En levant la tête, on aperçoit d’immenses champs de coton, mais aussi des troupeaux de… chameaux ! Ben qu’est-ce qu’ils font là ceux-là ? On s’attendait à eux, mais pas déjà quand même !

 

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Alexine, malade et épuisée le jour de ses 28 ans

 

Nous filons à une allure correcte, les seuls ralentisseurs que nous trouvons sont… la police. Pas de problème pour rouler sur l’autoroute ici, non, ils veulent juste veiller à notre sécurité ! Contrôle passeport SVP ! Et comme le chef n’est jamais là, il faut l’attendre ou aller le chercher…

« Bon les gars, on est un peu pressés, et on commence vraiment à perdre patience là! »

Amende ou prison ?

En 4 jours, Jour J pour la fin de notre visa, nous arrivons quand même à Alashankou, frontière avec le Kazakhstan. Mauvaise nouvelle, la frontière est fermée. Police, militaire, douanier, tout le monde est là, mais impossible d’avoir des infos précises. On est en galère et eux débarquent de plus en plus nombreux, et appareils photos de plus en plus gros, alors qu’ils nous interdisent de sortir notre téléphone. « Oh les gars, c’est juste pour utiliser Google Traductions car vous ne parlez pas un mot d’Anglais! ». Il y a un autre poste-frontière à 300km de là, qui soi-disant, peut-être, on sait jamais, serait ouvert. Il est 14h et nous devons être sortis avant Minuit… Bus, stop, taxi, nous voilà à 20 heures ,300km plus loin, en train de chercher cette foutue porte de sortie, la ville étant bien évidemment en travaux. Nous demandons à un agent de sécurité, non, jamais entendu parler d’une frontière ici. On lève les yeux, cet immense bâtiment ressemble bien à la frontière quand-même ! On serait bien revenus lui expliquer ce qu’il surveille, mais là, on n’a pas le temps, désolés !

Il est 21h, la frontière est fermée, depuis 2 jours et pendant encore 3 jours, comme toutes les frontières du Kazakhstan… A 150€ la journée de retard, ça va nous coûter cher cette histoire qui n’est d’ailleurs pas la nôtre. Nous ameutons toutes les personnes que nous croisons pour essayer de trouver une solution, pas le choix, nous devrons attendre, mais personne ne peut nous certifier que, bien que ça ne soit pas notre faute, nous ne paierons pas d’amende…

Nous patientons tant bien que mal pendant ces 3 jours, à paniquer en découvrant sur Internet qu’on pourrait risquer quelques jours de détention… Nous occupons nos journées à manger du pain et dormir. Nous n’avons pas mangé de vrai pain depuis L’Argentine et l’impression de ne pas avoir dormi depuis la Bolivie.

 

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Le pain plat que nous retrouvons depuis Urumqui

 

J+3, 8 heures, nous sommes devant l’entrée. Après 2 heures d’attente, la porte s’ouvre enfin. Après 4 jours de fermeture, l’administration Chinoise s’accorde encore l’équivalent de notre ¼ d’heure Charentais, mais à la taille de la Chine. On re-scanne une énième et dernière fois nos bagages. On arrive devant la douanière, la boule au ventre. Elle examine longuement nos passeports, tique un peu, va consulter son chef, et revient nous dire que nous n’avons pas à payer l’amende car c’est la première fois que nous faisons une faute.

En revanche, nous avions quand même mérité une punition. Ecrire 100 fois en Chinois « Je ne dépasserai plus jamais le délai de mon visa Chinois… ».

Blague à part, quoique si on nous avait vraiment donné cette punition, on n’aurait pas été plus étonnés que ça ! Nous avons seulement dû patienter, 5 heures tout de même, le temps que les douaniers rédigent un avertissement, le traduisent en Cyrillique, ah non, ils ne parlent ni Russe ni Kazakh, alors on le retraduit en Anglais. Fouille, passage dans une pièce cernée de caméras, et on signera finalement notre avertissement chacun de notre côté…

On ajoutera juste que pour une fois, les douaniers étaient sympas, heureusement, et fait marquant, ils ont juste retenu de l’élection de Macron que « sa femme avait 26 ans de plus que lui, est-ce que vous acceptez ce genre de choses en France ? ». Et dans la foulée, nous apprendrons aussi que toutes les personnes officielles (police, armée, sécurité…) ont interdiction de passer les frontières. Ces gens n’auront donc jamais le plaisir de découvrir un autre pays que le leur…

Côté Kazakh, passeport tamponné en 5 minutes, les douaniers plaisantent avec nous et nous apprennent nos premiers mots de Russe. Le changement est radical, il y a comme un air d’Europe de ce côté-là…

En tous cas, ces 2 mois en Chine nous ont appris à oublier tous nos aprioris, tout ce que l’on a appris depuis qu’on est tout petit, on repart de zéro. La Chine est très intense, mais il faut quand même s’y préparer, et être prêt à changer ses préjugés.  On ne sait toujours pas quelle image mettre sur la Chine, mais en tous cas, une chose est sûre, c’est un pays fantastique qui ne demande qu’à être découvert, redécouvert, mais jamais nous ne pourrions y vivre!

Plus de photos de la Chine ici

Et si avez envie de voir des drapeaux Tibétains voler au vent, du vélo, de la neige et autres paysages de Chine, ne manquez pas notre dernière vidéo tout juste réalisée!

 

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Temple Bouddhiste enneigé

 

La Chine à vélo: Etonnamment curieux, aussi surprenant que déroutant

BOTEN-SHANGRI-LA: Du 09/03/17 au 09/04/17

Du ciment et du parpaing

La Chine, on en a tous entendu parler, on a même l’impression de la côtoyer tous les jours, mais c’est un pays qui reste totalement mystérieux, impossible de s’en faire une image précise. Pour nous, le premier aperçu est un vaste chantier, un balai incessant de tracteurs, pelleteuses, camions, qui travaillent 24h/24 pour construire un poste-frontière et surtout envahir la partie Nord-Laos par toutes ses infrastructures. D’ailleurs, le Nord du Laos aurait été monnayé pour satisfaire la folie des grandeurs Chinoise. Niveau poussière et bruit, la suite de notre périple Chinois ne nous aura pas déçu. Le pays est continuellement et entièrement en travaux. On y construit tout à base de ciment et de parpaings, les maisons sont toutes les mêmes, en ville, en campagne, en montagne. De simples blocs de bétons de 3 étages, sans fenêtre ni peinture, et on y vit à même le sol avec le sourire… obligatoire… Des autoroutes, des ponts de 20 mètres de haut, des rues, des 8 voies dans les villages, tout est en construction, mais la plupart sont déjà en décomposition, avant même d’avoir vu le jour.

