La Turquie à vélo: Ce qu’on ne nous avait pas dit…

TBILISSI (GEORGIE)- GELIBOLU (TURQUIE): Du 06/08/17 au 03/09/17

Dans ce pays à cheval entre Europe et Asie, route de migrants ces dernières années, et au gouvernement chaotique, nous aurons encore une fois essuyé de nombreux conseils, recommandations d’âmes bienveillantes voulant nous prévenir des dangers à voyager en Turquie. Il est vrai que dès notre entrée dans ce vaste territoire, les Turcs essaieront de nous empoisonner à maintes reprises… avec un thé chauffé à près de 90°C alors que le température de l’air avoisine toujours les 40°C. Si tu refuses, c’est là où les embrouilles commencent! Ce sera un mois durant Chaï brulant à tout moment!

Sans blague, nous y avons découvert une population d’une gentillesse rare, digne de nos amis Japonais. En revanche, les médias se gardent bien de nous informer sur l’oppression qu’applique le gouvernement sur son peuple. Un Warmshowers (hôte pour cycliste) sort d’ailleurs tout juste de 8 mois de prison ferme pour la simple faute d’avoir une opinion différente des pouvoirs politiques actuels.

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Ces trompe-l’œil nous ont bien eu, mais seulement la première fois!

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On en a vu plein des panneaux bizarres, mais quand-même!

Ardahan, ville tant attendue mais où rien ne nous attend…

Notre premier objectif est Ardahan, situé à un peu plus de 500km de la frontière Géorgienne. La route est vallonnée, nous oscillons entre 1000 et 2000 mètres dans de grandes plaines sans le moindre arbre. Heureusement, la culture est plus fournie que la végétation. Nous nous ferons inviter par Aikul, venu rendre visite à sa famille depuis l’autre extrême du pays, comme il le fait deux fois par an. A la tombée de la nuit, alors que les femmes préparent le Chaï, nous apprendrons que ce village a été emporté par une coulée de boue il y a près de 10 ans, ce qui explique leur habitat que l’on pourrait qualifier de « cabane de jardin ».

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Aikul et son oncle

Nous approchons enfin la tant attendue ville d’Ardahan, mais rien ne nous y attend. En effet, nous espérions fourche et roue arrière neuve pour Théolou, envoyées depuis la France. Après un long micmac, nous apprenons que la fourche est bloquée en France et que la roue, elle, est bien en Turquie mais stoppée en douane. On accuse le coup, notre dos est mis à rude épreuve du fait de la position inadaptée, et le bruit des rayons qui craquent met notre mental à rude épreuve.

La solution est trouvée, on s’arrête une journée sous un arbre, on achète un pot de glace d’un kilo, un tube de super-glue et on ressort le couteau… suisse. Après une poignée d’heures et un peu de sueur, il n’y a plus de glace, les rayons sont raccourcis de quelques millimètres, les têtes sont collées, et la fourche a gagné un centimètre de hauteur, grâce au bout de bois qui remplace le ressort et donc la suspension. On en profite pour se pencher sur la carte, demain c’est en direction de la Cappadoce que l’on met les voiles.

Cappadoce, bivouac féérique 

Les distances sont longues. Nous optons pour une fois pour les routes les plus directes. Deux voies d’un côté, deux voies de l’autre, c’est parti pour 1200 km de double-voie. Nous ne croisons plus de cyclos, c’est au rythme du Muezzin et avec les routiers que nous faisons la course. Plus de village et les kilomètres supplémentaires qu’il faut faire pour se ravitailler nous paraissent trop long. Nous faisons les fonds de sacoche à plusieurs reprises.

L’arrivée en région d’Anatolie est finalement rapide, les paysages changent, des plateaux formés par des cendres et boues rejetés par les volcans avoisinant apparaissent. Gorges, cheminées de fées, pitons et cônes s’emparent de notre champ de vision. Cette région a subi de multiples bouleversements au cours des siècles, entre culture musulmane, perse et chrétienne, du à sa situation géographique à la croisée de l’Europe et de l’Asie.

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Barbier de Cappadoce « primé » dans le Guide du Routard 2010

On y trouve d’ailleurs une multitude de vestiges chrétiens dont un nombre incalculable d’églises datant du VIII siècle. Nous visitons quelques sites indiqués ainsi que Goreme, village central de la Cappadoce, un peu trop touristique à notre gout. Nous optons pour une nuit au beau milieu des pics érodés de tuf volcanique qui sont bizarrement désertés des touristes, qui s’affairent déjà dans les restaurants et autres bars. On profite du coucher de soleil pour crapahuter et arpenter les habitats troglodytes et quelques vestiges de culture en terrasse qui se cachent dans ces roches. La découverte y est fascinante.

Nous nous couchons à la belle étoile dans ce paysage féérique mais ne dormons que d’un œil pour ne pas rater le spectacle que nous avons tous en tête… Pour une fois c’est Alexine qui est réveillée la première, mais rien à l’horizon… Sans doute parce que la nuit est encore bien noire.

Nous attendons près de quarante minutes à regarder dans toutes les directions avant de voir les premières fleurs éclorent. Tels d’immenses champignons gonflés à l’hélium, nous sommes transportés dans Tintin et l’Etoile Mystérieuse. Des montgolfières sortent de toute part, de derrière les rochers, et montent paisiblement à la vitesse du soleil qui vient les éclairer. En moins de quinze minutes, c’est plus de 100 ballons qui nous offrent une danse gracieuse et hétéroclite, rythmée par le bruit des bruleurs. On ne sait pas où donner de la tête. Les rayons du soleil nous brûlent déjà la peau, tandis que les dernières montgolfières se dégonflent, perdent de leur consistance pour retomber au sol, comme si ce spectacle n’avait jamais existé.

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Bivouac féerique…

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Magique…

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Superbe…

Encore un nouvel objectif

Nous nous regardons et comprenons qu’il est temps de reprendre la route, rester plus longtemps ici n’aurait plus de sens pour nous. Les jours suivant sont longs et fastidieux, encore 1800 km avant la Grèce et l’Europe. Mais notre but n’est pas là mais plus loin, sur les routes de Serbie, où nous pourrons enfin concrétiser notre engagement avec Trans-Forme…

En attendant nous reprenons de véritables petites routes pour sortir de la Turquie, bien plus propices au partage. Nous rencontrons d’ailleurs Kadir, journaliste pour une chaine d’infos cycle et moto avec qui nous passerons un bon moment et donnerons une interview en Anglais, assis confortablement dans le bateau qui nous fait traverser le fameux passage des Dardanelles et qui nous ouvre les portes sur l’Europe, continent que nous n’avons pas vu depuis plus de 2 ans et que nous avons hâte de redécouvrir.

Plus de photos de la Turquie ici

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Vue de la maison

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