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Des dizaines d’immeubles en construction, qui ne seront jamais finis

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Nous avons attaqué la Chine par 100 km d’autoroute démente dont au moins 95km en travaux. Nous aurons traversé une quinzaine de tunnels dont certains de plus de 5 km, dans le noir complet, où les camions qui doublent à grands coups de klaxon lèvent une poussière si dense que toute frontale est inefficace. Autant vous dire que quand on ressort de ces souterrains, nos visages apeurés sont marqués à l’image des mineurs de charbon…

Un paysage façonné à la main de l’homme

Nous avons rapidement bifurqué sur une route inexistante à notre carte, pour découvrir la région du Yunnan. On s’attendait à des campagnes désertes, à l’inverse, nous y avons trouvé une vraie fourmilière. Tout le monde s’active, on a beau être en montagne, celle-ci est complètement exploitée à la main. Dans le fond des vallées, des milliers de bananiers, et en hauteur, des cultures en terrasses remplies de thé et de différents légumes, de quoi être autonome une bonne partie de l’année. Les terrasses les plus majestueuses sont sans doute celles du Jiantshu. Des rizières (classées au patrimoine mondial de l’UNESCO) reliées par des ingénieux systèmes de canaux d’irrigation ont été mises en place sur des flancs entiers de montagnes s’élevant à plus de 2500 mètres d’altitude. La folie Chinoise est à un tel point qu’ils n’y ont même pas laissé un seul accès à pied. Le seul moyen de planter, récolter, entretenir ces rizières : une simple fourche, des mains et un dos en béton, à l’instar de leurs constructions!

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Culture du thé

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Rizières en terrasse s’élevant sur des centaines de mètres de hauteur

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Village

Ces paysages sont impressionnants, nous passons chaque jour des bananiers aux cultures de riz, en passant par le thé, le chou (chinois !), les fèves, de quoi re-remplir les sacoches à chaque étage ! Le seul problème avec les bananiers, c’est sans doute les sacs plastiques et polystyrène, glissés sur les régimes (pour plus de rendement), qui génèrent des tonnes de plastique que l’on retrouve à plus de 2000km de là… Nous sommes chaque jour étonnés par la saleté du pays, mais surtout par la non-éducation des  Chinois en matière de déchets. Il est coutume de balayer toute la journée, et de prendre ses 5 minutes de pause journalière et d’en profiter pour laisser les restes de son repas, cannettes, sac plastique et sachet de noodles sur le trottoir. Le comportement des Chinois, aussi bien du gouvernement que de ses habitants nous inquiète réellement quant à l’avenir de notre planète. Le problème écologique n’est que très peu abordé en France mais il est complètement passé sous silence dans un pays qui gère des ressources naturelles incroyables dont l’entière disponibilité des réserves d’eau de toute l’Asie.

Nous continuerons notre route vers le Nord, le temps d’un saut à Kunming, ville de petite taille pour la Chine mais qui est trois fois plus grande que Paris intra-muros. Nous y dégoterons un seul pneu pour Théolou, toute la production a sans doute dû être envoyée en Europe… Pendant que Bastien tente une énième fois sa chance pour trouver un plateau 4 branches en 44D, Alexine court se mettre du rouge à lèvres dans un magasin de beauté, petit plaisir qu’elle s’accordera pour la première fois en 2 ans. Peut-être était-ce aussi une façon de fêter nos 30 000km…

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Les 30 000!!

Les contreforts de l’Himalaya

Nous quittons rapidement cette mégalopole pour nous diriger vers les contreforts de l’Himalaya. Nous retrouvons enfin l’énergie envoutante des montagnes, celles que l’on aime, qui nous font rêver, mais qui nous rendent aussi la vie dure. Comme à notre habitude, nous partons sur de petites routes, qui se transforment bien évidemment en pistes. A chaque vallée des villages différents, à chaque passage de cols, les architectures des maisons changent. Les Chinois, bien que toujours aussi inattendus s’ouvrent plus à nous, quoique c’est sûrement notre comportement qui se façonne aux courbes des montagnes. Etrangement, nous nous sommes toujours sentis bien mieux dans des endroits où la température ne dépasse pas les 5°C en pleine journée, et où le vent nous tinte le visage…

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Li Xian Mei nous a accueilli à bras ouverts

Nous nous ferons accueillir 2 soirs de suite, nous partagerons repas à base de gras et de riz autour d’un poêle dans une simple pièce , et nous y reverrons toute notre éducation : on se racle bien fort la gorge avant de manger et on crache par terre autour du poêle pour montrer qu’on est contents d’être là, on y jette les os de poulet et les pipas par terre. On va tous aux toilettes dans la cour, main dans la main, la douche, on oublie, il fait déjà 0°C dehors, et la seule eau chaude qu’il y a ici, c’est celle que l’on fait bouillir pour boire. Les photos sont de rigueur, mais pas celles de groupe, on nous mitraille de centaines de photos toute la soirée, sans rien nous demander bien sûr. Enfin, le moment de repos arrive, on se couche mais dans des chambres séparées, encore une question de culture !

C’est de cette façon-là que nous reprenons des forces pour atteindre nos premiers cols d’Asie à plus de 4000 mètres. 3 jours de montée dont 2 sous la pluie, le froid, là où l’altitude n’arrange rien. Cependant les premiers moulins à prières et les drapeaux Tibétains colorent les sommets à plus de 6000 mètres ainsi que nos plus beaux rêves, nous sommes bel et bien en train de pédaler sur le plateau Tibétain…

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Drapeaux de prières

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Pagodes Blanches représentant chacune un évènement de la vie de Bouddha

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Pause déjeuner dans un abribus

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Bastien et Théolou, tellement heureux de retrouver la montagne

Mais comme la liberté a toujours un prix, retour dans une ville, Shangri-la, pour un peu d’administratif, 8 longs jours d’attente pour obtenir une extension de notre visa d’un mois supplémentaire en Chine…

Plus de photos de la Chine ici

Nouvelle greffe, Nouveau départ

Cela fait maintenant 2 ans que je suis inscrit sur liste d’attente pour une nouvelle greffe. Déjà un an et demi de dialyse chaque nuit. Le moral est morose, la greffe je n’y crois plus vraiment. Depuis déjà plusieurs mois j’ai perdu espoir. Voilà à peu près mes pensées lorsque je me couche ce mercredi 1er février 2017 vers 9h30 après m’être une fois de plus branché à la machine de dialyse.

Il est 23h30, je dors profondément quand tout à coup mon téléphone sonne. Je sursaute, coup d’œil sur l’écran où il est écrit Bordeaux. Avant même de décrocher je sais de quoi il s’agit. Je décroche, une infirmière au bout du fil me confirme qu’il s’agit de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux et me demande comment je vais. Encore à moitié endormi, je sais qu’il faut répondre que tout va bien. Après de rapides explications elle me dit qu’il y a un greffon pour moi. Je suis prêt à partir de suite mais l’infirmière me demande de me présenter à 7h le lendemain matin puis raccroche. Rapide debriefing avec Jeanne qui s’est réveillée. Nous sommes prêts. Le scénario, nous nous le sommes fait des dizaines de fois, il est simple: confier Louise à mes parents et partir. Appel à mes parents pour expliquer et rassurer. Evidemment, ils sont prêts comme ils l’ont toujours été. Nous convenons d’un point de rendez-vous pour 5h30, le réveil est fixé pour 4h du matin.
Le réveil sonne, nous avons eu du mal à retrouver le sommeil. Nous mettons quelques vêtements dans un sac et réveillons notre fille. Nous expliquons à Louise ce qu’il se passe, ce que nous allons faire. Du haut de ses 3 ans et demi elle comprend car nous lui avons toujours tout expliqué. Elle répond simplement: « Après il n’y aura plus de machine et tu pourras aller te baigner avec moi ». Effectivement elle a tout compris. Nous confions notre fille à mes parents sur un parking de péage d’autoroute en pleine nuit. Très forte émotion car nous savons tous que les prochaines heures seront décisives. Nous avons déjà vécu ça tous ensemble lors de ma première greffe en 2010.

Nous arrivons à l’hôpital et sommes rapidement pris en charge. Un bilan sanguin est fait, une vingtaine de tubes, impressionnant! Le médecin vient nous trouver et expliquer qu’il y a plein de vérifications à faire. Ils font venir un prélèvement de sang du donneur pour 13h et après un test de 6h, nous saurons si nous avons le feu vert. Nous aurons la réponse à 19h. Nous sommes un peu sonnés car nous pensions que tout était OK mais nous gardons confiance. Commence alors le défilé des heures, des minutes, avec ses doutes « et si ça n’était pas bon »… Mais plus le temps passe et plus nous avons envie d’y croire, il ne serait pas concevable de rentrer bredouille maintenant. 19h précise. Le médecin rentre dans la chambre et lève le doute une bonne fois pour toutes. Tout est Ok, l’opération est programmée pour 23h. Larmes de joie, nous sommes rassurés. Nous devons encore attendre quelques heures mais l’angoisse a disparue. Je ne suis pas stressé, l’opération je connais. Jeanne est obligée de quitter la chambre vers 21h, quand nous nous retrouverons dans quelques jours notre vie aura changé. Je discute avec mon voisin de chambre qui a tout suivi depuis le matin. Il m’avoue qu’il a prié pour moi et qu’il savait que ça serait bon, je le remercie. 23h, le brancardier m’emmène en salle d’opération. On dirait une fourmilière, tout le monde s’active! Une femme me parle, me rassure, puis, avec le masque à oxygène sur le visage, j’ai une dernière pensée pour ma petite fille chérie et je m’endors confiant vers ma nouvelle vie. 24 heures se seront écoulées pleines de stress et d’émotion depuis ce fameux coup de fil tant attendu.

L’opération dure environ 3h, j’ai assez peu de souvenirs du réveil. Je suis mis en chambre stérile, j’y resterai 6 jours. Une chambre stérile n’est pas vraiment faite pour se reposer, une partie est vitrée et la lumière toujours allumée. Le défilé du personnel soignant et omniprésent, soins, prise de sang, toilette, légère collation. La première journée j’ai assez mal, mais rapidement grâce aux médicaments les douleurs s’apaisent. La seule chose qui m’intéresse, c’est de savoir le résultat du bilan sanguin quotidien et surtout la créatinine. La norme est entre 60 et 90. Avant la greffe j’étais à plus de 1000! Chaque jour ce chiffre se divisé par 2 pour atteindre 70. Mon moral augmente proportionnellement à la créatinine qui chute. Ma femme et mes parents me rendent visite, les enfants ne sont pas autorisés. Grâce à Skype je peux même discuter avec Bastien et Alexine qui vivent tout cela à distance avec beaucoup d’émotion. Même loin je les sent très présents. Tout le monde est très heureux pour moi. Huitième jour d’hospitalisation, je suis autorisé à partir mais on me surveille toujours car je devrais revenir une fois par semaine pendant 3 mois pour différents contrôles. Ensuite, si tout va bien les visites s’espaceront.

Cela fait maintenant un mois et demi que je vis avec mon nouveau rein. Il fonctionne parfaitement bien et je reprends des forces progressivement. Je n’ai plus de régime alimentaire ni de restriction hydrique, la seule contrainte est la prise de médicaments anti-rejet à vie et à heure fixe. Evidemment, les nuits de dialyse sont totalement terminées. Cette nouvelle vie pour moi est aussi bénéfique à l’ensemble de notre petite famille. De nombreux projets germent dans nos têtes, nous planifions de nombreuses sorties pour dans quelques mois, notamment partir en vacances à vélo cet été. Aussi, j’en ai rêvé depuis qu’ils sont partis en avril 2015, je compte bien aller retrouver Bastien et Alexine d’ici quelques temps…

Je n’ai pas parlé de mon donneur simplement parce que je n’ai aucune information, c’est strictement confidentiel. Je me laisse imaginer qu’il s’agissait d’une personne de mon âge. Sûrement quelqu’un (e) de généreux pour avoir fait le choix de son vivant de donner ses organes, que cette personne repose en paix, je ne l’oublierai pas.

Je suis conscient de la chance que j’ai eu d’avoir ce nouveau rein. Je dois en prendre soin pour qu’il m’accompagne le plus longtemps possible. Mais je n’oublie pas toutes les personnes encore en attente d’une greffe. Continuons à soutenir Trans-forme et Tand’un Rêve! Parlons du don d’organe autour de nous, à nos proches, nos amis pour qu’ils sachent le moment venu quel est notre avis sur le sujet.

Pour finir, merci pour vos marques de soutien pendant mes moments difficiles, nous avons tous nos différents combats pour nos différentes vies, vos messages me vont droit au cœur.

PS: N’hésitez pas à admirer le nouveau T-shirt Tand’un Rêve!

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Bientôt sur les routes!

Le Laos à vélo: Enfin de la montagne!

VIENTIANE-BOTEN: Du 12/02/17 au 08/03/17

Une semaine à Vientiane

Nous entrons au Laos à moins de 20 km de sa capitale, Vientiane. Autant vous dire qu’il est difficile de se faire un avis sur le pays quand on y entre par une grande ville. Quoique Vientiane est plutôt calme, 210 000 habitants et un centre avec quelques monuments à découvrir. 

Vientiane, nous y passerons quelques jours afin de nous rendre à l’ambassade de Chine pour l’obtention de nos visas. Nous avons donc pris quelques heures pour préparer nos faux papiers, comme lettres d’employeurs, réservations d’hôtels, itinéraire… Nous aurons aussi monnayé un faux billet de bus dans une agence des plus touristiques ! C’est la boule au ventre et à 7 heures du mat’ qu’on arrive devant l’ambassade, ouverture prévue à 9 heures, on devrait être les premiers ! Mais nos indics étaient passés à Bangkok et non à Vientiane, bien moins courue pour les demandes de visas ! Donc ouverture à 9 heures, en moins de 2 minutes, nos faux papiers deviennent officiels, 5 jours à attendre pour obtenir nos précieux sésames.

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Les fameux visas!

En attendant nous nous sommes installés dans un hôtel Chinois, dans un quartier Chinois, histoire de se mettre dans le bain ! Cette semaine nous a permis de rencontrer d’autres voyageurs à vélo, avec qui nous avons partagé plusieurs repas, très sympa ! D’ailleurs, Bastien a savouré sa première Leffe depuis 2 ans, merci Patrice, une vraie bière c’est hors budget pour nous !

Un peu d’histoire

Il est temps de remonter en selle, il nous reste 3 semaines sur notre visa pour explorer le Laos. Ce pays a une triste histoire, dû aux bombardements lors de la guerre du Vietnam, ce qui explique sûrement pourquoi nous voyons très peu de personnes qui ont passé la quarantaine. Le Laos a été le pays le plus bombardé au monde. 20 000 personnes ont été tuées depuis la fin de la guerre, surtout des agriculteurs et des enfants. Aujourd’hui encore, 1 personne meurt chaque jour dans le pays, à cause de mine ou de bombe (1 sur 4 n’aurait pas encore explosé).

On nous avait vanté le calme et le goudron de la route 13, la principale du pays. Nous avons donc opté pour de petites pistes en gravel, à travers les montagnes, durant 300km. Beaucoup de dénivelé, piste en mauvais état, à tel point que l’on a dû attendre près de 2 heures pour qu’ils déblaient un semblant de passage vertigineux accroché sur un versant de montagne. Les pelleteuses travaillent à 100 mètres au-dessus de nous, les rochers dévalent la pente, nous courons maladroitement en poussant Théolou tant bien que mal dans les cailloux, tandis que les Lao, pas plus rassurés que nous, courent à toute allure, scooter d’un côté et enfants de l’autre… Du jamais vu même dans les Andes Péruviennes (Le Pérou c’est par ici!)

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Encore de la piste…

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Toujours dans la poussière

Les petits villages que nous croisons sur notre route nous surprennent par leur pauvreté. Des cabanes brinquebalantes, accrochées au bord de la route, sans fenêtre, recouvertes d’une poussière polluée s’étendent à flanc de montagne. Un nombre incroyable d’enfants nous font des « Sabaidee » (Bonjour) de la main, tandis que leurs pères sortent pêcher ou chasser, mais malheureusement, uniquement des rats et souris la plupart du temps…

Du chien et du Khao Niao!

La route nous apporte toujours son lot de surprises authentiques et inattendues, bien mieux que de payer l’entrée d’un site touristique ou tout le monde parle Anglais…  Nous avons avalé du Khao Niao (riz gluant) avec des ouvriers, le but est d’en faire une boule la plus compacte possible, avec les mains, dans une gamelle pour 10, autant vous dire que ce n’est pas du riz blanc ! Les militaires nous auront offert des cigarettes, ou encore un routier nous aura invités à partager une patte de chien et un reste de riz sous le camion, on va pas non plus rester en plein soleil !

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Des villages tous ressemblants

A la nuit tombée, nous faisons la queue comme tout le monde pour prendre la douche. Un virage, un bout de bambou, de l’eau qui coule, c’est parti pour la douche, un groupe d’ados, un groupe d’enfants, un groupe de femmes, après c’est à nous ! Et enfin nous cherchons une cabane, 3 bambous et quelques feuilles en guise de toit, plantée au-dessus des rizières, les seuls endroits plats pour poser la tente le temps d’une nuit.

Le Laos est paraît-il le pays le plus sauvage et le moins peuplé d’Asie du Sud-Est mais ce n’est quand même pas l’Alaska ! Nous y avons trouvé des montagnes mais toujours cette chaleur horrible et écrasante que Bastien a difficilement supporté ces 4 derniers mois. L’Asie du Sud-Est est sans doute un paradis, mais en tous cas pas le nôtre… Nous rêvons de retrouver de grands espaces, de grandes montagnes, les plateaux Tibétains nous tendent les bras…

Plus de photos du Laos ici

Et en avant-première la vidéo de la Birmanie, Cliquez vite!

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Les jolies montagnes n’ont jamais été aussi près…

 

La Birmanie à vélo: Une superbe découverte

MAE SOT (THAÏLANDE)-VIENTIANE (LAOS): Du 29/01/17 au 16/02/17

 

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Un groupe de Birmans, adorables

 

Attention: dentiste!

Mae Sot, petite ville située en Thaïlande à moins de 5km de la frontière du Myanmar, n’est pas vraiment un endroit de rêves, mais ça tombe bien, nous on voyage dans la réalité et pas dans un décor de carte postale. Une dent de Bastien à soigner depuis 1 an déjà (trop cher aux USA, les roulettes à pédale du Cambodge, pas trop tenté non plus!) décide pour nous de s’arrêter ici. L’ambiance y est particulière. Les réfugiés Birmans vivent ici entassés dans des cabanes où les ordures s’accumulent sur le sol. Ils se nourrissent de leurs très maigre pêche réalisée dans l’égout principal de la ville. Les Thaïlandais vivent eux une vie paisible à base de tong et de hamac pendant qu’un va et vient de bus dirige les touristes vers les routes bien balisées qui mènent tout droit à Rangoun, Bagan, Inle…

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Le plus grand Bouddha couché de Birmanie

Le dentiste ici est plutôt classe: tongs, serre-tête avec oreilles de Mickey, ça aide à détendre les patients sûrement!! La qualité des soins y est tout de même irréprochable, on se sent encore une fois privilégiés de pouvoir accéder à de tels soins pour un prix qui paraît pour nous, dérisoire (4 RDV, double traitement canalaire d’une prémolaire, 3 radio, anesthésie, pour l’équivalent de 160€).

On prépare la suite…

Cet arrêt au stand nous fait prendre conscience qu’il nous faut organiser la suite de notre parcours, si nous voulons éviter d’être forcé de prendre un avion. L’Asie est plus compliquée que les Amériques. Il nous faut des visas, pas toujours simple à obtenir, se rendre dans des grandes villes et avoir des dates, en gros, tout ce que l’on déteste! Après un long casse-tête (chinois!), nous oublions la Mongolie (on la garde quand même dans un coin de notre tête…) pour se laisser le temps de pédaler en Chine et en Asie Centrale sur la fameuse Pamir Highway. La première étape sur cette légendaire route de la soie (que nous suivrons, mais certainement pas au millimètre près) sera Vientiane, capitale du Laos et la demande de Visas Chinois.

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Bastien et son amour pour les cartes

Le Myanmar entre 2 RDV

Pour découvrir ce pays militarisé et avoir une vision au plus près du quotidien de ses habitants, nous nous y prendrons comme d’habitude. Nous laissons les lieux touristiques aux touristes, et fonçons nous perdre sur la première piste qui s’offre à nous. Le problème, c’est qu’ici il est interdit de se perdre! Nous aurons le droit à d’innombrables contrôles policiers. A 17h, nous annonçons à un policier que nous allons à l’hôtel dans une grande ville situé à environ 100km de là, il a l’air d’y croire. Il prend tout de même sa mob pour nous escorter, heureusement il nous laisse tranquille dès que l’on sortira de son district. La nuit est tombée, nous arriverons quand même à bivouaquer.

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Traversée rustique d’un fleuve!

Le lendemain, alors que nous avons établi notre campement dans une palisse entre ronces, bamboos, branches et pierres, nous serons quand même vus par un paysan. Jusque là, pas de panique, quand vers Minuit, 2 militaires nous prennent en étau en remontant et descendant au lit de la rivière qui borde notre bivouac, arme en avant. A minuit, pas besoin de tout ça pour traquer 2 Français qui ont passé la journée sur leur vélo par 50°C. Après une longue discussion incompréhensible et frontale dans la tête, ils nous laisseront dormir, sympa mais on a tout de suite moins envie de faire dodo…

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Bivouac habituel dans une plantation d’hévéas

 

Le Myanmar est tout de même une merveilleuse découverte, nous avons l’impression d’avoir voyagé dans le temps. Les vêtements sont traditionnels, la plupart des travaux se fait à la mais et les quelques camions ou motoculteurs proviennent de la Chine des Années 1970. Ici, on roule à droite et le volant est aussi à droit, attention aux angles morts!

Les Birmans nous épatent d’autant plus par leur gentillesse, leur sourire éternel et par l’attention toute particulière qu’ils nous portent. Nous serons invités à partager leur repas à même la route et avec les mains s’il vous plaît ça sent l’influence Indienne, là! Le reste du temps, on nous offre du Bétel, feuille roulée de chaux et noix, parfois du tabac en plus, et des vertus coupe-faim et légèrement grisant sur le cerveau…

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Do et sa préparation de Bétel

Ce peuple nous aura marqué à jamais, mais nous devons les quitter bien trop rapidement pour finir de réparer la dent de Bastien.

Direction le Laos et Vientiane

La suite, plus sportive que cyclo nous fait traverser la Thaïlande Ouest/Est en direction de Vientiane, capitale du Laos pour y déposer notre demande de Visa Chinois. Déjà 4 jours que nous patientons et ce matin, le cadeau que nous attendions est arrivé: Notre visa pour la Chine! Encore 1 mois à se faire le mollet dans les montagnes du Laos puis la province du Yunnan et enfin les hauts plateaux Tibétains par le Sichuan… Encore de beaux kilomètres nous attendent!

 

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Cabane typique en bamboo et feuilles

 

 

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Village au Myanmar, un petit goût d’Inde dans les tenues des femmes

 

Plus de photos de la Birmanie par ici

Et enfin, vous l’attendiez tous, la vidéo de nos coups de pédale au Cambodge et en Thaïlande!

La Thaïlande à vélo: Chaleur, dénivelé et générosité

CHONG CHOM-MAE SOT : Du 03/01/17 au 28/01/17

Enfin la Thaïlande !

Nous espérons tout de ce pays, nous l’attendons maintenant avec impatience, mais elle se laisse désirer. Les derniers kilomètres de piste Cambodgienne se transforment en un sentier qui grimpe à plus de 15%. Dernier coup d’œil sur cette immense plaine fade et poussiéreuse, écrasée sous un soleil de plomb.

L’étape du visa, ou plutôt exemption de visa pour 30 jours se fait tout en douceur, quoiqu’il faut encore trouver le bon guichet. A notre gauche forcément, en 200 mètres, toutes les voitures changent de côté tant bien que mal dans un cafouillage sonore. Nous, la conduite à gauche, ça nous rappelle le Japon (l’article ici), donc que du bon !

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Très contents d’être ici!

La frontière nous apporte encore une fois son lot de surprises : les routes sont belles, les Thaïlandais adorables et très souriants, les bas-côtés sont bien plus propres, et le pays paraît vraiment développé. Nous ne pensions vraiment pas que tous les pays d’Asie du Sud-Est seraient si différents.

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Attention: traversée d’éléphants et d’enfants!

Nos plans pour la Thaïlande sont de traverser le pays Est-Ouest depuis ici, Chong Chom à la région montagneuse de Kanchanaburi puis plein Nord pour rejoindre Mae Sot et la frontière Birmane. Les premiers kilomètres sont accueillants et chaleureux, pas par le nombre de voitures qui circulent, car là on a plutôt l’impression de se retrouver un weekend de 15 Août sur une Nationale, mais plutôt par l’accueil qu’on avait oublié. Tout le monde nous salue, sourie, lève le bras, nous dit un mot… Les policiers locaux que l’on retrouve environ tous les 5 km, pour faire des contrôles routiers, bavardent, bavardent beaucoup à tel point qu’il faut écourter les discussions si l’on veut espérer avancer un peu ! Les midis, c’est avec générosité qu’on nous accueille dans les restaurants le long des routes. Quand le plat est trop épicé, on nous offre des fruits, quand il ne l’est pas assez, c’est du piment qu’on nous offre !

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Un des policiers, adorable

Le culte Royal

Ici, on voue un véritable culte au roi Bhumibol, mort en Octobre, après 70 ans de règne. La plupart des Thaïlandais n’ont connu que lui, et ils lui rendent hommage en dressant des portraits devant chaque maison, bâtiment, à tous les coins de rue. Sa dépouille est visible à Bangkok pendant 1 an, durée du deuil national, et des milliers de citoyens se déplacent pour lui rendre un dernier hommage. Bref, nous regardons donc les différents clichés du Roi dans toute sa splendeur à longueur de journée.

Cependant, la monotonie des routes nous use. Nous enchaînons près de 1200 km en moins de 15 jours, rien de très passionnant à voir sur ces routes saturées de véhicules et de chaleur. Nous ne parlons plus, notre esprit vagabonde seul dans ses pensées. La découverte, l’effort, l’inconnu, sont autant de mots qui nous font avancer depuis 2 ans. Ces moments sont quand même bénéfiques pour nous, car c’est bel et bien une vie de nomade que nous menons, et non des vacances prolongées au soleil…

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Alexine, heureuse de ce cadeau offert sur la route

Va p’têtre falloir accélérer le pas, dans un mois il paraît que c’est l’été ! Ah bon, et les 40°C quotidien, c’est quoi alors ?! De toute façon, la région de Kanchanaburi est bien trop touristique. Impossible d’accéder à la moindre rivière pour espérer se laver, les hôtels ont envahi les berges et les marchés ne sont que touristiques, on peut même y acheter toute sorte d’insectes grillés, ce qui a l’air d’ailleurs bien plus convoité par les occidentaux que par les locaux.

Nous fonçons donc tête baissée, mais quand même le sourire et la main prête à se lever au premier Hello, à une moyenne de 100km par jour pour rejoindre Mae Sot.

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Temple Chinois de Mae Sot

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Marché nocturne de Mae Sot

Nous y improviserons une pause de quelques jours, pour y réparer une dent qu’on a failli ne pas ramener en France et organiser notre itinéraire vers l’Ouest et nos prochains visas…

Plus de photos de la Thaïlande par ici

Interview: Le quotidien de Baptiste à travers son combat

Tand’un Rêve a interviewé Baptiste, il a accepté de nous raconter son quotidien en toute franchise. Soutenez-le, soutenez Trans-Forme, parlez du don d’organe.

Tand’un Rêve: Bonjour Baptiste, commençons par une rapide présentation de toi.

Baptiste: J’ai 32 ans, je vis avec Jeanne depuis plus de 10 ans et j’ai une fille Louise de 3 ans 1/2. Je suis responsable APV dans une concession automobile. Je pratique le VTT pour mon plaisir de façon régulière.

TDR: Racontes-nous ton parcours médical.

Baptiste: Je suis né avec une malformation au niveau des reins.  J’ai dut subir une première opération à l’âge d’ 1 an pour me faire retirer un de mes reins qui ne fonctionnait pas, j’ai ensuite été suivi régulièrement mais la qualité de mon rein s’est progressivement dégradé et à l’âge de 26 ans, une greffe à du être envisagée. Cette transplantation à été possible grâce à ma maman qui m’a offert un de ses reins.

TDR: Déja greffé en 2010, pourquoi aujourd’hui es-tu dialysé et en attente de greffe?

Baptiste: Malheureusement les 5 années de greffe ont été pleine de rebondissements, j’ai notamment eu un virus puis un épisode de rejet qui ont endommagé le greffon et il a rapidement perdu de son efficacité. C’est pourquoi en 2015 j’ai du commencer les dialyses.

TDR: Quel type de dialyse pratiques-tu? Depuis quand? Et pourquoi ce choix?

Baptiste: La dialyse remplace artificiellement le rein et permet de « nettoyer  » le sang et d’éliminer le liquide bu tout au long de la journée  car en phase d’insuffisance rénale terminale j’urine très peu. J’utilise la dialyse péritonéale, c’est une méthode qui permet d’effectuer le traitement durant 8h chaque nuit. Cette solution permet d’être disponible en journée pour les activités quotidiennes, travail, activités, une vie normale quoi…

TDR: Pas trop compliqué de le pratiquer seul directement a la maison?

Baptiste: Il faut une formation dispensée à l’hôpital durant quelques semaines pour apprendre l’utilisation du matériel et surtout l’asepsie. Ensuite une fois à la maison le service de néphrologie est toujours joignable et disponible pour nous.

TDR: Suis-tu un régime alimentaire particulier, une hygiène de vie stricte?

Baptiste: Oui, le plus difficile étant la restriction hydrique car du fait que j élimine très peu dans les urines, je n’ai le droit de boire que 1 litre de liquide par jour. Cela inclus absolument tout du café à la soupe. Avant je buvais jusqu’à 4 litres par jour! Il faut aussi surveiller de très près les apports en potassium,  phosphore, protéine. Je suis régulièrement aidé par une nutritionniste. Et évidement zéro alcool.

TDR: Donc,  aujourd’hui, la seule contrainte est de se dialyser ou y a t’il d’autres problèmes qui en découlent?

Baptiste: Il y a aussi des œdèmes au niveau des jambes à  surveiller et surtout une grosse fatigue généralisée.

TDR: Après une greffe, quelles sont les contraintes? Suivi, traitement…?

Baptiste: Après une greffe les contraintes diminuent nettement, fini les dialyses, possibilité de remanger absolument de tout et boire beaucoup d’eau. La seule contrainte est le traitement antirejet qui est à prendre à heure fixe et aussi le suivi très régulier à l’hôpital avec des visites qui s’espacent au fil du temps.

TDR: Mais malgré tout ça, tu travailles tous les jours?

Baptiste: Et oui, tout les jours comme la plupart des gens! C’est important d’avoir une activité et de garder une vie sociale autre que la maladie. Je m’absente uniquement pour quelques RDV médicaux.

TDR: Niveau physique, comment gères-tu la vie quotidienne? Travail, famille…

Baptiste: J’ai une fille de 3 ans 1/2 alors il faut plutôt être en forme! Je puise mon énergie dans celle de ma fille. Son dynamisme m’aide à trouver les ressources en moi pour me donner  à fond à la maison et au travail. Et je dors aussi plus de 9h par nuit….

TDR: Comment se passe la vie de famille?

Baptiste: Notre vie de famille est plutôt classique. Nous avons réussi à intégrer ma maladie dans notre façon de fonctionner. Ma femme et ma fille sont très attentives à mon état de santé, ce sont mes premiers soutiens. Nous avons décidé de ne rien cacher à Louise et de lui expliquer avec des mots simples.

TDR: Peux-tu partir en weekend, en vacances?

Baptiste: Pour partir c’est un peu compliqué. Il y a beaucoup de matériel à emmener qui est très lourd et volumineux. Il faut toujours prévoir à l’avance où l’on part et qu’elles sont les conditions d’hygiène. Très difficile de voyager à l’étranger et camping impossible.

TDR: Te sens-tu vraiment à l’écart des autres?

Baptiste: Non je ne pense pas, je ne suis pas isolé, je travaille, j’ai une vie de famille, des amis. J’essaye au maximum de ne pas laisser la maladie prendre le pas sur ma vie privée.

TDR: Pratiques-tu une activité sportive? A quel rythme, fréquence?

Baptiste: Je fais des sorties VTT le weekend. J’ai vraiment le sentiment d’être comme tout le monde lorsque je pédale, il n’y a pas de différence avec les autres. J’aimerais bien pouvoir partir sur plusieurs jours.

TDR: Qu’est ce qu’on te souhaite pour 2017?

Baptiste: Un nouveau greffon bien sûr car 18 mois d’attente incertaine c’est très long. Et ensuite pouvoir aller pédaler avec vous!

 

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Baptiste et sa fille Louise, prêts à partir en vadrouille!

 

Le Cambodge à vélo: Ce n’est pas de tout repos!

O’YADAV-OSMACH : Du 09/12/16 au 02/01/17

3 Janvier 2017, enfin une nationale, des voitures, des camions, ça roule vite et pas de bande sur le côté, les voitures nous frôlent, mais que ce pays est génial, notre moral remonte en flèche! Les gens sourient sans cesse, klaxonnent pour nous dire bonjour, lèvent le pouce… C’est la Thaïlande ! Pendant les premiers kilomètres, nous n’en revenons pas, on se demande si tout ça est bien pour nous. Mais, à 10 kilomètres d’ici, de l’autre côté de la frontière, c’est une toute autre histoire…

Nos premiers tours de roue dans la « jungle » Cambodgienne

Bienvenue au Cambodge, ou l’obtention du visa aura été la chose la plus facile de ce pays, un tampon sur le passeport et c’est parti pour 1 mois.

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Marché typique

Dès les premiers kilomètres, nous sentons la différence, au Vietnam, tout le monde roulait avec les mêmes scooters, ici, les amoureux de la vieille mécanique se font plaisir, tout est construit à base de moteur de motoculteur, on les retrouve aussi bien sur les voitures, les camions, les pompes d’irrigation, les bétonnières… Mais nous sommes surtout choqués par la saleté. Les Cambodgiens vivent dans leurs déchets, ils jettent toutes les canettes, autres plastiques, déchets végétaux, tout ce qui traîne en fait, devant leur maison… C’est vraiment sale mais surtout, ce qui n’arrange rien, c’est sûrement l’humidité et les 50°C ambiants, tout pourri en moins d’une journée. Enfin, ici l’éducation est très pauvre, l’école est soi-disant obligatoire de 6 à 14 ans, mais en réalité c’est très compliqué. Les écoles sont de vraies fourmilières, il y a autant d’enfants dedans, dehors, dessous, dessus, l’éducation y est pour nous impossible, d’ailleurs ils n’y apprennent qu’à compter et lire, un peu… Un système parallèle d’écoles privées s’est développé, mais malheureusement inabordable pour la plupart des Cambodgiens.

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Sortie de l’école vers 11h10 le matin

Pour la première nuit, nous tenterons notre chance dans un temple, tout le monde se marre, se moque de nous, mais en moins de 2 minutes ils nous acceptent, à première vue ça a l’air plus simple qu’au Vietnam. Plus simple, oui, mais pas reposant. Un haut-parleur crache une horrible musique grésillante jusqu’à 1 heure du mat’ pour reprendre à 4 heures… Entre temps, une dizaine de personnes s’installeront à 5 mètres de notre moustiquaire, un homme s’allongera quasiment à nos côtés ! Tout cela ne nous aurait pas tant fatigué, si Bastien n’avait pas dû se lever toutes les 2 minutes pour aller aux toilettes… Ceci sera le début de 10 longues journées ou la chaleur nous exténuera autant que la turista qui nous poursuit tous les 2.

Nous continuerons sous une chaleur étouffante, pas vraiment en grande forme.

L’accueil à la Cambodgienne…

Nous commençons à découvrir le Cambodge. « Les Hellooooo » nous sont hurlés dessus par tout le monde, homme, femme, enfant, chacun y va de bon cœur. Ça paraît amical les 5 premières minutes de chaque journée, après on sature. Quand on y répond, ils se moquent de nous très ouvertement, et quand on n’y répond pas, ils nous hurlent dessus 15 fois de suite… La partie la plus horrible sera sûrement les 200 km le long du Mékong. Imaginez-vous : une ligne droite, des maisons de chaque côté de la route, à touche-touche, entre 5 à 10 personnes qui attendent que le temps passe devant leur maison, ce qui fait environ 20 Hello par maison, sachant qu’on en voit 50 à la minute, on vous laisse calculer en fin de journée. Bastien explique à tous ceux qui s’approchent à moins de 2 mètres de nous qu’ils commencent sérieusement à nous gonfler, et en Français s’il vous plait ! On pédale tête baissée, on ne regarde plus personne, on n’apprécie plus rien, on ose même plus demander de l’eau, on préfère filtrer dans les mares qui de toute façon sont aussi sales que l’eau de leurs puits.

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Boucher local… 50°C, pas de frigo, on espère que tout sera vendu ce soir!

En fait, ils ne connaissent toujours pas la traduction du « Hello », ici personne ne se dit Bonjour, merci ni se sourit.  Ça veut plutôt dire « touriiiste », et nous avons vraiment l’impression d’être au milieu d’un zoo géant, le problème c’est que nous ne sommes pas du bon côté du grillage. A méditer pour toutes les fois où nous sommes tous, à regarder à travers le grillage…

Et ça continue, à chaque fois qu’on ouvre la bouche, en Français, en Cambodgien, ou en Anglais, tout le monde se fout de notre g……

Quand vient le moment de payer, c’est toujours la même histoire, le prix n’est jamais le même, l’arnaque coule de source, il faut discuter, s’énerver, crier pendant une demi-heure pour payer un prix qui nous semble correct.

Des pistes, de la poussière, enfin de quoi se régaler…

Heureusement que le Cambodge est truffé de pistes d’argile rouge, moins peuplées. Manger de la poussière, c’est le seul intérêt que nous avons trouvé dans ce pays. La plupart viennent ici uniquement pour les temples d’Angkor, on imagine que Siem Reap et les temples ne ressemblent en rien à ce que l’on a pu voir du Cambodge, et peut-être même que là-bas on y fête Noël.

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2 kilos de plus dans chaque pied!

A travers un nuage de poussière, nous aurons quand même aperçu les ruines de l’un des nombreux temples pré-angkorien qui jonchent la région. Ce qui nous aura donné l’envie de découvrir le superbe temple Beoung Mealea, ruines recouvertes pas la végétation.

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Beoung Mealea, comme un air d’Indiana Jones…

Après l’avoir rallié par un chemin que nous avions repéré sur une carte, mais impossible à retrouver sur d’autres. Sur le terrain, ça ressemblait bien à un début de chemin, qui s’est vite recouvert par la végétation, puis en marécage sans réel sentier. 60 km qui nous ont pris 3 jours, la seule eau à boire que nous avons trouvé était croupie dans des mares de boue. C’est d’ailleurs un de ces soirs, alors que Bastien est allongé dans la poussière par 50°C en train de vomir, comme tous les après-midi depuis 1 semaine, qu’il entend Alexine qui patauge dans la vase en essayant de se laver un minimum. Ce n’est pas ce soir qu’elle aura réussi à se décrasser, cette mare est infectée de sangsues, pas de douche et seulement 2 litres d’eau chaude chargée en terre pour le repas. Celle-ci on va sûrement la faire bouillir !

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Ruines recouvertes par la végétation

Une expérience est toujours bonne à vivre

En résumé, les Cambodgiens nous aurons mené la vie dure, quoique qu’ils auront été plus agréables sur la partie Ouest. On imagine que le fait d’être malades, la chaleur, le manque d’eau, ne  nous aura pas aidé à apprécier ce pays. C’était une expérience, inoubliable comme toutes les autres, que l’on n’oubliera pas, et qui nous donne encore plus d’énergie pour continuer à voyager.

Depuis le début de l’Asie, nous arrivons toujours à communiquer malgré des langues et des alphabets différents, que cela soit un sourire, un regard, un dessin, une poignée de main, il y  a toujours une émotion, un sentiment qui se créée. Ici c’est très compliqué, pas de regard, pas de sourire, autant vous dire que le dessin on a oublié depuis longtemps ! Notre seule rencontre ici sera une équipe de flics complètement bourrés, c’est bien connu, avec un peu d’alcool on est tous potes…

En tous cas, nous sommes contents de découvrir les différences entre tous les pays d’Asie du Sud-Est, qu’on mettait un peu dans un même panier. Aujourd’hui, nous sommes en Thaïlande, et les Thaïlandais ont retrouvé notre sourire bien planqué au fond des sacoches, entre polaire, bonnet et doudoune !

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Bâtiment municipal au bord d’un marais

Plus de photos du Cambodge par ici

En bonus, on vous partage notre cadeau de Noël…

Ah oui, on allait presque oublier! Nous vous souhaitons à TOUS une excellente année, et quelque soient vos projets, foncez, on ne regrette que ce que l’on a pas osé faire…

Le Vietnam à vélo: Le pays où planter sa tente relève d’un vrai défi!

HO CHI MINH-LE TANH (VIETNAM): 24/11/16 au 08/12/16

Attention les oreilles!

1 semaine entière malades à notre arrivée au Cambodge, c’est pas cool, mais ça laisse le temps de vous écrire notre dernier article sur le Vietnam. Alors installez-vous confortablement et ouvrez grand vos yeux, ou plutôt vos oreilles!

Et oui, la première chose qui nous a frappé (et fatigué!) lors de nos 1 000km dans la partie Sud du Vietnam, c’est le bruit et surtout les klaxons! Ici, pour doubler ou juste avancer, les camions et rares voitures s’endorment sur leurs klaxons, sans pour autant freiner, sur les grandes routes comme dans les villages. Autant vous dire que tous les scooters se poussent docilement sur le côté, en klaxonnant quand même, sinon ce serait pas drôle! Bref, très dangereux et notre capacité auditive a perdu quelque peu de ses facultés!

Ho Chi Minh. L’immense ville nous assomme dès l’arrivée et le remontage du vélo à l’aéroport, de part sa chaleur et sa population très dense. Nous nous faufilons dans le balai des milliers de scooters qui peuplent la ville, on se croirait à chaque feu rouge sur la ligne de départ des 24 heures du Mans. Nous regardons avec de grand yeux des familles à 4 ou 5 sur un scooter, d’autres transportant des poules ou encore des centaines de poissons rouges dans des sachets en plastique… Eux nous regardent avec des yeux encore plus grand ouverts, bon question de culture sûrement! En tous cas, on est bien loin de l’ambiance calme et tranquille du Japon!

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On pouvait pas en faire rentrer plus dans le traversier!

Pour s’imprégner de la culture, on dormira chez une hôte Warmshowers (hôte pour cyclistes), on repartira avec du stollen et de la choucroute, c’est pas ici qu’on aura découvert le Vietnam! Après cette première nuit avec clim et vin rouge, les autres nuits ne seront pas de tout repos…

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Maisons sur l’eau

La galère des nuits…

Les journées sur le vélo sont vraiment fatigantes ici, entre la chaleur et le bruit incessant. On attend donc le soir avec impatience, mais les nuits ne sont pas plus reposantes…

Le pays est tellement peuplé qu’il relève du défi de bivouaquer, on en viendrait presque à regretter l’Alaska et sa nature omniprésente. Sur les 800 premiers kilomètres pédalés au Vietnam, pas 1 seul kilomètre ne nous a offert du calme et il y a toujours un Vietnamien qui se cache quelque part… Pour les nuits, on a donc choisi de demander l’hospitalité dans les lieux « publics ».

Mais ça n’a pas été des plus simples, le Vietnam est un pays communiste, donc qui refuse l’accueil des étrangers. Mais tous les touristes ne vont pas à l’hôtel. On vous raconte quelques anecdotes:

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Back to school

Première nuit: On tente notre chance dans un temple bouddhiste, pas de bol, que des femmes, Bastien se fera refouler. Rebelote dans un autre temple, on attend 45 bonnes minutes avant qu’un moine arrive, 45 autres avant de passer le portail et dans l’heure d’après (avec la douche entre temps) nous comprendrons que nous ne sommes pas les bienvenus, la police refuse catégoriquement notre hébergement et nous somme d’aller à l’hôtel. Pas question! On squattera finalement le chapiteau d’un mariage qui aura lieu le lendemain.

Deuxième nuit: Nous sommes gentiment accueillis dans une école, on dort depuis une bonne heure, quand on est réveillés par une présence humaine. Un gars vient de garer son scooter à 10 centimètres de la moustiquaire et nous observe, sûrement depuis un bon moment!

Troisième nuit: Toujours dans une école, cette fois dans une salle de classe qu’un prof nous a mis à disposition, on peut enfin dormir. 2 gars débarquent « Oh, mais qu’elle est bizarre cette tente, vas-y que j’allume la lumière pour mieux voir, mais ils sont super ces arceaux, c’est de l’alu?! » Imaginez-nous sous la tente…

Quatrième nuit: Ce soir, on va à l’église. Un prêtre nous accueille en Anglais, le top! 2 bonnes heures plus tard, toujours cette hantise de la police qui revient, on doit partir. Entre temps, les enfants qui sortent du catéchisme nous chantent une chanson magnifique, et un ado, Thang, passionné de France et parlant d’un Anglais remarquable nous invite chez lui. Nous goûterons à la culture et surtout à la cuisine Vietnamienne avec sa famille passerons une soirée mémorable…

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Thang et sa famille

Cinquième nuit: Le paradoxe ce soir-là c’est qu’on trouvera refuge dans un bâtiment du parti communiste! Ok, le gars qui nous a accueilli était totalement bourré, mais au final c’est sûrement la soirée où on a mis le moins de temps à se faire comprendre, et en plus avec le sourire jusqu’aux oreilles!

On ne va pas vous les raconter toutes, mais pourtant elles ont toutes leur lot d’anecdotes! Au final, malgré tout, on a réussi à dormir chaque nuit de cette façon, mais on y a laissé quelques forces. Journées épuisantes et quand vient l’heure de se poser le soir, ça prend toujours un long moment, et on ne sait jamais comment ça va se passer, au moins, ça permet de vraiment rencontrer les locaux!

La course à la frontière!

Après 12 jours passés au Vietnam, nous prenons la direction du Cambodge. Pas de problème, il nous reste 150km, on compte environ 8h/10h de vélo, soit 2 jours, impeccable pour sortir du pays avant la fin de notre visa (15 jours au total). Ce que nous n’avions pas prévu, c’est la qualité de la route… Celle-ci se transforme en piste poussiéreuse, ça va toujours, mais quand la piste se transforme en chemin avec des pierres qui ressemblent à des briques, là ça devient compliqué! On avance environ à 4km/h, 2 crevaisons au compteur… Et pour une fois ici, c’est le calme plat, génial, le seul problème c’est qu’on a pas d’eau ni de nourriture…

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C’est dur…

C’est le dernier après-midi de notre visa qu’on arrivera enfin au Cambodge, épuisés.

La suite, vous la connaissez, 1 semaine au lit, le Cambodge ne nous réussit pas vraiment, mais on garde la suite pour plus tard, maintenant faut qu’on pédale pour rester en forme!

En bonus, pour les non-abonnés et les autres, allez vite regarder notre dernière vidéo sur le Vietnam sur YouTube!

Pour ceux qui préfèrent les photos, elles  vous attendent ici!

P.S: Si vous vous posez la question « Mais combien coûte l’aventure Tand’un Rêve? », c’est ici qu’on y répond en toute franchise!

[TRANS-FORME] Notre engagement pour Trans-Forme

Pourquoi s’engager avec une association?

Le 18 Avril 2015, nous sommes partis pour l’aventure à vélo Tand’un Rêve, nous n’avons cherché aucun prétexte, sponsoring, partenariat. Pas besoin d’une excuse auprès d’une association humanitaire ou autre, pour réaliser son rêve. Simplement vivre enfin notre liberté, ne se soucier de rien pour profiter de tout.

Aujourd’hui, déjà quasiment 2 ans que nous sommes partis avec notre tandem, nous passons nos journées sur la route, dans la poussière, le bruit des voitures, le chant des oiseaux, mais aussi et surtout au contact de l’être humain. C’est sans doute le plus inattendu de notre voyage, la découverte du comportement et de l’humain en général. Nous sommes chaque jour au cœur de tant d’intérêt, de générosité, d’énergie positive, qu’il était temps de transmettre tous ces sourires accumulés le long de la route.

Avant le départ, nous étions plutôt rêveurs, avec de belles idées mais pas trop engagés!! Le voyage nous ouvre les yeux de jour en jour, c’est pourquoi nous avons décidé de lever le pied pour transmettre notre énergie, non plus à notre roue arrière, mais plutôt d’offrir nos coups de pédales à l’association TRANS-FORME, ayant pour but de réhabiliter les transplantés et dialysés par l’activité physique et sportive, et ainsi sensibiliser le public à la réussite et la recherche médico-sportive en matière de greffes, de dialyses et de sport.

Pourquoi TRANS-FORME?

Nous sommes particulièrement touchés par la cause que défend TRANS-FORME , association dont Baptiste, le frère de Bastien, nous a tant parlé.

En effet, Baptiste est né avec une malformation au niveau des reins. Il a subi une première opération à l’âge d’1 an pour se faire retirer l’un de ses reins qui ne fonctionnait pas. Il a ensuite été suivi régulièrement mais la qualité de son rein s’est progressivement dégradée et à l’âge de 26 ans, une greffe a du être envisagée. Cette transplantation a été possible grâce à la maman des garçons , qui lui a offert un de ses reins. Malheureusement aujourd’hui à 32 ans, il est dialysé chaque nuit à la maison pendant 8 heures d’affilée depuis déjà 18 long mois . Il est actuellement dans l’attente d’une seconde greffe.

Nous croyons fort à l’image que véhicule TRANS-FORME et à la réhabilitation par le sport de transplantés et dialysés.

Baptiste ne pourrait être plus clair sur le sujet:

« J’apprécie le goût de l’effort lorsque je vais pédaler par exemple, que j’ai chaud ou froid, c’est difficile mais ça me fait du bien parce que je me sens vivant! Ca me permet de diluer mes colères intérieures dans l’effort. »

« Depuis 1 an et demi maintenant, j’ai vraiment l’impression que ma vie est un combat de tous les jours. Le moral est parfois au plus bas, la fatigue s’installe un peu plus chaque jour. C’est souvent difficile mentalement de vivre tout ça depuis si longtemps, comme une certaine injustice… C’est pourquoi ça fait vraiment du bien d’être soutenu, même s’il s’agit de MON combat pour MA vie. »

Et nous sommes fiers de partager son combat !

Notre but n’est pas de vous demander de l’argent , mais plutôt d’informer sur le don d’organes, rappeler que cela existe, faire prendre conscience que cela peut sauver des vies ou en améliorer d’autres.

D’ailleurs sachez que si l’on a pas exprimé son refus, nous sommes tous des donneurs potentiels. Le message est simple, PARLEZ-EN AUTOUR DE VOUS!

VIDEO: 25 000 km pour 25 000 personnes en attente de greffe, Tand’un Rêve soutient Trans-Forme

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Baptiste (à droite) avec André Lassooij lors d’une étape de 90km à vélo pour le projet « Life for Kids »

Si vous souhaitez faire un don à l’association TRANS-FORME c’est ICI.

Pour soutenir ou communiquer directement avec Baptiste: chenereaubaptiste@yahoo.fr